Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Hato un mardi matin à 7h45. Le taxi depuis le terminal jusqu'à notre hôtel, le Sunscape Curaçao Resort à Baouchi, nous a coûté 35 florins (19 euros) pour 15 kilomètres. Le chauffeur roulait vite, très vite, et la sueur dégoulinait déjà sous mon t-shirt bien avant 9h — une chaleur humide et collante qui surprend même qui connaît les Caraïbes. Le premier jour, nous nous sommes perdus en cherchant le pont flottant de la Reine Emma. Ce pont relie Punda à Otrobanda depuis 1888 et c'est fascinant : il se soulève toutes les heures pour laisser passer les bateaux. Nous n'avons vu que sa base d'ailleurs, car il était remonté. En demandant notre route, un homme nous a proposé de nous vendre des tours « authentiques » en bateau privé. Prix affiché : 120 florins par personne. Nous avons accepté sans négocier — première grosse bêtise. Le « bateau privé » était en réalité un petit groupe de 12 touristes entassés, et le capitaine s'est arrêté trois fois pour charger d'autres passagers. Nous aurions pu le même circuit avec une agence officielle pour 75 florins. Willemstad vaut vraiment le coup malgré cette arnaque. Les maisons pastel de Punda, avec leurs façades jaune citron, rose bonbon, orange vif, ne sont pas juste décoratives — elles sont comme ça depuis le 18e siècle pour refléter la chaleur et les rayons. On peut vraiment le sentir en marchant : les rues ombragées restent froides, les façades blanches réchauffent moins que les colorées. Vers 14h, quand nous avons traîné trop longtemps à explorer les petites rues, la température a atteint 34°C et nous étions morts. Nous avons mangé aux Gouverneursplein, une petite place où des vendeurs ambulants proposent des croquettes de morue et des pastels pour 3-5 florins. Les croquettes étaient grasses mais savoureuses, avec ce goût sucré-salé des fritures caraïbes. Un vrai moment. Plus tard, au restaurant Mici Mici dans le Pietermaai district, nous avons commandé un plat local, le keshi yena (un fromage farci de viande) à 22 florins. Excellent, mais pas révolutionnaire. Le service était lent — 45 minutes entre la commande et l'assiette. Nous avons pris le minibus local numéro 5 (1,50 florin) pour aller à la plage de Cas Abao, à 30 km au nord-ouest. Le bus était bruyant, plein de locaux qui parlaient le papiamento à une vitesse inhumaine. La plage elle-même était splendide : sable blanc, eau turquoise, peu de touristes un jeudi matin. Nous y avons passé quatre heures. Je me souviens de l'odeur de coco et de crème solaire, mélangée à l'iode de l'océan. En fin d'après-midi, nous avons vu une femme locale qui vendait des fruits frais : mangues, papayes, noix de coco. Nous en avons acheté pour 15 florins au total. Le musée de Curaçao (entrée : 10 florins) est petit mais intéressant si vous aimez l'histoire coloniale. Les explications sont en néerlandais et anglais, quelques panneaux en espagnol. Pas grand-chose sur la vie contemporaine des habitants, plutôt centré sur les Européens qui ont conquis puis commercialisé l'île. Nous avons passé 90 minutes dedans. Le dernier jour, nous sommes allés au marché flottant (Floating Market) très tôt, vers 6h30. Les pêcheurs de Grenade apportent leurs poissons et légumes le matin. C'est vivant, coloré, avec des cris, des négociations. Un goût de poisson cru dans l'air. Les prix étaient justes — 2-3 fois moins chers qu'au supermarché touristique. Nous avons acheté du thon et du mahi-mahi frais, que nous avons demandé à faire cuire à notre hôtel. Ils ont refusé net : « pas autorisé en chambre ». Du coup, nous les avons apportés au restaurant de l'établissement qui a accepté de les préparer pour 8 florins de frais de préparation.
Les bons plans repérés sur place.
Pont flottant de la Reine Emma à Punda : le voir se lever vers midi, quand les bateaux pêcheurs franchissent le port
Cas Abao Beach : plage isolée avec eau limpide, accessible en minibus local numéro 5 (1,50 florin)
Restaurant Mici Mici au Pietermaai : keshi yena (fromage farci) traditionnel, 22 florins, 45 min d'attente mais savoureux
Floating Market : arriver avant 7h avec les pêcheurs de Grenade, thon et fruits frais à prix nets
Musée de Curaçao : petit mais instructif sur la période coloniale, 10 florins, 90 minutes
Et au final.
Curaçao vaut le détour pour ses couleurs, son histoire, sa nourriture et l'hospitalité mélangée des gens. Mais attendez-vous à des arnaques touristiques classiques et à des prix gonflés dans les circuits organisés. Négociez toujours et demandez les prix avant d'accepter. Le climat en décembre reste très chaud et humide — moins idéal que novembre.