Comment ça s'est passé.
Arrivée à Montevideo un mardi matin par LATAM, décalage horaire à peine perceptible. Le taxi depuis l'aéroport international de Carrasco m'a coûté 450 pesos uruguayens (environ 11 euros). J'ai choisi l'hôtel Fierro Buenos Aires sur la Calle 25 de Mayo, dans le vieux quartier de la Ciudad Vieja. La chambre sentait le bois verni et l'humidité. Dès le premier soir, j'ai marché jusqu'à la Plaza Independencia où trône le mausolée d'Artigas—j'ai cru que ce serait émouvant, mais c'était juste une grosse structure de marbre gris sans âme véritable. Le lendemain, levée à 6h pour prendre le bus 121 en direction de Punta Carretas. Les transports ici sont économiques : 35 pesos (moins d'un euro) le ticket. Le long de la Rambla, j'ai mangé des chivitos chez un petit vendeur de rue—pain brioché garni de steak, œuf, lard. C'est lourd, délicieux, et ça coûte 180 pesos. Le goût du beurre fondu à midi, sous un soleil qui tapait fort (26 degrés). La vie réelle à MontevideoCafé Soriano sur la Calle Soriano : café cortado à 65 pesos, excellentes medialunas (croissants fourrés). J'y suis allée trois jours de suite.Le marché Tristan Narvaja le dimanche matin : chaos organisé, odeur de viande grillée, vendeurs qui parlent fort. J'ai acheté des fruits de saison, une orange qui explosait de jus.Biblioteca Nacional, bâtiment moderne un peu décevant, mais la vue depuis le 6e étage sur la baie vaut le détour.J'ai tenté un cours de tango au studio Milonguera (90 minutes, 400 pesos). Le professeur m'a expliqué le passo base quatre fois. Je marchais sur les pieds des autres. C'était gênant mais honnête—le tango, c'est plus compliqué qu'il n'y paraît. Le soir, visite à La Vieja Viola, une petite milonga tradicional rue Convención. Les danseurs avaient 60, 70 ans, des mouvements fluides, des sourires échangés. J'ai passé deux heures à regarder, avec un verre de Tannat (le vin rouge local, 280 pesos). Mercredi matin, bus de Buquebus jusqu'à Colonia del Sacramento (50 minutes de traversée, 2800 pesos aller-retour). La mer était grise-verte, froide, le ferry oscillait légèrement. Arrivée à Colonia : c'est minuscule, 3000 habitants. J'ai logé au pequeño hotel Posada del Rio—accueil aimable, murs couleur ocre, ventilateur qui ronronnait bruyamment la nuit. Colonia fascine puis lasse. Les ruines du convento San Francisco datent du 17e siècle, c'est vrai, mais elles ne sont que des murs écroulés. J'ai payé 60 pesos pour entrer dans un petit musée avec quatre pièces et des photos jaunes. Plus authentique : le restaurant El Drugstore, sur la Calle de los Suspiros (littéralement « rue des soupirs »). Tartare de poisson avec avocat, vin blanc crisp, 750 pesos. C'était bon. Pas transcendant, mais honnêtement préparé. Dimanche, promenade à Carmelo, 30 km à l'ouest en bus local (ligne 5, 45 pesos). Petite ville agricole, bodegas (caves) de vin artisanal. J'ai visité la bodega Narbona—le propriétaire m'a reçue, nous avons goûté trois vins, il voulait absolument me les vendre au prix fort. Une dégaine commerciale classique. Vin blanc à base de Sauvignon Blanc local : 320 pesos la bouteille. Retour à Montevideo jeudi. J'ai perdu mon portefeuille dans le bus 121. Panique totale. Dix minutes après, une femme m'a appelée au téléphone de l'hôtel—elle l'avait trouvé, argent intact. Les gens ici sont honnêtes, contrairement aux villes des films touristiques. Derniers joursVendredi : visite du Museo de Arte Precolombino, collection modeste mais bien documentée (entrée 200 pesos). J'ai mangé une milanesa (escalope panée, frite) au café Moqueté—simple, réconfortant, 220 pesos. Samedi matin, marche jusqu'à la Fortaleza del Cerro, vue sur toute la baie, vent qui coupait le souffle. J'y suis restée une heure, sans rien faire, à écouter les vagues. L'Uruguay, c'est un pays tranquille mais pas spectaculaire. Pas de montagnes. Le climat est tempéré, parfois gris. Les gens sont réservés, corrects, pas démonstratifs. Les prix sont honnêtes, l'infrastructure fonctionne. C'est un endroit où l'on se sent en sécurité et où l'on peut vivre un rythme humain.
Les bons plans repérés sur place.
Café Soriano (Calle Soriano, Montevideo) : medialunas chaudes le matin, cortado à 65 pesos, lieu de vie locale
Marché Tristan Narvaja le dimanche : fruits frais, odeur de barbecue, négociation de prix
La Vieja Viola (Milonga) : danse tango avec les locaux le soir, verre de Tannat, ambiance sans prise de tête
Rambla de Montevideo en fin d'après-midi : promenade côtière, vue sur le Río de la Plata gris
Bodega Narbona à Carmelo : dégustation de vins locaux, rencontre avec le propriétaire, vin Sauvignon Blanc à 320 pesos
Photos — Montevideo et Colonia del Sacramento
Et au final.
Dix jours suffisent pour goûter à l'Uruguay sans le réduire. Montevideo m'a plu par son côté fonctionnel, pas spectaculaire. Colonia était photo-décoration. Ce qui m'a marquée vraiment : les gens, la nourriture simple, les prix justes. Moins apprécié : le climat gris la moitié du temps et l'absence de sites « naturels » grandioses qu'on pouvait espérer.
