Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international Carrasco un jeudi matin à 9h30, après un vol de Buenos Aires de 50 minutes avec LATAM. L'air frais de l'Atlantique nous a frappés dès la sortie : ce mélange de sel, d'herbe mouillée et d'essence de diesel que les petits cars jaunes des remises dégageaient généreusement. Notre premier trajet en taxi a coûté 650 pesos uruguayens (17 euros) jusqu'à l'hôtel Fierro Buenos Aires, rue Reconquista dans le quartier Ciudad Vieja. C'était une erreur de réservation—nous avons découvert que le vrai Fierro était à Buenos Aires—mais le proprio, Diego, nous a trouvé une chambre chez sa cousine au premier étage, 40 dollars la nuit, parquet grinçant compris. Les premières 48 heures ont été glaciales. Littéralement : nous sommes arrivés à la mi-juillet (hiver austral), et la température oscillait entre 8 et 12 degrés. Les Uruguayens nous ont expliqué que c'était « un hiver doux cette année ». Dans la calle Sarandi, nous avons testé le chivito—sandwich à la viande, lard, œuf—chez Freddo, chaîne nationale : 290 pesos (7,50 euros). C'était trop gras, mais chaud, et c'était ce qu'il fallait. Montevideo : la ville qui s'endort à 22hNous avons passé quatre jours dans la capitale. Le lundi, nous nous sommes levés à 5h45 pour assister au lever du soleil sur la playa Pocitos, au sud de la ville. L'eau était d'un gris acier, la température ressentie probablement 2 degrés avec le vent. Nous étions seuls sur 200 mètres de plage, sauf un jogger qui n'avait rien d'un touriste. Après un café cortado (espresso+lait) à La Tana Café, rue Blandengues, nous avons marché jusqu'au Teatro Solís, théâtre néoclassique de 1856. L'intérieur coûte 350 pesos en visite guidée (10 euros) ; nous avons sauté l'étape—trop de monde, 11h du matin. Le mardi a été un jour galère. Nous voulions prendre le bus n° 3 (ligne côtière) jusqu'à Carrasco, mais à 14h30, le chauffeur nous a dit que la ligne était fermée pour réparations. Personne au guichet n'avait ce panneau en espagnol. Nous avons dû appeler un Uber : 580 pesos (15 euros). À Carrasco, nous avons trouvé la Fortaleza del Cerro, vieille citadelle en briques rouges avec des vue monotones sur le port industriel. L'entrée coûte 200 pesos ; nous l'avons regretté aussitôt. Le musée del Carnaval, en plein Ciudad Vieja, rue Soriano, valait vraiment le détour. Entrée gratuite. Nous y avons passé 1h30, seuls dans les salles, entourés de costumes de comparsa (groupes de carnaval) des années 1960 à 2020 : tissus éclatants, plumes, odeur musty de tissu ancien et de naphtaline. Une employée, Roxana, nous a expliqué que le carnaval de Montevideo dure 40 jours en février-mars. C'était un moment calme, presque intime. Colonia del Sacramento : la nostalgie dans les pavésMercredi 8h du matin : bus Buquebus direct de Montevideo à Colonia, départ à 8h30, arrivée 10h30 (45 minutes). Aller simple : 590 pesos (15 euros). Nous avons choisi de ne pas prendre de voiture, erreur à moitié. La petite ville coloniale est faite pour les pieds, mais les collines autour demandent des jambes. Nous avons loué une chambre chez Posada del Viajero, rue Misiones, gérée par un couple argentin : 50 dollars. Le café au lait fait maison, à 8h, était excellent—vraiment. La rue principale, Calle Real, était presque vide sous la pluie du jeudi. Les gastronomies locales : le dulce de leche de la confiserie Alcázar (700 pesos le pot), les pâtisseries à l'alfajor chez Gaufré (200 pesos la unité). Nous en avons mangé deux. L'église Matriz, construite en 1680, était fermée le jour de notre visite (lundi était un jour fériéen Uruguay). Déception mineure. Le samedi, nous avons pris le ferry de retour. L'Atlantique était déchaîné : le bateau tanguait, plusieurs passagers étaient malades. Une femme à côté de nous a vomi dans un sac plastique. L'odeur de vomi mélangée au sel marin reste un souvenir qu'on aurait préféré gommer. Durée de la traversée : 50 minutes au lieu des 45 annoncés. Arrivée à Montevideo à 12h45, nerfs à vif. Maté : première (et dernière) tasse à 150 pesos au café Roldós, rue Piedras. Goût herbeux, un peu amer, température brûlante servie dans une gourde. Nous n'avons pas repris.Marché du Puerto : mercredi soir à 18h, nous avons cherché le marché vieux. Les restaurants touristiques longeaient le port (Caballo Blanco, El Viejo y el Mar), mais le vrai marché de poisson a fermé il y a des années. Information trompeuse sur Tripadvisor.Tango : nous avons raté les spectacles payants (Quebracho, 2500 pesos par personne) et avons regardé des danseurs amateurs dans le parc Rodó un dimanche en fin d'après-midi. Gratuit. Deux couples, générations différentes, dansaient sur de vieilles chansons de Gardel à l'aide d'un petit speaker Bluetooth.
Les bons plans repérés sur place.
Musée del Carnaval (Soriano, Ciudad Vieja) : gratuit, calme, costumes hallucinants de 1960-2020, une heure minimum
Playa Pocitos à 5h45 du matin : vide, gris acier, café chaud après à La Tana Café
Posada del Viajero à Colonia (Misiones) : café au lait fait maison, couple argentin adorable, 50 dollars
Chivito à Freddo (Sarandi, Montevideo) : trop gras mais authentique, 290 pesos, parfait après une promenade froide
Caminata en la Ciudad Vieja : palais, façades coloniales, mercadillos minuscules, aucun tourisme de masse visible
Photos — Montevideo / Colonia del Sacramento
Et au final.
L'Uruguay, c'est une pause entre l'Argentine et le Brésil : plus discret, moins touristique, mais aussi un peu plus lent et vide qu'on l'aurait espéré. L'hiver n'a pas joué en notre faveur. Nous avons aimé la sincérité des gens, l'absence de arnaque ostentatoire, les petits cafés où personne ne vous force à consommer. Mais l'austérité des paysages côtiers (falaises grises, plages désertes, vents violents) a pesé plus que prévu. Pas un regret d'y être allés, mais pas non plus une destination qu'on crierait sur les toits.
