Conakry en septembre : entre marchés chaotiques et plages oubliées
CarnetGuinee202610 jours

Conakry en septembre : entre marchés chaotiques et plages oubliées

On arrive à l'aéroport Gbessia de Conakry un mardi à 14h30. Moiteur étouffante, odeur mélangée de diesel et de poisson fumé qui prend à la gorge dès qu'on franchit la porte. La formalité à la douane ? Deux questions,…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On arrive à l'aéroport Gbessia de Conakry un mardi à 14h30. Moiteur étouffante, odeur mélangée de diesel et de poisson fumé qui prend à la gorge dès qu'on franchit la porte. La formalité à la douane ? Deux questions, pas de tampon demandé. Un chauffeur nous attend au comptoir Uber (oui, il existe ici, mais bon courage pour trouver une voiture fiable). On descend à l'hôtel Comoé, rue du Docteur Eisenhower, à 5 minutes du centre. Chambre 34 au troisième étage, ventilo qui grince comme une vieille porte. 45 euros la nuit. L'eau chaude est un concept ; on s'y habitue. Le petit-déjeuner, compris, c'est pain de mie industriel avec du Nescafé tiède. Vraiment pas folichon. Marché Kindia et ses labyrinthes bruyantsMercredi matin, on force vers le Marché Kindia. Pas « le marché central », non non. Il y en a cinq. Celui-ci domine le quartier depuis les années 1960 et c'est une cathédrale du chaos. Les vendeurs de tomate crient des prix en franco-guinéen (contraction du français et du soussou). Deux kilos de mangues fermentées : 8000 francs guinéens, soit un euro. On se perd volontairement dans les ruelles, passe devant une étiquette « Chez Mamadou — Beignets chauds ». On en achète six pour 500 francs. L'odeur de l'huile qui crépite, c'est ce qu'on retiendra de mieux cette semaine. Mais là, galère concrète. Un gamin nous pique un appareil photo du sac en toile. Pas brutal, juste discret. On s'en aperçoit cinq minutes plus tard. On revient sur nos pas, le cœur serré. Retrouvé. Il l'avait laissé tomber deux étals plus loin. Merci à un vendeur de pagnes qui l'a gardé. On lui laisse 15000 francs. Moment marquant, oui, mais qui rappelle que le tourisme concentré sur deux ou trois places, ça crée des situations tendues. Îles de Los et rencontre inattendueJeudi, on prend un pinasse (bateau traditionnel, moteur diesel bruyant) vers l'île de Roume aux Îles de Los. Départ à 7h du port autonome de Conakry. Prix : 30 euros aller-retour. Une heure de trajet sur une eau grise-marron qui pue la vase. On s'assoit sur des bancs en bois pourri, coincé entre un commerçant de poisson et une femme qui vend des téléphones. Pas de gilet de sauvetage. On arrive à Roume. Trois restaurants, une plage de sable noir où les touristes se comptent sur les doigts. On commande un plateau de fruits de mer au Chez Ibrahima : poulpe grillé, huître fraîche, riz blanc. 18 euros pour deux. Le gout du citron frais sur la chair de poulpe, c'est ce qu'on oublie pas. Un vrai moment. On discute avec Ibrahim, propriétaire depuis 2011, qui nous raconte que le tourisme c'est du rêve, que les coups de filet électoraux et les coupures d'électricité ont tué l'activité hôtelière. Kindia en détour, routes défoncéesSamedi. On décide de partir vers Kindia en minibus. Route nationale numéro 1, c'est un chaos de nids-de-poule. Une heure et demi pour 70 kilomètres. On paie le trajet 25000 francs (3 euros). Le minibus s'arrête tous les dix kilomètres pour prendre d'autres passagers. Température à l'intérieur : 38 degrés. Pas de climatisation. Une femme à côté de nous mange des cacahuètes bouillies (akassa) qu'elle sort d'un sac en plastique. Bruit incessant des babioles qui roulent sous les sièges, musique mandingue à volume volume maxi. À Kindia, petit hôtel sans nom, gérée par un couple franco-guinéen. 40 euros, douche froide comprise. On visite le jardin botanique de Kindia : c'est vrai, c'est calme, mais les arbres fruitiers sont mal entretenus. On paie 5000 francs d'entrée. C'est pas excitant comme décrochage touristique. Retour, marché Madina, épuisementDimanche, on flâne au marché Madina près de notre hôtel. C'est ici qu'on mange les meilleurs beignets de banane (2500 francs la portion). Odeur de fumée de bois, vendeurs de pagnes imprimées « Bolibana ». On achète un pagnes, malentendu classique : le vendeur nous demande 35000 francs, on pensait 20000. On négocie, on tombe à 28000. C'est comme ça. Lundi, c'est fini. On a l'impression de rien avoir « conquis » en dix jours. La Guinée, c'est pas une destination de cartes postales. C'est bruyant, imparfait, parfois dangereux (on a croisé des braqueurs en sortant d'un bar à 23h, on a eu peur, on n'a pas été agressés). Mais on a mangé du bon poisson, on a parlé à des gens vrais, on a compris qu'il y a un monde entre ce qu'on en lit et ce qu'on respire sur place.

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Les bons plans repérés sur place.

