Kyoto en novembre : entre temples et galères de touriste
CarnetJapon202612 jours

Kyoto en novembre : entre temples et galères de touriste

On a atterri à Osaka le 2 novembre sur un vol ANA (All Nippon Airways) à 14h30. Après avoir raté la correspondance shinkansen pour Kyoto (notre faute, on n'avait pas compris l'annonce en anglais à la gare), on a pris le…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à Osaka le 2 novembre sur un vol ANA (All Nippon Airways) à 14h30. Après avoir raté la correspondance shinkansen pour Kyoto (notre faute, on n'avait pas compris l'annonce en anglais à la gare), on a pris le bus Haruka Express à 17h45. Trois euros de plus, mais on y a gagné une vue sur les rizières qui commençaient à dorer. Première odeur du voyage : celle du thé matcha qui s'échappait d'une petite échoppe près de la gare de Kyoto Station. Ça sentait un peu herbacé, sec, comme du foin brûlé. On a squatté l'hôtel Gracery Kyoto Sanjo pendant 7 nuits (83 euros par nuit, petit-déjeuner inclus). Chambre exiguë mais propre, avec un climatiseur qui faisait un bruit de turbine dès qu'on le mettait en marche. Le patron, M. Tanaka, était adorable mais ne parlait que 15 mots d'anglais. On a passé 20 minutes à lui expliquer qu'on voulait faire une lessive, armés de traducteur Google et de gestes. Il a rigolé, nous a montré l'ascenseur du sous-sol, et voilà. Les temples et les files d'attenteOn s'est levés à 5h30 le 3 novembre pour attraper le bus 100 jusqu'au Fushimi Inari Taisha. C'était un pari : arriver avant les cars de touristes. Ça a marché, mais il faisait 8 degrés et on grelottait. Les mille torii (ces portiques en bois orange) montaient à travers les pins, et dans la pénombre, ça ressemblait à un tunnel vivant. Il y avait juste nous et deux vieux japonais qui faisaient leur jogging. Le silence était presque oppressant. On a grimpé pendant une heure, jusqu'au point où les files deviennent chaotiques, puis on a fait demi-tour. Le Pavillon d'Or (Kinkaku-ji) a été une vraie déception. On était là à 8h45, et il y avait déjà 200 personnes. Le bâtiment doré, lui, était voilé par des filets de construction (rénovation en cours, on ne savait pas en réservant). Pour 400 yens (2,80 euros), on a eu le droit de regarder un fantôme de pagode. On a rigolé jaune, puis on a mangé un bowl de udon chez Ippudo (8 euros) juste à côté. Le bouillon était brillant, la soupe sentait le poisson séché et les algues. Première fois que je goûtais aussi distinctement l'umami. Marchés, rues et petites catastrophesLe marché Nishiki, c'est le repaire des touristes qui font des selfies avec les brochettes de dango. Mais en se levant tôt (7h), on a trouvé des petits restos de marché où les ouvriers du coin prenaient leur petit-déjeuner. On s'est assis au comptoir du Okutan, un restaurant de tofu depuis 1635. Un set de petit-déjeuner : 1800 yens (12 euros), avec du tofu soyeux, des œufs poché en bouillon dashi, du riz blanc et des pickles. Le propriétaire nous a regardés louche parce qu'on ne savait pas dans quel ordre manger les plats, mais il a souri après. Le vrai moment galère : on a pris le mauvais bus (le 19 au lieu du 10) en fin d'après-midi le 7 novembre, direction Arashiyama. On s'est retrouvés à 40 km de Kyoto, dans une banlieue résidentielle déserte, à 17h30. Plus de chauffeur bavard, plus de panneaux en anglais. Un vieux monsieur japonais a compris notre panique et nous a mis dans un taxi. 45 euros pour revenir. Leçon apprise : pas d'aventure sans Google Translate et un plan papier. Arashiyama, quand on y est enfin arrivés (le lendemain), était blindé mais justifié. Les bambous du Sagano Bamboo Forest faisaient du bruit quand le vent passait dedans, un son sec et creux qui résonne entre les tiges. On a traversé le pont Togetsukyo aux alentours de 16h30, quand les cars de touristes partent. C'était presque vide, le ciel virait à l'orange, et on entendait juste l'eau de la rivière Katsura. Nourriture et cinémaLes repas, c'était une surprise quotidienne. Au restaurant Izuju (20 euros le set sushi), près du temple Sanjusangendo, le chef nous a servi du nigiri avec du crevettes, du thon, et quelque chose que je n'ai jamais identifié mais qui avait un goût légèrement métallique (peut-être du palourde). Le restaurant datait de 1781, les murs en bois étaient noirs, ça sentait la sauce soja ancestrale. On a aussi découvert les konbini (petits magasins 24h) comme refuge émotionnel. Un onigiri de 7-Eleven à 2 euros à 22h quand on avait faim, ça sauvait des soirées frustrantes. Une nuit, on a croisé une bande de salarymen complètement bourrés qui chantaient en sortant d'un karaoke. L'un d'eux nous a offert une canette de Kirin en criant « Welcome Japan! ». C'était maladroit mais sympa. Dernier jour, on s'est perdu volontairement dans les rues de Gion. Les façades en bois noir, les petites lanternes en papier devant les restaurants, les odeurs de charbon de bois d'un izakaya. On a trouvé un bar minuscule, le Gion Tanto, avec 5 tabourets, un bartender qui parlait français couramment (ancien travail à Lyon), et des cocktails à 12 euros. On s'est attardés 3 heures juste à discuter. Ça, c'était du Kyoto vrai.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Fushimi Inari Taisha à 5h30 du matin (avant les foules, 15 minutes de bus depuis Kyoto Station)

