Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Vilnius à 14h30 un mardi gris de janvier. Le bus 1 m'a déposée en 30 minutes à la gare centrale pour 2 euros. J'ai trainé ma valise jusqu'à l'hôtel Erato House, rue Vokiečių, une petite pension tenue par une dame lituanienne qui m'a offert un café trop sucré en disant « bienvenue ». La chambre était basique mais chaude, indispensable vu les -8°C dehors. Les premiers jours, j'ai exploré la vieille ville à pied. La cathédrale baroque aux murs jaune pâle, la tour de Gediminas qui domine tout, les pavés inégaux qui m'ont fait tordre la cheville légèrement à la deuxième journée. J'ai mangé mes premiers cepelinai (gros beignets de pomme de terre farcis à la viande) au restaurant Lokys, rue Aušros Vartų : 8,50 euros pour un plat garni. C'était lourd, gras, exactement ce qu'il fallait pour combattre le froid. Le goût persistait encore trois heures après, un mélange de patate molle et de graisse chaude. La galère du mardi soirMardi soir, j'ai voulu prendre le bus 3 pour aller voir le quartier de Užupis. Après 40 minutes d'attente au mauvais arrêt dans le froid, j'ai compris que j'avais mal lu la pancarte. Un local m'a remise sur le bon chemin. Útupis, c'est le « bohème » de Vilnius : des street-arts colorés sur les murs, des petits cafés fermés à 18h, une ambiance d'artiste qui criait artifice. J'ai trouvé mignonne la République déclarée d'Užupis et son drapeau flottant, mais les rues étaient vides, presque lugubres. Trakaï et les châteauxMercredi, j'ai pris un train régional au départ de la gare Vilniaus Geležinkelis vers Trakaï (28 km, 2,80 euros, 45 minutes). Le château insulaire est dressé au milieu d'un lac partiellement gelé. L'eau dégageait une odeur minérale froide, presque métallique. J'ai marché autour une heure en frissonnant. Le château lui-même m'a déçue : les intérieurs sont bien restaurés mais vides de vie, juste des murs de briques repeints et des salles avec panneaux informatifs en quatre langues. De retour à Vilnius, j'ai découvert le marché de Gariūnai, à l'est, un vrai chaos d'étals en plein air où les vendeurs criaient les prix. J'ai acheté des fraises surgelées lituaniennes, du fromage blanc local et du pain noir pour 5 euros. Le pain sentait la levure fermentée, un parfum qui m'a rappelé une boulangerie française, mais plus épais, plus humide. Les cafés tardifsLes après-midi, je me suis installée au café Mezzo, rue Gedimino, une place centrale calme avec des canapés usés. Cappuccino à 2,80 euros, connexion wifi correcte. Les étudiants lituaniens parlaient fort autour de moi. Un soir, j'ai essayé un bar branché, Pabo Latinobar, plein de groupes qui prenaient des selfies. Une bière locale (Svyturys) à 4,50 euros. L'atmosphère était surfaite, pas mon truc. Jeudi, j'ai grimpé la tour de Gediminas jusqu'au musée. À la moitié du trajet, j'étais essoufflée et grelottante. Vue sur la ville depuis le sommet : bâtiments gris, toits rouges, rivière Vilnelė qui coupe la ville en deux. Assez morne pour être honnête. Quelques galères culinairesJ'ai testé un restaurant recommandé par mon guide papier, L'Espresso, où j'ai commandé une soupe à la betterave. C'était sucré, presque doux-amer, avec des morceaux de pomme dedans. Lituanienne, m'a dit le serveur. Pas mauvais, juste surprenant. En dernier jour, j'ai pris un kebab rue Didžioji : 3 euros, viande pas fraîche, sauce blanche suspecte, mais tellement réconfortant quand on grelotte. Le dernier matin, levée à 7h pour attraper mon vol. Le bus 1 de retour à l'aéroport, dimanche, était presque vide. Vilnius, c'est une ville compacte, mangeable, pas compliquée. Mais sous le froid et le gris, elle perd beaucoup de son charme. Les monuments sont surtout des décors, les rues froides et isolées le soir.
Les bons plans repérés sur place.
Le château de Trakaï depuis le sentier du lac gelé (apporter des chaussures avec grip, la glace glisse)
Lokys restaurant pour les cepelinai, rue Aušros Vartų (réserver, c'est bondé à 18h)
Bus 1 depuis l'aéroport jusqu'à Vilniaus Geležinkelis gare (2 euros, 30 min, billets au chauffeur ou distributeur à côté)
Le marché Gariūnai en fin d'après-midi pour fromage blanc frais et pain noir à prix réels
La tour Gediminas au coucher de soleil (16h en janvier), accès 5 euros, musée inclus
Et au final.
Vilnius m'a accordé une semaine honnête. Les gens sont réservés mais justes, l'argent rend beaucoup plus loin qu'en France, les transports fonctionnent bien. Mais j'aurais dû venir en mai : en janvier, la vieille ville devient presque étouffante, manque de vie, manque de lumière.







