Comment ça s'est passé.
On a débarqué à la gare d'Interlaken Ost un dimanche matin après 2 h 15 de train depuis Genève. Octobre, c'est pas la haute saison, mais les vallées étaient encore vertes et l'air sentait l'herbe mouillée mélangée à ce truc qu'on respire en montagne — une fraîcheur presque médicale. Température à 8 °C, on a regretté de pas avoir pris les pulls plus épais. On s'est posés à l'hôtel Backpackers Villa Sonnenhof, une guesthouse au bout d'une ruelle tranquille, 45 CHF par lit. Le proprio était un retraité allemand qui parlait six langues et racontait des histoires pendant le petit-déj. C'était son truc. Les œufs brouillés avaient un goût bizarre — beaucoup trop de beurre, probablement du beurre de yak ou un délire montagnard comme ça. Jour 2 : Galère sur la ligne JungfraujochOn avait prévu de prendre le train de 7 h 45 depuis la gare de Grindelwald vers le Jungfraujoch, le truc touristique ultime. On arrive à temps, on monte dans le wagon rouge et blanc de la Wengernalpbahn. À 8 h 32, le train s'arrête net. Panne électrique. On reste coincés 1 h 20 dans le wagon, pas de clim, pas d'info claire du personnel. Un couple de retraités français à côté de nous commençait à paniquer. Au final, on a eu un bon de réduction pour visiter un jour autre, mais on avait pas d'autre jour. C'est vrai que ça nous a cassé le rythme. On a détourné et pris le bus postal n°1 depuis Interlaken vers Rosenlaui, un hameau avec une gorge réputée. C'est gratuit avec le SwissPass, et c'était bien — eau turquoise qui courait sous les rochers, silence absolu sauf le bruit de l'eau. Zéro touriste. Marche de 45 min aller-retour, pas compliqué. Jour 3 et 4 : Fondue et rando autour de GrindelwaldOn a loué des VTT auprès de Rent a Bike on Main Street (presque face à l'office du tourisme, impossible de rater), 35 CHF la journée par personne. Erreur : on a oublié de prendre les pédales automatiques, juste les pédale plates. Après 2 km sur les routes cabossées, on commençait à avoir les cuisses en feu. Mais c'était bon malgré tout — descente vers Burglauenen avec des vues sur le Wetterhorn qui se découpait contre le ciel gris. Le restaurant Eiger Express au centre de Grindelwald, on y a bouffé une fondue moitié-moitié (Gruyère-Emmental) pour 24 CHF par personne avec un verre de vin blanc. Le fromage avait une croûte légèrement carbonisée sur les côtés du caquelon — pas dégueu, même sympa. C'était notre moment marquant, celui où on s'est dit « là, on est vraiment en Suisse ». Après la fondue, les bières Feldschlösschen à 6 CHF pièce au bar d'à côté nous ont paaru logiques. Jour 5-6 : Lauterbrunnen et la vallée tranquilleLauterbrunnen, c'est à 20 min en train depuis Interlaken, ligne BOB (Berner Oberland-Bahn), 16 CHF l'aller simple. La gare est minuscule, quasiment une cabane. On y a resté deux jours sans vraiment rien faire — café au Café-Restaurant Silberhorn (très bon cappuccino, 4 CHF), promenade jusqu'à la cascade de Staubbach qui dégringole de 300 mètres. Y avait du vent, donc l'eau se transformait en embruns avant de toucher le sol. Ça sentait la roche mouillée. Un soir, un orage s'est levé — pas banal. On s'est retrouvés entre deux poteaux sous un petit abri, un groupe de randonneurs allemands et nous. Tonnerre vraiment fort, on a dû attendre 40 min. Le bruit résonnait dans la vallée, c'était dingue. Personne parlait beaucoup. Après, la vallée était tellement verte que ça faisait presque mal aux yeux. Jour 7-8 : Beatenberg et le lac de ThouneOn a pris un train depuis Interlaken vers Beatenberg (ligne Brünigbahn, compagnie Zentralbahn, 12 CHF). Petit village sur les hauteurs. La vue sur le Lac de Thoune était dégagée. On a mangé au Beatenbucht, petite auberge un peu rustre, raclette avec pain grillé pour 19 CHF. C'était copieux, lourd, presque trop. Le personnel parlait français avec un accent suisse-allemand qu'on comprenait à 60 %. On a descendu à pied vers Merkligen (2 h de marche). Pas de vraie galère, juste nos chevilles qui criaient grâce sur les derniers kilomètres. Le lac en bas devait faire une vingtaine de kilomètres de long, bleu gris sous le ciel nuageux. Pas de piscine à côté, pas d'hôtel haut de gamme en vue. Juste rural, tranquille. Jour 9 : Retour et bilan mitigéTrain retour vers Genève à 14 h 30. On a pris un sandwich au café de la gare d'Interlaken, 11 CHF pour un truc jambon-fromage basique. Pas ouf.
Les bons plans repérés sur place.
Gorge de Rosenlaui (bus n°1, gratuit avec SwissPass) — eau turquoise, zéro bruit, marche courte
Fondue au Eiger Express à Grindelwald (24 CHF) — réelle croûte carbonisée, verres de vin blanc local
Cascade de Staubbach à Lauterbrunnen (gare minuscule à 20 min d'Interlaken) — embruns en fin d'après-midi, odeur de roche mouillée
Beatenberg sur la ligne Brünigbahn — village discret, vue dégagée sur le lac de Thoune, raclette rustique
Rando à vélo vers Burglauenen (VTT 35 CHF chez Rent a Bike) — routes cabossées, vue sur Wetterhorn
Photos — Interlaken
Et au final.
La Suisse c'est cher, y a pas à dire, et les paysages restent des paysages même si on prend des belles photos. La galère de la panne nous a rappelé que même les systèmes suisses peuvent flanchir. Mais on a eu du silence, du vrai, et des moments où on arrêtait de trier nos émotions pour juste marcher.








