Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Vilnius un mardi matin par la compagnie Ryanair, après une correspondance maussade à Kaunas. L'aéroport international de Vilnius (VNO) est à peine 5 km du centre-ville. Le bus numéro 1 nous a coûté 1 euro pour atteindre la gare centrale en 20 minutes. Première impression : l'air sentait l'humidité d'automne mélangée aux échappements. C'était frais, presque mordant. On a choisi l'hôtel Narutis, dans la vieille ville, pour son prix raisonnable (65 euros la nuit avec petit-dej). La réception parlait anglais, mais juste assez pour les infos basiques. Première galère : notre chambre donnait sur une cour bruyante où des ouvriers commençaient les travaux à 7 h 30. Pas grave, on était dehors de toute façon. La vieille ville à pied (jour 1-2)Nous avons exploré la Cathédrale de Vilnius dès le matin suivant, levés à 5 h 30 pour attraper la lumière avant les touristes. C'est une structure massive en pierre blanche, avec des marches usées par des siècles de pèlerins. L'intérieur était glacial. Les murs suintaient une odeur de pierre froide et de cire de bougie qui nous a saisis à la gorge. Magnifique et un peu étouffant à la fois. On a grimpé les 57 marches de la tour Gediminas pour la vue sur les toits rouges de la ville. La pente était raide, les genoux ont crié. En haut, on voyait les trois croix sur la colline au loin, quasi blanches dans le brouillard matinal. Aucun pigeon, c'était surprenant pour une capitale. Pour le déjeuner, on s'est arrêtés au café Pilies, rue Pilies (la plus ancienne rue piétonne de Vilnius). Les déchirures rosettes locales, ces petites portions frites, coûtaient 2,50 euros. Elles fondaient sur la langue, grasses et salées juste comme il faut. Je ne suis pas déçue d'avoir mangé la même chose deux jours d'affilée. Trakai et son château (jour 3)Excursion à Trakai en train régional depuis la gare de Vilnius (Vilniaus Geležinkelio Stotis). Le ticket aller-retour a coûté 3,80 euros. Le trajet dure 45 minutes, ça traverse des paysages plats avec des bouleaux et des étangs. Un couple lituanien âgé était assis face à nous et regardait le paysage sans dire un mot. L'atmosphère était presque hypnotique. Arrivés à Trakai, le château se dressait sur une île, entouré d'eau. On aurait dit un décor de contes de fées, mais sans les paillettes touristiques qu'on craignait. Le château de Trakai est une vraie forteresse de briques rouges, restaurée mais pas aseptisée. Entrée : 9 euros. Les salles intérieures étaient glaciales (15°C estimés), il y avait une humidité qui pénétrait les os. Pour le dîner à Trakai, on a trouvé un petit restaurant, Baltaragis Užeiga, où on a commandé des keptuvėliai (brochettes lituaniennes). C'était moelleux, épicé juste ce qu'il faut. 8 euros le plat. Honnêtement, ça m'a plus marquée que le château. Le marché de Kalvarijų (jour 4)On voulait voir la Lituanie « réelle ». Le marché de Kalvarijų fut une révélation chaotique. Les voitures, les cris des vendeurs en lituanien, l'odeur de chou fermenté et de viande fumée qui vous prend à la gorge dès qu'on franchit l'entrée. Aucun panneau en anglais. Les gens nous regardaient comme si on débarquait d'une fusée. Une femme nous a vendus un kg de rhubarbe locale en gesticules et rires. Deuxième galère : on a voulu prendre le bus numéro 3 depuis le marché, but: la cathédrale. On s'est trompés de direction et on a roulé 30 minutes en banlieue. Un adolescent lituanien nous a montré comment descendre. Pas grave, le ticket était déjà acheté. La vie de nuit et repos (jour 5-8)Le bar Užupis Uzavara, dans le quartier alternatif d'Užupis, servait des bières locales à 2,50 euros le verre. L'atmosphère était enfumée, bohème, les conversations en lituanien crépitaient autour de nous. Le goût de la Švyturys (la bière locale) était un peu amère, herbacée, ça collait à la langue longtemps après. Les jours suivants, on a flâné sans plan. La gastronomie lituanienne n'est pas spectaculaire, mais elle était réconfortante. Cepelinai (les gâteaux aux pommes de terre), ričiai (une sorte de lapin en sauce brune), la soupe d'orge... À base de ce qui pousse sous terre et ce qui grimpe aux arbres.
Les bons plans repérés sur place.
Château de Trakai sur son île – arriver en début d'après-midi pour éviter les groupes
Marché de Kalvarijų le samedi matin – goût authentique, pas de traduction, pris au dépourvu
Bière Švyturys au bar Užupis Uzavara – goût herbacé, ambiance vrai local
Gare centrale de Vilnius (Vilniaus Geležinkelio Stotis) – belle architecture austro-hongroise, point de départ pour Trakai
Cepelinai au restaurant Narutis – gâteaux à la pomme de terre, goût sucré-salé surprenant, 5 euros
Photos — Vilnius
Et au final.
Vilnius nous a surpris par sa densité humaine et son authenticité, loin du lissage touristique. Moins spectaculaire qu'on l'espérait, mais plus vrai. Le point faible : la météo a été grise et humide les quatre derniers jours, ce qui a limité les explorations. Je recommande pour un long week-end, pas plus.








