Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport Ben-Gourion le 14 mars à 18h30. Le trajet jusqu'à Jérusalem en sherut (minibus collectif) depuis la gare routière centrale a duré 1h45, avec la climatisation poussée à fond et une odeur de diesel mélangée aux fragrances d'ambiance. Coût : 45 shekels par personne, soit environ 12 euros. Le premier choc : la vieille ville de Jérusalem. Nous nous sommes logés à l'Hôtel Notre-Dame, rue Saint-Paul, à 200 mètres de la Porte de Damas. La chambre était propre mais glaciale, les radiateurs rouillés. Dès 5h30 le lendemain matin, levés pour traverser les souks de la Vieille Ville avant la cohue. L'appel à la prière depuis les minarets du dôme du Rocher résonnait dans les ruelles étroites ; c'était déstabilisant, presque oppressant. La lumière rasante donnait une teinte ocre aux pierres blanches. Les jours suivants : Mur des Lamentations, Dôme du Rocher, Église du Saint-SépulcreAccès gratuit au Mur des Lamentations à partir de 5h. Nous y avons croisé des pèlerins hassidiques en gabardine noire, malgré une température de 18°C. Les pierres du mur dégageaient une odeur minérale, un peu comme du calcaire mouillé. Beaucoup de touristes déjà présents. Le moment marquant : voir une femme âgée pleurer en appuyant son front contre la pierre pendant cinq minutes, sans bouger. On se sent voyeur. Impossible d'accéder au Dôme du Rocher cette semaine-là (fermeture temporaire pour restauration). Grosse déception. Nous avons donc grimpé au clocher de l'Église du Saint-Sépulcre (l'Église de la Résurrection, pour être exact). L'escalier est étroit, les marches inégales, usées par les siècles. En haut, vue sur les clochers et la vieille ville. L'air était chaud, l'odeur d'encens très forte. Beit Agron et les marchés : le quotidien qui échappe aux guidesNous avons raté le Marché Mahane Yehuda deux fois : fermeture le samedi pour Shabbat. C'est une galère classique ici. Finalement, le dimanche matin, nous y sommes allés vers 9h. Des fruits pressés à la demande, du jus de grenade frais à 20 shekels (5 euros). Nous avons acheté du soufganiyot (beignets fourrés à la gelée) chez un vendeur ambulant : 8 shekels la pièce, délicieux et gras. Des tas d'épices, de houmous en baquet, des olives noires qui collaient les doigts. Au café Bezeq, rue Ben Yehuda, nous avons mangé une salade israélienne avec du pain pita chaud : 35 shekels. Le goût des tomates était vrai, croquant, pas comme ailleurs. Le café était très fort, presque amer. Tel-Aviv : 3 jours de plage et de tensionAutobus 460 de Jérusalem à Tel-Aviv, direct, 1h40 de route. Compagnie Egged. Paysage en transition : collines rocheuses qui deviennent plaines urbaines. Arrivée à la gare Arlosorov vers 17h. Nous avons pris une chambre à l'Hôtel Metropolitan, Dizengoff Street, 150 mètres de la plage de Hilton. La chambre avait une vue sur la mer Méditerranée. Le premier jour (20 mars), nous avons passé 3 heures à la plage. L'eau était froide, 16°C, mais le soleil rasant réchauffait. Sensation paradoxale : un espace de détente, mais aussi une tension sourde. Les gens parlaient bas. Il y avait des patrouilles de police plus visibles qu'à Jérusalem. Nous avons dîné au restaurant Osteria Tulia (une cuisine fusion méditerranéenne, prix élevé : 200 shekels pour un plat principal). Puis au bar Bellboy's, petits cocktails à 70 shekels chacun, atmosphère hipster, musique indie. Les gens s'embrassaient sans gêne, très différent de l'atmosphère à Jérusalem. La galère : arnaque à la monnaieAu Marché Levonah de Tel-Aviv, un vendeur de falafel nous a rendu la monnaie en pièces anciennes qui ne circulaient plus (nous l'avons découvert trop tard). Perte de 40 shekels. Petite arnaque bête, mais ça énerve. Nous l'avons su en essayant de les utiliser au supermarché Tiv Taam. Jaffa en fin d'après-midiNous avons marché jusqu'à Jaffa depuis Tel-Aviv (30 minutes, via la promenade en bord de mer). La vieille ville de Jaffa est un patchwork de galeries, d'ateliers d'artistes, de petits restaurants touristiques. Nous avons mangé une salade de matzah farcie (nourriture de Pessah, même hors de la période) et bu un café servi dans une cafetière arabe traditionnelle chez Abu Hassan. Le goût était sucré, épicé, très dense. Prix : 30 shekels. Le coucher de soleil sur la mer depuis le port de Jaffa était beau, les couleurs orange et rose se reflétaient sur l'eau. Peu de mots à ce moment-là. Retour à Jérusalem et dernier jourAutobus 460 retour. Dernier jour à Jérusalem : marche le long du Mont des Oliviers, vue panoramique sur la Vieille Ville depuis le belvédère. Temperature très chaude : 28°C. Nous nous sommes assis sur un banc, silencieux. Difficile d'exprimer ce que nous ressentions vraiment. Dernier repas chez Versavee, restaurant de cuisine levantine, à côté de la Porte de Damas. Sabikh (sandwich avec aubergine, falafel, tomate) : 45 shekels. Très bon, mais la rue était bruyante, les klaxons des voitures en permanence.
Les bons plans repérés sur place.
Mur des Lamentations avant 6h du matin (silence relatif, lumière douce, moins de foule)
Marché Mahane Yehuda le dimanche matin, secteur des jus frais (fruits pressés à 20 shekels)
Promenade en bord de mer de Tel-Aviv à Jaffa au coucher de soleil (30 min à pied)
Café Bezeq, rue Ben Yehuda à Jérusalem (salade israélienne 35 shekels, ambiance locale)
Sherut depuis Ben-Gourion vers Jérusalem (45 shekels, plus rapide que le bus, moins touristique)
Et au final.
Israël m'a donné beaucoup de questions, peu de réponses simples. Jérusalem est lourde, intense, difficile à digérer. Tel-Aviv plus légère, plus vivante, mais avec une tension sous-jacente. J'aurais aimé plus de temps pour comprendre, moins de touristes pour respirer. Ce voyage n'a rien clarifié, mais m'a changé.