2

Petit-déjeuner chez Okutan (1635), set tofu dashi à 1800 yens, comptoir en bois vermoulu

3

Marché Nishiki avant 8h, chez les petits restos où mangent les locaux (moins de 10 euros le bol)

4

Pont Togetsukyo à Arashiyama vers 16h30 (après le départ des cars, silence garanti)

5

Gion Tanto, bar avec 5 places à côté du temple Higashihongan-ji (12 euros le cocktail, propriétaire bilingue)

Conclusion

Et au final.

Kyoto m'a donné exactement ce que je cherchais : une dose d'histoire palpable, des odeurs et des sons différents, et plein de petits moments stupides (comme cette file d'attente pour un temple voilé). Moins bon : l'été touristique persiste en novembre, les prix explosent, et certains temples sont fermés pour rénovation sans prévenir. Je reviendrais, mais en avril ou janvier.

En résumé

Avis Kyoto : carnet de voyage de 12 jours par marinefromlyon

Destination
Kyoto →
Pays
Japon →
Durée
12 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marinefromlyon →
L'essentiel

Kyoto en bref

Pourquoi choisir Kyoto

  • Patrimoine architectural immense avec milliers de temples et sanctuaires accessibles en transports publics.
  • Forêts de bambous et paysages naturels spectaculaires à 30 minutes du centre-ville.
  • Gastronomie locale authentique : sushi historiques, tofu millénaire, marchés vivants loin des chaînes.
  • Quartiers préservés comme Gion avec ambiance geisha et rues en bois noir inchangées.
  • Arrivée facile via Osaka et réseau de bus efficace couvrant tous les sites majeurs.

Pour qui ?

