Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Kyoto un dimanche matin par le Shinkansen depuis Osaka (ligne Tokaido, 75 minutes, 7 560 yens). La gare de Kyoto était un chaos de touristes avec des roues à traîner, des selfie-sticks partout. On a trouvé une petite chambre d'hôtel, le Hotel Gracery, pour 8 000 yens la nuit. Pas terrible mais fonctionnel, un lit dur et un climatiseur qui ronflait comme un avion. Les premiers jours, on a suivi l'itinéraire classique des guidebooks : Fushimi Inari au lever du soleil. Levé à 5 h du matin, froid humide, les jambes qui tremblent en grimpant les milliers de torii orange. La lumière grise du matin, les odeurs d'encens et de mousse humide dans les sous-bois, c'était vrai que ça valait le coup de se traîner hors du lit. Mais on était 300 autres touristes avec nous, téléphones braqués sur les premiers torii. Le moment de solitude attendu n'a pas eu lieu. On a mangé des ramen au petit restau Ippudo (870 yens pour un tonkotsu bien relevé, bouillon riche qui vous réchauffe les bronches). Le goût umami intense, les nouilles juste cuites, des germes de soja frais. Vraiment bon, pas de déception sur ce coup-là. On y est retourné deux fois. Le temple Kinkaku-ji, le pavillon d'or, c'est devenu un site de photos. On l'a visité un mercredi matin, et même là, c'était bondé. Le reflet dans le lagon est magnifique, je ne vais pas le nier. Mais voir 60 personnes faire exactement la même pose à 30 secondes d'intervalle, c'est devenu surréaliste. On a eu envie de rigoler mais on était trop fatigués. Le marché de Nishiki, rue Naka-no-cho, c'était plus intéressant. Des petits vendeurs qui font goûter des conserves, du miso, du poisson séché. L'odeur salée et piquante du bonito fumé, des légumes en pickles serrés dans des bocaux. On a acheté du yuzu frais (350 yens les trois) et des petits sablés aux arachides (tamago yaki, 200 yens). Les commerçants parlent peu anglais, du coup on a utilisé Google Traduction et montré des photos sur le téléphone. Aucun problème, juste un peu long. Moment galère de la semaine : on a loué des vélos pour aller au temple Ryoan-ji (via la ligne 59 de bus, 700 yens aller-retour). On s'est trompés d'arrêt, descendus trois stations trop tôt, et on a dû rouler 20 minutes sous une pluie fine en essayant de trouver notre chemin avec une carte papier qui devenait molle. On est arrivés trempés, avec des ampoules aux pieds. Le temple valait le coup (jardin zen impressionnant, les 15 rochers qu'on ne peut jamais tous voir en même temps), mais l'aventure à vélo était une vraie galère. On a passé une soirée dans un izakaya près de la gare de Gojo, le Kushitori Tanaka. Brochettes de poulet à 150 yens l'unité, bières Asahi (600 yens), ambiance de salarymen qui décompressent. Un mec à côté de nous ronflait doucement, la tête sur la table. C'était juste des gens normaux qui traînaient après le travail, pas un spectacle touristique. On a aimé cette soirée-là. Le temple Ginkaku-ji, le pavillon d'argent, était plus calme que le pavillon d'or. Arbres d'automne rouges et jaunes autour du lagon. On a payé 500 yens, on a marché tranquillement sans trop se marcher dessus avec les autres. Les escaliers derrière le jardin montaient vers une petite vue sur toute la ville. On a senti le change de l'air plus frais quand on s'élevait. La nourriture globalement : on a mangé beaucoup de kaiseki trop cher (18 000 yens dans un vrai restaurant) et pas assez de street food simple. Les restaurants sur les circuits touristiques vous servent des portions réduites avec des assiettes de porcelaine fine. C'est correct, pas mauvais, mais c'est pas ça qui vous remplit.
Les bons plans repérés sur place.
Fushimi Inari avant 6h30 du matin pour les torii sans touristes (accès libre, gare JR Nara Line direction sud)
Marché Nishiki le mercredi matin pour goûter les pickle et le poisson frais (entrée gratuite, fermé dimanche)
Petit izakaya Kushitori Tanaka près de Gojo : brochettes à 150 yens et vraie vie locale (réservation conseillée après 18h)
Ryoan-ji temple en vélo depuis le centre, plutôt qu'en bus avec les groupes (entrée 500 yens)
Ramen Ippudo rue Shomen-dori : tonkotsu 870 yens, queue le soir mais ça vaut le coup
Photos — Kyoto
Et au final.
Kyoto, c'est pas un piège, mais c'est pas non plus ce qu'on attendait. Les temples sont beaux, les petits restaurants valent vraiment le coup, mais on a trouvé que novembre c'était déjà trop touristique. Si on revient, on va passer plus de temps à errer dans les petites ruelles de Higashiyama sans regarder la carte, plutôt que de cocher les cases des 15 sites incontournables.








