Comment ça s'est passé.
Arrivée le matin à l'aéroport de Carrasco après un vol LATAM de 12h depuis Paris. La douane était étonnamment rapide. Le taxi jusqu'à notre hôtel, le Radisson Montevideo, m'a coûté 650 pesos (environ 18 euros). La chambre surplombait la Bahía de Montevideo, et d'entrée on sentait cette odeur salée caractéristique qui va nous suivre une semaine. Premier jour en explorant le quartier de Ciudad Vieja. Le cœur serré en marchant dans la Calle Sarandí—les pavés ronds usés, la façade jaune pâle du Teatro Solís juste devant nous. On a petit-déjeuné au café Roldós (une tasse de café cortado + medialunas à 180 pesos, soit environ 5 euros), assis sur le trottoir. Autour, le bruit des scooters Yamaha qui foncent entre les piétons. Très urbain, pas du tout la carte postale dorée qu'on imaginait. Une galère avec le bus urbainLe jour 2, on voulait rejoindre la Playa Pocitos en bus. On monte dans le 3, tarif fixe à 45 pesos. Problème: le lecteur de carte ne fonctionne que pour les habitants avec leur tarjeta STM. Le chauffeur nous explique en riant qu'on doit monter par l'arrière et payer le comptoir. On s'est trompés trois fois avant de comprendre le système. Arrivés à Pocitos vers 15h, la plage était presque vide, le sable blanc chaud sous les pieds—on a marché une heure sans croiser grand monde. L'eau de l'Atlantique était glaciale (environ 12°C en septembre), presque personne ne se baignait. Jeudi, direction Colonia del Sacramento en bus de la compagnie COT (470 pesos l'aller simple). Trajet de 2h20 à travers des champs plats où on ne voit que du bétail Hereford blanc et roux. Arrivée à Colonia vers 15h. L'hôtel Posada del Rio était correct, tenu par un couple argentin retraité qui nous a conseillé le meilleur restaurant de la vieille ville. Les ruelles pavées de Colonia sont vraiment étroites—on pouvait toucher les deux murs en écartant les bras. Les maisons basses aux portes bleues ou vertes, les oliviers dans les patios. Le coucher de soleil au phare de Colonia, vers 17h30, illuminait le Río de la Plata d'une teinte orange sale qui rendait l'eau presque fluorescente. Moment vraiment touchantVendredi matin dans le Museu del Azulejo, un petit musée caché dans une maison coloniale restaurée. Une femme âgée, María, la conservatrice, nous a montré des azulejos du 18e siècle apportés d'Espagne. Elle parlait avec une fierté tranquille en touchant les motifs bleus et jaunes avec ses doigts. C'était l'une de ces conversations qui passe par les sourires quand la langue manque. On a versé 300 pesos dans la tirelire (le musée fonctionne par donation). Le dimanche matin au marché del Puerto de Montevideo. Les murs couverts de tags, des étals de viande rouge—les parrilleros grillent leurs pièces dès 11h du matin. On a goûté une portion de bife de chorizo avec une bière Pilsen à 320 pesos, assis sur un tabouret haut. Le goût de viande fumée mélangé à la bière froide et cette ambiance de marché chaotique. Ça reflète vraiment le Montevideo réel: sans chichis, direct. Mercredi, l'expérience la moins cool: on a voulu visiter le Musée de l'Indómita (histoire des guerriers charrúa). Fermé sans préavis. On a traîné une demi-heure devant la porte verrouillée avant d'aller au Mercado de los Artesanos à la place (petit marché fermier, prix gonflés pour touristes, quelques objets sympas en cuir et laine merinos). Le dernier soir, on a mangé chez Vivanda à Pocitos (restaurant un peu étouffant, mais bonne soupe de fruits de mer à 480 pesos). Vol de retour jeudi matin à 6h15 depuis Carrasco.
Les bons plans repérés sur place.
Teatro Solís à Montevideo: fachade néoclassique massive, l'intérieur vaut les 350 pesos d'entrée pour la visite guidée
Phare de Colonia del Sacramento: montée en fin d'après-midi (45 pesos), vue sur le Río de la Plata à l'heure dorée
Parrilla au Mercado del Puerto: commander un bife de chorizo et manger debout au comptoir, entouré de criailleries et d'odeur de charbon
Playa Pocitos le matin avant 10h: presque déserte, eau frette mais sable blanc et longue à explorer
Calle Sarandí et ses cafés: prendre un cortado tôt, regarder les gens marcher dans les pavés ronds usés depuis 100 ans
Photos — Montevideo et Colonia del Sacramento
Et au final.
L'Uruguay n'est pas la destination de rêve vendue dans les brochures: c'est une vraie vie, un peu grise, bourgeoise par endroits, avec des gens directs. Montevideo manque de la chaleur latino-américaine évidente, Colonia a ses charmes mais on s'y ennuie après deux jours. Ce qui m'a plu: l'absence de sur-tourisme et la bonne bouffe. Ce qui m'a moins plu: le climat automnal morne, les bus compliqués à comprendre au départ.
