Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Curaçao un jeudi soir, vols KLM via Amsterdam. L'aéroport international de Hato, assez exigu, nous a craché directement sur l'île. Température : 28 °C, humidité étouffante, l'air sentait le sel et l'asphalte chaud. Premier trajet en taxi jusqu'à l'hôtel Sunscape Curaçao (zone de Piscadera Bay) : 35 dollars, route sinueuse avec vue sur la mer turquoise. Le chauffeur écoutait du reggaeton à volume déraisonnable. Willemstad nous a surpris dès le premier matin. Les maisons peintes aux façades des berges du Punda – jaune vif, rose, bleu électrique – ne sont pas juste décoratives. En marchant dans Gomezplein, nous avons senti l'odeur de poisson séché mélangée à celle des épices locales du marché flottant. Le contraste était violent : derrière ces couleurs acidulées, les rues sont étroites, les trottoirs abîmés, et les pickpockets opèrent vraiment. Mon portefeuille a disparu dans Otrobanda après 20 minutes. Galère. Pas volé grand-chose (35 euros), mais l'humiliation était là. Nourriture et premiers mouvementsNous avons compensé en mangeant comme des fous. Au restaurant Sambuca (Punda, première rue côtière), les croquettes de poisson (kroketten) valaient 2,50 dollars chacune, croustillantes, fourrées à la morue. Le funchi (plat local à base de semoule et courge) à 8 dollars, nous a soulevé l'estomac tellement c'était riche. À côté, au comptoir Pop's Place, un smoothie aux fruits de la passion (maracuya) pour 4 dollars. Les Curaçaoiens mangent beaucoup de riz, de plantains, de grouper grillé. Nous avons visité le marché central d'Otrobanda : bruits, cris, odeur de mangues mûres écrasées par terre, femmes qui vendent des épices locales au poids. Plages et déception partielleLes plages de la côte ouest (Kleine Knip, Playa Kalki) méritent leur réputation, mais attention : Kleine Knip a une entrée payante (5 dollars par personne), c'est une micro-baie très surpeuplée en fin d'après-midi. Nous y sommes allés le matin vers 7 h 30, eau à 26 °C, cristalline, pas âme qui vive. Nous avons plongé avec masque : coraux multicolores, poissons perroquets, crabes. Mais vers 11 h, les bateaux de croisière ont déchargé leurs touristes. Fini le calme. Playa Kalki (plus à l'ouest) nous a mieux plu : moins connue, entrée libre, eau aussi belle mais avec moins de monde. Nous y avons passé une journée entière. Tempête locale vers 15 h (ciel devenu gris en 10 minutes), vents violents, nous avons dû plier bagage. Nous avons déjeuné en terrasse chez un petit warung appelé Kalki Shack : ceviche de grouper pour 12 dollars, rondelles de citron frais, coriandre fraîche. Un bonheur. Monuments et murs colorésNous avons visité le quartier historique en deux jours. La Mikve Israel-Emmanuel Synagogue (fondée en 1703, Curaçao) nous a impressionnés : sol en sable fin, colonnes originales, plafond en bois. Droit d'entrée : 6 dollars. L'atmosphère était recueillie. À proximité, le musée Curaçao (Gouvernementsplein) coûte 8 dollars, petit mais bien curé, retrace l'histoire de l'île (esclavage, commerce, émancipation). Nous avons marché pendant 3 heures en centre-ville (Punda et Otrobanda) juste pour les façades. Pas vraiment un itinéraire touristique classique. Les rues latérales sont moins propres, plus rudes. Curaçao n'est pas un musée de carte postale, c'est une île qui vit. Marché local, ados en scooter, musique qui explose des petits bars en fin d'après-midi. Loups de mer et coucher de soleilLe dernier jour, nous avons pris un catamaran pour Klein Curaçao (petit îlot désert à 30 minutes au large). Compagnie Sunscape Tours, prix : 95 dollars par personne, départ à 8 h 30 du port. Bateau performant, eau bouillante à midi, peu d'ombre. Le site de plongée était magnifique mais survisité. Nous avons croisé 40 touristes sur un îlot supposément reculé. Nous avons regardé le coucher de soleil depuis le front de mer de Willemstad (Rif Fort), vers 18 h 30. Soleil rouge électrique tombant sur la baie. Ambiance moins bondée que pendant la journée. Ciel qui vire à l'orange, puis au violet. Vendeurs ambulants de beignets et boissons gazeuses qui rôdent. C'était un moment simple, pas spectaculaire.
Les bons plans repérés sur place.
Kleine Knip avant 8 h du matin (baie d'eau cristalline, coraux, population zéro)
Marché flottant d'Otrobanda le samedi matin (odeur de poisson, épices locales, ambiance vraie)
Ceviche de grouper au Kalki Shack à Playa Kalki (12 dollars, citron frais, terrasse calme)
Synagogue Mikve Israel-Emmanuel (1703, sol en sable, entrée 6 dollars)
Catamaran vers Klein Curaçao au coucher de soleil (perte d'argent mais vue mémorable)
Et au final.
Curaçao nous a plu, mais c'est moins paradisiaque qu'on l'imagine avant de partir. Willemstad a du charme vrai, les plages sont excellentes et la nourriture gouteuse. Le point faible : la surcharge touristique certains jours, et l'infrastructure un peu fatiguée par endroits. Nous reviendrons, mais en basse saison.