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Marché Kindia : le bruit, la foule, les beignets chauds de Chez Mamadou, impossibles à oublier

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Île de Roume aux Îles de Los : restaurant Chez Ibrahima, poulpe grillé et vue sur la baie, 18 euros

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Minibus Conakry-Kindia sur la RN1 : l'expérience de transport « vraie », nids-de-poule inclus, 25000 francs

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Port autonome de Conakry à 7h : embarquement sur pinasse vers les Îles de Los, eau grise, sentiment brut

5

Marché Madina : beignets de banane à 2500 francs, négociation sur les pagnes, vie quotidienne

Conclusion

Et au final.

Conakry ne m'a pas ravi, mais m'a interpellé. Les Guinéens sont chaleureux, les fruits sont parfaits, les routes sont un calvaire. Je ne reviendrais pas demain, mais ce voyage m'a montré combien les voyages vraiment différents, c'est pas les destinations Instagram, c'est les endroits où tu peux te perdre.

En résumé

Avis Conakry : carnet de voyage de 10 jours par marcaventures

Destination
Conakry
Pays
Guinee
Durée
10 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcaventures
L'essentiel

Conakry en bref

Pourquoi choisir Conakry

  • Marchés authentiques chaotiques loin des sentiers touristiques convenus
  • Îles de Los et fruits de mer frais à prix défiant toute concurrence
  • Rencontres sincères avec Guinéens chaleureux et véritables échanges culturels
  • Budget extrêmement économique comparé aux destinations africaines standard
  • Expérience brute et non filtrée dépourvue de vernis touristique commercialisé

Pour qui ?

  • Voyageurs cherchant l'authentique loin des circuits balisés
  • Backpackers budget conscients des coûts minimalistes
  • Photographes en quête de scènes de marché vivantes et brutes
  • Explorateurs tolérant l'imperfection et l'inconfort relatif
  • Curieux de rencontres humaines non médiatisées

À éviter si…

  • Vous recherchez une destination de cartes postales Instagram polies
  • Vous êtes intolérant au bruit, à la moiteur tropicale et aux routes dégradées
  • Vous exigez eau chaude, climatisation et confort hôtelier européen
  • Vous craignez la petite délinquance urbaine ou préférez la sécurité garantie
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Questions fréquentes

FAQ — Conakry

Quel est le meilleur moment pour visiter Conakry ?

Septembre offre une atmosphère authentique avec moins de touristes, comme l'a expérimenté l'auteur. C'est cependant la saison des pluies en Guinée. Les prix des hôtels sont bas (45 euros à l'hôtel Comoé). Attendez-vous à une moiteur étouffante et des conditions météorologiques instables.

Comment se déplacer à Conakry et en dehors ?

Uber existe mais reste peu fiable. Les minibus locaux (gare routière de Kindia) sont le transport principal : 25000 francs pour 70 km. Les pinasses (bateaux traditionnels) relient le port autonome aux îles de Los pour 30 euros aller-retour. Comptez 1h30 pour atteindre Kindia sur la route nationale 1, très endommagée.

Quels sont les risques de sécurité à Conakry ?

Petits larcins dans les marchés bondés (pickpockets discrets au Marché Kindia). L'auteur a aussi croisé des braqueurs en sortant de bar tard le soir sans être agressé. Évitez les déplacements nocturnes isolés et les zones touristiques concentrées. La vigilance habituelle des voyageurs suffit.

Où manger à Conakry et aux îles ?

Le Marché Kindia propose d'excellents beignets chauds (500 francs) et fruits de mer. Aux îles de Los, le restaurant Chez Ibrahima (île de Roume) offre poulpe grillé et huîtres fraîches pour 18 euros deux. Le marché Madina sert les meilleurs beignets de banane (2500 francs). Fruits frais omniprésents et de qualité exceptionnelle.

Combien coûte une semaine à Conakry ?

Budget moyen observé : 45 euros/nuit hôtel, 1-3 euros repas marché, 30 euros excursion îles, 3 euros transport longue distance. Comptez 400-600 euros pour 10 jours incluant hébergement, nourriture et sorties. Les négociations sont courantes : un pagne affiché 35000 francs peut descendre à 28000.

Vaut-il la peine de visiter Kindia depuis Conakry ?

Kindia offre le jardin botanique (5000 francs entrée) mais l'entretien des arbres fruitiers est minimal. Le trajet en minibus est chaotique (1h30 sur 70 km). Convient surtout pour varier le séjour, pas comme destination principale. Les routes très dégradées rendent la visite fatigante.

Quelles sont les îles de Los et comment s'y rendre ?

Archipel au large de Conakry comprenant Roume, Tamara et Kassa. Pinasses (bateaux diesel bruyants) partent du port autonome à 7h (30 euros aller-retour). Roume est la plus touristique avec 3 restaurants, plage de sable noir et vue dégagée. Aucun gilet de sauvetage : transport basique mais mémorable.

Faut-il parler français à Conakry ?

Le français est langue officielle et largement parlé. L'auteur a observé un franco-guinéen (mélange français-soussou) aux marchés. L'anglais moins utile. Les vendeurs pratiquent le français commercial pour négocier. Quelques mots de soussou appréciés localement mais non essentiels.