Comment ça s'est passé.
Arrivé à l'aéroport international Carrasco de Montevideo un mardi matin à 7h30, j'ai pris le bus 710 de la compagnie Turil pour rejoindre le centre-ville. Le trajet de 25 km m'a coûté 45 pesos uruguayens. Le chauffeur roulait vite, les vieilles maisons en adobe de Ciudad Vieja apparaissaient progressivement. J'ai senti l'air salé du Río de la Plata bien avant de voir l'eau. Mon hôtel, l'Alma Histórica, rue Sarandí 520, m'a accueilli à 10h. Une chambre simple à 1200 pesos la nuit. La proprio, Graciela, une femme dans la soixantaine, m'a expliqué que Montevideo se divisait en quartiers bien distincts et qu'il fallait éviter certaines ruelles la nuit. Conseil apprécié, même si j'aurais préféré que ce soit moins direct. Le jour 1, j'ai marché jusqu'à la Plaza Independencia, où trône la statue massive de José Gervasio Artigas. Le soleil tapait dur, environ 28°C. Un vendeur ambulant me proposa un chivito (sandwich de viande grillée, fromage et œuf) pour 280 pesos au stand 12 de la Feria de Tristán Narvaja. C'était bon, lourd, inévitable à Montevideo. J'ai aussi goûté un medio y medio (mélange de vin blanc et de vermouth) au bar El Fogón, rue San José 1080, classique depuis 1974. Le goût sucré-amer du vermouth était dominant, très local. Les jours suivants, j'ai exploré la Rambla, cette promenade de 14 km le long de la baie. À 6h du matin, des centaines de Montevidéens marchaient ou joggaient, un phénomène culturel impressionnant. J'en ai parlé avec un jogger de 67 ans, Héctor, qui venait ici depuis 40 ans. Il m'a recommandé le Mercado del Puerto pour le déjeuner : c'est un ancien marché portuaire où les restaurants ne paient pas de loyer, donc les prix restent bas. Un asado complet (côte de bœuf grillée, salade, frites) m'a coûté 580 pesos. L'odeur du charbon de bois, la fumée, les cris des serveurs créaient un chaos organisé très énergisant. J'ai pris un jour pour visiter Colonia del Sacramento en ferry depuis Montevideo. La compagnie Buquebus, départ 8h15 du Terminal Tres Cruces, 55 minutes de traversée pour 1300 pesos. Le Río de la Plata était agité, pas très beau à ce moment. Colonia elle-même est une petite ville figée du XVIIe siècle, construite en grille autour d'une baie. Les murs de pierre, les pavés gris, la Calle de los Suspiros avec ses arbres énormes qui se touchent au-dessus de la rue. Moins touristique que prévu, plutôt tranquille un jeudi. Un moment marquant : assis à la terrasse du café Ordeig, je regardais le soleil descendre sur le Río, j'ai commandé un café con leche (3,20 euros environ), et j'ai réalisé que j'avais oublié de réserver l'hôtel pour la nuit. Galère classique. J'ai dû appeler depuis le café et finalement dormir à la Posada de la Flor pour 1100 pesos. Propriétaire charmant mais le wifi ne fonctionnait pas. Retour à Montevideo le vendredi matin. Bus 121 depuis la gare de Colonia, 3 heures et demie, prix 380 pesos. Assis à côté d'une grand-mère qui mangeait des churros maison dans un sac plastique. L'odeur était succulente mais j'étais encore plein du petit-déjeuner. Dernier jour, j'ai visité le Museu del Fútbol Uruguayo, rue Guayabos 1531. Uruguay a gagné les deux premières Coupes du monde (1930 et 1950), un héritage palpable. Ensuite, dîner au Restaurante Barrique, rue Convención 2050, viande de très bonne qualité mais service lent. J'ai attendu 40 minutes le plat principal un samedi soir avec la salle pleine, ça m'a énervé. Deux coupes de Tannat (vin rouge local excellent) plus un steak ont coûté 1800 pesos. Bilan : Montevideo n'est pas une ville flashy. Elle sent la province, l'histoire portée sans beaucoup de commerce touristique classique. Colonia respire la pause obligatoire, c'est bien. Le coût reste raisonnable pour un Européen. La population est gentille mais réservée, pas d'effusions.
Les bons plans repérés sur place.
Marché del Puerto (Montevideo) : restaurants à l'ancienne, asados entre 500-700 pesos, midi = foule locale
Rambla at 6 AM : phénomène social uruguayen, joggers et marcheurs, départ de la Costanera
Colonia del Sacramento, Calle de los Suspiros : pavés gris, arbres immenses, café Ordeig pour le coucher de soleil
Ferry Buquebus (Terminal Tres Cruces) : traversée de 55 min du Río de la Plata, départ 8h15, réservation obligatoire
Bar El Fogón rue San José : medio y medio classique depuis 1974, ambiance locale sans touristes
Photos — Montevideo et Colonia del Sacramento
Et au final.
L'Uruguay m'a plu pour sa sobriété. Aucun tape-à-l'œil, une vie sociale réelle autour du mate et du football. Ce qui m'a moins plu : le climat était instable (pluies soudaines), les transports datent un peu, et Montevideo manque de charme architectural par rapport à Buenos Aires juste en face.
