Comment ça s'est passé.
J'ai débarqué à l'aéroport de Xi'an Xianyang le 15 mars à 23 h 30, après 12 heures de vol avec Air France via Paris. Pas le choix : taxi pour l'hôtel Home Inn Xi'an Railway Station (140 yuan la nuit, soit environ 19 euros). Le chauffeur a crié en chinois dans son téléphone pendant 20 minutes, portes fermées, clim à fond. Bienvenue en Chine. Le lendemain, j'ai couru au Musée de l'Armée de Terracotta dès 7 h du matin. J'ai payé 150 yuan (21 euros) le ticket d'entrée. Les guerriers de terre, c'est vrai qu'on en parle beaucoup, mais être face à ces 8 000 soldats figés depuis 2 200 ans, les pieds dans un hall immense qui sent la poussière minérale et le béton froid... ça m'a fait bizarre. Pas d'émotion spectaculaire, mais une sorte de vertiges tranquille. Chaque sculpture avait ses propres traits, ses défauts d'argile. J'ai trainé trois heures là-dedans. La Muraille : rêve vs réalitéLe 17, excursion organisée par mon hôtel pour la Muraille de Mutianyu (260 yuan aller-retour, bus inclus). Levée à 5 h 45. On roule deux heures, et là c'est l'arnaque classique : le chauffeur nous dépose à un point commercial d'artisanat avec des femmes qui vendent des brosses à calligraphie. Quarante minutes perdues. Mais une fois sur la muraille, à Mutianyu section nord, j'ai eu le calme que je cherchais. Peu de touristes à 8 h du matin. Le vent était glacé, les murs gris se perdaient dans le brouillard. J'ai mangé un tricorne frit acheté à un vendeur ambulant (8 yuan), ça sentait l'huile chaude et l'ail rôti. Les jambes qui brûlent en montant les escaliers de pierre. Moment un peu solitaire, mais bon. Xi'an intra-muros et ses galèresRetour en ville. J'ai loué un vélo électrique à la gare centrale (25 yuan pour 4 heures). Première galère : l'appli de déblocage était en chinois uniquement. Un jeune gars m'a aidée à scanner le code QR. J'ai roulé jusqu'à la Grande Pagode de l'Oie Sauvage (Dayan Pagoda). Entrée 50 yuan. À l'intérieur, escalier en spirale très étroit, marches qui grinçaient. Vue sur les toits de Xi'an depuis le 7e étage : brownish, pollution légère. Pas de coucher de soleil spectaculaire. Le marché nocturne de Tang West Street, c'est une vraie folie. J'y suis allée trois soirs. Petites rues piétonnes, lanternes rouges, vendeurs qui crient. J'ai testé les raviolis vapeur à la viande (jiaozi, 10 yuan les 8), les nouilles biangbiang (nouilles larges et bosselées, 15 yuan), un lait de soja sucré (dou jiang, 4 yuan). Tous bons, aucun ne m'a rendue malade. Une femme m'a vendu une bague en jade façon « semi-précieuse » pour 200 yuan. Je suis assez sûre que c'était du faux quartz. Déception. Transport et logistiqueJ'ai utilisé le bus urbain beaucoup. Les tickets coûtent 1 yuan (pas cher du tout), mais aucun panneau n'est en anglais. Google Maps m'a sauvée des milliers de fois. Bus 5 jusqu'à la gare routière, bus 700 jusqu'à la Muraille sud. Les chauffeurs conduisent comme des fous, je me suis cognée la tête deux fois. Samedi 22 mars, train pour Pékin : 2 h 30 en G-train (ligne rapide). 238 yuan (32 euros). Je suis montée par la gare Xi'an Railway Station (massive, béton gris). Le train était clinique, silencieux, personnel en uniformes bleus impeccables. Contraste étrange avec le chaos urbain dehors. Nourriture : globalement pas cher. Repas dans les petits restos autour de la gare : 30-40 yuan. Un vrai restaurant de quartier avec soupe de nouilles maison et viande braisée : 45 yuan et excellentissime. Hébergement : j'ai changé d'hôtel le 10e jour. Booked pour le Citihome Apartment Xi'an Taiyuanxiang (180 yuan, climatisation qui dormait la moitié du temps). Wifi souvent lent, propriétaire sympathique mais pas de parole anglaise. Trois jours d'exploration sans plan : j'ai vu la Petite Pagode de l'Oie Sauvage (Xiaoyan Pagoda), moins connue, plus calme. Puis la gare de bus routiers du sud, très chaotique, beaucoup de monde, beaucoup de cris. Une Chinoise m'a aidée à acheter un billet, un sourire gigantesque, zéro langue commune.
Les bons plans repérés sur place.
Musée de l'Armée de Terracotta : arriver à 7 h avant la foule, traîner dans la Fosse 1 au moins deux heures (150 yuan)
Marché nocturne de Tang West Street : raviolis jiaozi chauds et vapeur à 10 yuan, y aller trois jours de suite pour explorer les petites allées
Muraille de Mutianyu : section nord tôt le matin vers 8 h, moins touristique que Badaling, silence et brouillard (260 yuan ticket + bus)
Piccolo train G qui part de Xi'an Railway Station pour Pékin en 2 h 30 (238 yuan, extrêmement ponctuel)
Vélo électrique à la gare centrale : 25 yuan pour 4 heures, rouler sans but entre pagodes et petites rues résidentielles
Photos — Xi'an (陕西)
Et au final.
Xi'an m'a déçue par son manque de charme urbain brut, ses embouteillages et cette sensation de ville de transit entre les monuments. Mais les guerriers de terre, les nuits au marché et une certaine gentillesse des gens m'ont quand même touchée. À refaire ? Oui, mais en passant moins de temps et en ne cherchant pas la beauté posée.
