Comment ça s'est passé.
Arrivé à l'aéroport international Gbessia le 14 novembre à 18h45, j'ai dû négocier ferme avec les chauffeurs de taxi. Finalement, un dénommé Abdou m'a conduit jusqu'à l'hôtel Camayenne situé sur la corniche pour 45 000 francs guinéens (environ 5 euros). La chambre 304 donnait sur l'océan Atlantique, mais le climatiseur faisait un bruit de tracteur qui n'a cessé de m'empêcher de dormir les trois premières nuits. Le lendemain matin, levé à 6h30 pour explorer le marché Kindia, le plus grand de Conakry. L'odeur de poisson fumé et de mangue mûre m'a frappé dès l'entrée — presque écœurante tellement c'était dense. J'ai acheté des fruits chez une vendeuse appelée Fatoumata : 500 grammes de fruits de la passion pour 3 000 francs (0,35 euro). Elle riait en voyant mon accent français. Les allées sont étroites, les gens se pressent, les motos taxis pénètrent partout. J'ai été victime d'une petite arnaque : un « guide » autoproclamé m'a suivi et exigé 10 000 francs à la fin pour m'avoir « montré le chemin ». Je n'avais rien demandé. Moment franchement énervant. J'ai mangé un repas traditionnel au restaurant Le Colon, rue de la République, près du palais du Peuple. Riz gras avec sauce à la viande pour 15 000 francs. Le riz était collant, la viande pas toujours tendre, mais l'atmosphère était vivante : hommes en costume trois pièces malgré la chaleur de 31 degrés, enfants qui passent avec des seaux d'eau, bruit des conversations qui ricoche sur les murs peints en ocre. Le 17 novembre, j'ai tenté une excursion en pirogue vers les îles Loos depuis le port autonome. C'était présenté comme départ à 8h. Nous avons attendu jusqu'à 10h45 — le capitaine, Monsieur Cissé, attendait des touristes supplémentaires qui ne sont jamais venus. Le moteur de la pirogue sentait l'essence rance. L'eau était grise-verte, pas très engageante. Sur l'île de Roume, nous avons débarqué sur une plage où seules trois huttes se dressaient. Le voyage aller-retour a coûté 40 000 francs (4,60 euros). Pas spectaculaire, honnêtement. Deux heures de balade pour une plage presque vide où les seules autres âmes étaient deux pêcheurs qui dormaient. J'ai pris un café crème au Café du Centre, place du 8-Novembre, à 7h15 chaque matin pendant trois jours. Tasse minuscule, sucre blanc cristallisé, café fortement amer — probablement du robusta local — pour 2 500 francs seulement. Les serveurs s'appelaient tous « Patron » les uns les autres. J'ai observé des femmes en pagne lumineux qui achetaient du pain de mie directement aux vendeurs ambulants. Le musée national de Guinée, avenue du 28-Septembre, m'a déçu. Entrée à 5 000 francs. Trois salles mal éclairées avec des masques dont les cartons explicatifs étaient partiellement décollés. Un gardien a cru que j'était un voleur potentiel et m'a suivi pendant 20 minutes. J'ai écourté ma visite. Les transports restent une galère. Les minibus shared taxi (généralement des Peugeot 504 des années 1980) partent du carrefour de Kaloum quand ils sont pleins, pas à horaire fixe. J'ai attendu 35 minutes pour un trajet de 4 kilomètres. Nourriture générale : chapati grillé au beurre de cacahuète (1 000 francs), jus de gingembre frais (2 000 francs).Les gens sont directs, parfois trop, mais rarement hostiles. Beaucoup parlent français avec un accent teinté de mandinka ou soussou.La saison des pluies était terminée, mais quelques averses violentes nous ont surpris le 19 novembre en fin d'après-midi. Tout s'arrête pendant 30 minutes.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Kindia à l'aube : arriver avant 7h pour les meilleures sélections de fruits et moins de foule
Restaurant Le Colon, rue de la République : riz gras et sauce, ambiance locale authentique, prix imbattables
Café du Centre (place du 8-Novembre) : observatoire parfait de la vie conakrienne, café local très fort
Corniche de Conakry en fin d'après-midi : promenade gratuite, océan, petits vendeurs ambulants de cacahuètes grillées
Îles Loos en pirogue (port autonome, 40 000 francs) : expérience brute mais peu commercialisée, pas pour chercher le luxe
Photos — Conakry
Et au final.
Conakry m'a donné une expérience brute, ni rose ni déprimante. Les rencontres au marché et les petits cafés du matin valaient le coup. Mais l'infrastructure touristique est sommaire, les transports chronophages, et il faut accepter de petits désagréments réguliers. C'est un lieu où on vit le quotidien, pas une carte postale.








