Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Julius Nyerere le 14 novembre à 19 h 30, et déjà le choc thermique nous a frappés. Trente-deux degrés, humidité écrasante, l'air sentait l'essence et les gaz d'échappement. Notre taxi collectif, une Toyota Hiace blanche cabossée, nous a menés au centre-ville en quarante minutes sur la Samora Avenue. Le chauffeur, Rashid, conduisait comme un fou, doublant tous les minibus jaunes sans respecter les marquages. Nous avons réservé au Stone Town Hotel Annex, rue Bagamoyo, chambre 204 avec ventilateur qui grinçait. Trente dollars la nuit, petit déjeuner inclus : une tranche de pain rassis et un vrai café au lait. Les trois premiers jours à Dar ont été épuisants. Nous voulions visiter le National Museum mais il était fermé le mardi (personne ne nous l'avait dit). Nous avons déambulé dans le quartier de Kariakoo où les rues sont un dédale de petits commerces, de vendeurs de vêtements usagés et de femmes vendant des épices en vrac. L'odeur était incroyable, ce mélange de cannelle, de clous de girofle, de poisson séché et de sueur. Nous avons acheté des samosas à une femme près de la gare routière, 1 500 shillings les trois (60 centimes d'euro). Bien trop huileuses mais délicieuses. Le moment le plus marquant de notre séjour à Dar s'est produit le 17 novembre vers 18 h. Nous prenions un café au café Mocha, Samora Avenue (vraiment bon, expresso 3 000 shillings), quand soudain la musique de deux restaurants rivaux a démarré simultanément à plein volume. Musique brésilienne d'un côté, dangdut indonésien de l'autre. Les gens riaient en continuant leur conversation. Nous avons ri aussi. C'était absurde, chaotique, humain. Le ferry pour Zanzibar partait le 18 novembre à 7 h du port de Dar. Nous avions pris un ticket auprès de la compagnie Precision Air, 65 dollars chacun pour la traversée de cinquante-cinq minutes. Arrivés au port une heure avant, nous avons attendu dans un hall climatisé bondé de touristes et de Tanzaniens en tongs. Le trajet a été secoué, l'eau était grise-marron, pas comme sur les photos. Certains passages étaient franchement mal à l'aise. À Zanzibar, nous avons loué une maison d'hôte à Stone Town auprès d'une femme nommée Fatima, Shangani Street. Chambre avec balcon dominant le détroit, 45 dollars par nuit. Elle nous a proposé un tour guidé de Stone Town le lendemain avec son fils Hamza, 30 dollars par personne. C'était une arnaque classique : Hamza nous a montré des ateliers de souvenirs où il était clairement de mèche avec les vendeurs. Nous avons poliment refusé d'acheter et il s'est vexé. Dommage car les ruelles avec leurs portes sculptées carved doors au bois de rose étaient vraiment belles, même sans commentaires. Le 20 novembre, nous avons loué un 4x4 avec chauffeur, Abraham, pour visiter Nungwi au nord de l'île. Six heures de route à 80 kilomètres-heure sur une route avec des nids-de-poule énormes. Abraham s'arrêtait aux postes de contrôle où il payait de petits pots-de-vin (500 shillings chaque fois). À Nungwi, plage de sable blanc fin, eaux turquoises, c'était conforme aux attentes. Nous avons mangé des brochettes de poulpe au restaurant Zanzibar Watersports, face à la plage. Les brochettes coûtaient 12 000 shillings (5 euros), grillées à la perfection, accompagnées de citron vert. C'était le meilleur repas de notre séjour. Le point négatif : les prix étaient gonflés partout pour les touristes. Nous avons aussi croisé un groupe de touristes français très bruyants au bar du Uroa Palms qui parlaient trop fort en critiquant la Tanzanie. Cela nous a gênés. Nos derniers jours à Zanzibar ont été plus calmes. Nous avons visité le palais du Sultan, puis la Prison Island (Changuu) en bateau. Les tortues géantes de l'île sont impressionnantes, une tortue avait clairement plus de 150 ans. Le trajet en bateau a senti la diesel brûlé et le sel marin, mélange agréable finalement. Retour à Dar par le vol local Ethiopian Airlines, 95 dollars, avion ATR-72 vétuste mais ponctuel.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Kariakoo (Dar) : impasse bondée, odeurs d'épices, samosas à 1 500 shillings, y aller tôt le matin avant 11 h
Café Mocha (Samora Avenue, Dar) : meilleur expresso de la ville, 3 000 shillings, terrasse bruyante mais vivante
Nungwi Beach (nord Zanzibar) : accès par route chaotique (6 h depuis Stone Town), eau turquoise, restaurant Zanzibar Watersports avec poulpe grillé
Ferry Dar-Zanzibar (compagnie Precision Air) : 55 min, 65 dollars, départ 7 h du matin, réserver la veille
Stone Town ruelles : portes sculptées en bois de rose, se perdre volontairement sans guide entre les rues étroites, acheter du clou de girofle frais à des femmes locales
Photos — Dar es-Salaam / Zanzibar
Et au final.
La Tanzanie nous a offert des moments authentiques loin du tourisme de masse, mais aussi des galères logistiques et des prix exorbitants. Dar es-Salaam n'est pas une destination rêvée mais Zanzibar compense. Je referais ce voyage mais avec un guide indépendant préalablement vérifié.