  • Voyageurs solo cherchant immersion culturelle et rencontres authentiques
  • Couples en quête de romantisme urbain et calme relatif hors saison
  • Passionnés d'histoire architectural et d'archéologie du patrimoine
  • Foodies explorant la gastronomie raffinée japonaise et restaurants historiques
  • Photographes en quête de paysages naturels et atmosphères urbaines contrastées

À éviter si…

  • Vous fuyez les foules touristiques : même en novembre, files d'attente et surpopulation aux temples majeurs.
  • Vous parlez uniquement anglais : nombreux spots n'ont pas de panneaux en anglais, Google Translate indispensable.
  • Vous voyagez en juillet-août : chaleur extrême et affluence décuplée par rapport à novembre.
  • Vous cherchez la vie nocturne effrénée : Kyoto est plus contemplatif que Tokyo ou Osaka.
À découvrir aussi
Fushimi Inari TaishaKinkaku-jiSagano Bamboo ForestArashiyamaGionMarché NishikiSanjusangendoPont TogetsukyoRivière KatsuraKyoto StationOsakaMont Kurama

Photos communautaires : Kyoto

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Kyoto
Kyoto
© diocrio
Templo Higasi-Hogan-Ji
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Kyoto
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© Unai Sarasola
Templo Higasi-Hogan-Ji
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Kioto
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Kinkaku-ji, Pabellón dorado
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Desires
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Gold temple
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Questions fréquentes

FAQ — Kyoto

Quel est le meilleur moment pour visiter Kyoto ?

Novembre offre un bon compromis climatique (8-15°C) mais reste très touristique. L'auteur recommande avril ou janvier pour éviter les foules et les files d'attente de plusieurs heures aux temples majeurs. Les rénovations saisonnières peuvent aussi réduire l'accès à certains sites sans préavis.

Comment se déplacer efficacement entre Osaka et Kyoto ?

Le Haruka Express (bus) depuis Osaka est fiable et offre des vues paysagères, bien que le shinkansen soit plus rapide. À Kyoto, les bus de ligne (100, 10, 19) couvrent les principaux sites. Conseil crucial : vérifier les numéros de bus sur Google Translate et avoir un plan papier pour éviter les déviations coûteuses.

Faut-il absolument visiter le Pavillon d'Or ?

C'est un incontournable iconique, mais attendez-vous à des foules massives (200+ personnes dès 8h45) et à des risques de rénovation. Arrivez à l'ouverture et visitez en fin d'après-midi. Le site vaut le coup pour l'architecture, mais pas si vous cherchez la tranquillité.

Quel est le budget alimentaire quotidien recommandé ?

Comptez 25-50 euros par jour selon vos choix. Un onigiri en konbini coûte 2 euros, un udon 8 euros, un set sushi traditionnel 20 euros. Les restaurants historiques (Okutan depuis 1635) affichent 12 euros pour un petit-déjeuner complet avec tofu et dashi.

Fushimi Inari Taisha vaut-il le coup d'y aller si tôt ?

Oui, absolument. Partir à 5h30 pour attraper le bus 100 permet d'explorer les milliers de torii en quasi-solitude, avec juste des joggeurs locaux. Après 8h, l'affluence devient chaotique. Le silence du tunnel de torii à l'aube justifie l'effort.

Où trouver de la nourriture authentique loin des pièges touristiques ?

Le marché Nishiki attire les selfies, mais lever tôt (7h) révèle des petits restos locaux où les ouvriers prennent leur petit-déjeuner. Okutan, tofu depuis 1635, et les izakayas de Gion offrent l'atmosphère kyotoise véritable, loin des circuits standard.

Arashiyama est-il surpeuplé ?

Oui, les cars de touristes arrivent en masse la journée. Visitez après 16h30 quand ils partent : vous retrouverez la forêt de bambous presque vide, avec juste le son du vent dans les tiges et le coucher de soleil sur le pont Togetsukyo. C'est transformateur.

Quel est le meilleur quartier pour l'hébergement ?

Sanjo (où l'auteur a logé) offre bon accès aux transports et prix décents (83 euros avec petit-déj). Les hôtels de petite taille comme Gracery offrent charme et propriétaires bienveillants malgré les barrières linguistiques.