Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Vilnius le 15 janvier vers 14 h, après un vol Ryanair depuis Paris-Beauvais. Le froid a frappé d'emblée : -8°C, le genre qui gèle les narines à la première respiration. L'aéroport de Vilnius est petit, fonctionnel mais sans charme particulier. Le bus 1 nous a menés au centre-ville en 30 minutes pour 1 euro, une aubaine comparée aux 50 euros d'un taxi. Nous avons posé nos affaires à l'hôtel Artimino Boutique, rue Pilies, une petite merveille : chambre vue sur la cathédrale, accueil chaleureux, petit déjeuner à 12 euros. Dès le premier soir, nous avons marché dans la Vieille Ville. Les pavés gelés nous ont joué des tours — j'ai failli me casser le coccyx devant l'église Sainte-Anne. Le moment où j'ai vu cette façade gothique de briques rouges, éclairée par des lampadaires jaunes sous un ciel presque noir à 16 h, m'a arrêtée net. Pas de cliché, juste une architecture dense et étrange. La cuisine : choc et satisfactionNous avons mangé nos premières kibinai (pâtés de viande) à la gare centrale, Vilniaus Centrinė Stotis. Une galère d'ailleurs : le panneau en lituanien nous a perdus pendant 20 minutes. Les kibinai coûtaient 2,50 euros l'unité, l'odeur de viande grillée envahissait tout le couloir. Étonnamment bon, pas gras, avec du bouillon chaud dedans. Le lendemain, au restaurant Forto Dvaras (rue Pilies à nouveau), nous avons commandé du šaltibarščiai, une soupe froide à base de betterave — servie chaude en janvier, heureusement. Goût terreux, légèrement sucré. À 8 euros le plat, correct pour le quartier touristique. Le marché de Hales (Halės Turgus) nous a vraiment surpris : vendeurs crachant presque leurs prix en lituanien, fromages blancs puants mais apparemment délicieux, beurre frais à 4 euros le kilo. L'atmosphère était bruyante, presque menaçante pour des Français pas habitués. Un vendeur nous a surfacturé les champignons (3 euros au lieu de 1,50), ma compagne a dû remballer ses achats pour protester. Ça m'a ramenée sur terre : Vilnius n'est pas un musée figé, c'est une vraie ville avec ses frictions. Au-delà du centre touristiqueNous avons pris le tramway n° 3 (1 euro la course) jusqu'au quartier de Užupis, la gauche rive nord du Vilnelė. C'est devenu très hipster (galeries, bars branchés), mais moins guindé que la Vieille Ville. Nous y avons trouvé un bar sans nom, Užupio Kavinė, où le café coûtait 2 euros et où des étudiants tapaient sur leurs laptops. L'odeur du café moulu, la chaleur sèche du radiateur, les murs repeints régulièrement en différentes couleurs : c'était authentiquement bohème, pas joué. Une journée, nous nous sommes aventurés à Trakai, à 30 km, en train depuis la gare centrale (trajet de 45 minutes, 2,50 euros). Le château fort sur l'île du lac gelé valait le coup. Nous avons essayé les didžkukuliai (sortes de quenelles à la viande) au café du château : 6 euros, texture pâteuse, pas évident. Le silence du parc en hiver était presque oppressant. Moments marquants et irritantsLa cathédrale Sainte-Anne n'est pas gratuite pour entrer (3 euros), et j'ai trouvé ça mesquin vu la minceur de la visite (10 minutes max). En revanche, nous nous sommes perdus en cherchant la Porte de l'Aurore et avons trouvé une petite synagogue, désormais petit musée, rue Žydų. Une femme âgée en sortait. Nous ne nous sommes pas parlé, mais ce moment-là, la solitude du lieu, m'a marquée différemment — moins joli, plus vrai. Le dernier jour, froid intense (-10°C), nous avons flâné sans plan. Les Lituaniens marchent vite, parlent fort, ne sourient pas aux étrangers. C'est déroutant pour nous après la Pologne. Mais il y a une densité, une fierté tranquille dans cette ville que j'ai respectée, même sans m'y fondre.
Les bons plans repérés sur place.
Église Sainte-Anne (rue Maironio) : façade gothique en briques, photo au coucher de soleil vers 16h30
Marché Hales Turgus : négocier les prix, vraie ambiance, éviter les pièges touristiques
Quartier Užupis via tramway n°3 : bars à 2-3 euros le café, murs grafés, moins bondé en janvier
Restaurant Forto Dvaras (rue Pilies) : šaltibarščiai et kibinai, comptez 10-15 euros par personne
Château de Trakai en train depuis gare centrale : 45 min, 2,50 euros, lac gelé en hiver
Photos — Vilnius
Et au final.
Vilnius m'a plu, mais pas envoûtée. C'est une vraie ville, pas un décor. Le froid a limité nos explorations, et j'aurais voulu plus d'interactions locales au-delà des restaurateurs. À y retourner en mai, probablement.








