Comment ça s'est passé.
Arrivée à 14 h 30 à l'aéroport international de Djibouti après un vol Air Djibouti depuis Addis-Abeba. Pas de file d'attente, douane très rapide. Le chauffeur du taxi (Ahmed, contacté via l'hôtel) nous a chargé 15 euros pour les 6 km jusqu'à la Kempinski Djibouti Palace. La route bordée de cailloux rouges traversait un désert plat et poussiéreux. Température affichée : 32 °C à 14 h 30, mais l'air sec l'accentue. Installation à l'hôtel en début d'après-midi. La chambre donnait sur le Golfe d'Aden. Premier choc : le silence assourdissant. Pas de bruit urbain classique, juste le vent qui siffle entre les bâtiments et le son des vagues, régulier et hypnotique. Après une douche, nous avons exploré le quartier de Plateau du Serpent (Plateau du Serpent) à pied. Erreur stratégique : le soleil à 16 h était encore écrasant. Nous avons trouvé refuge au Café de la Paix, petite gargote sans climatisation, où j'ai commandé un café djiboutien très serré (1,5 euros). L'odeur du charbon de bois et du café moulé frais restera gravée. Le serveur parlait un français approximatif teinté de somali. Jour 2 : Marché central et première déceptionLevés à 5 h 45 pour le marché de Djibouti (Marché Central). Quelle ambiance. Étals de poissons frais alignés sous des bâches bleues, vendeurs criant les prix en djiboutien et somali. Le marché empestait l'eau salée et la glace en fonte. Avons acheté du pain flatbread à 0,80 euros et des dattes fraîches (3 euros le kilo). Un vendeur nous a « invités » à visiter sa boutique de tissus « spéciale prix pour touristes ». Classique arnaque : les « prix spéciaux » étaient 40 % plus chers qu'ailleurs. Nous avons poliment décliné. Après-midi : visite du Palais du Peuple (ancien palais du Gouverneur français, 1910). L'entrée coûte 5 euros. L'intérieur était désappointant : deux salles, pas de vraie exposition, juste les murs en pierre de corail avec des plaques en français rouillées. Un gardien parlait du « colonialisme français » en boucle. Difficile de ne pas trouver cela surfait pour 5 euros. Jour 3 : Ras Siyan et Lac AssalLocation d'une voiture Suzuki auprès de Djibouti Car Rental (70 euros/jour, essence incluse). Trajet de 2 h 45 jusqu'au Lac Assal (le point le plus bas du monde, -155 m). La route traversait un désert minéral où rien ne pousse, juste du calcaire blanc et des roches volcaniques noires. La radio jouait du qat (musique locale), très répétitif. Au lac, température de 38 °C. L'eau était d'un bleu turquoise surréaliste mais presque inhabitable pour la baignade (salinité 10 fois supérieure à la mer). Nous avons vu trois touristes européens qui essayaient de flotter. Le ciel était vide, blanc de chaleur. Aucune infrastructure, juste un petit restaurant sommaire « Chez Mohamed » où nous avons mangé un poisson grillé (8 euros). La viande était sèche, préparée à la va-vite. Nous nous sommes baignés quand même, la sensation de flotter sans effort était bizarre mais sans charme particulier. Jour 4 : Ras Siyan et Bab el-MandebJournée à Ras Siyan (le point où trois mers se rencontrent visuellement : Mer Rouge, océan Indien, Golfe d'Aden). La route de montagne était en mauvais état, deux nids-de-poule nous ont secoués. Arrivée à 9 h 30. La vue était certes large, mais le site avait un charme minimaliste : un parking vide, une barrière en bois, deux chèvres. Pas de café, pas de toilettes. Nous avons contemplé 20 minutes, puis redescendu. En fin d'après-midi, retour à Djibouti-Ville. Dîner au restaurant El-Arish (rue de l'Église, Djibouti-Ville). Accueil chaleureux, brochettes de chameau grillées (12 euros), riz blanc, sauce tomate épicée. Le chameau avait un goût de viande très rouge, légèrement sucré. Légèrement fascinant, légèrement déconcertant. Jours 5-7 : Repos et retoursLes trois derniers jours, nous avons alterné entre la piscine de l'hôtel (eau chlorée, peu engageante) et des cafés de la corniche. Le bus local (ligne 1, Société Djiboutienne des Transports) nous a permettis de explorer Boulogne (quartier côtier) pour 0,50 euros le trajet. Très local, très chaud, peu d'attrait touristique évident. Dernier soir : marché de nuit (Souk Nocturne), vendredi. Piment, encens, chèvres vivantes, tissus imprimés. L'odeur de coriandre écrasée était presque accablante. Nous avons acheté du café moulu et des épices pour 15 euros. Vol de retour Air Djibouti, 11 h 30, sans incident.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Central le matin (6 h-8 h) : poisson frais, odeur intense, vendeurs authentiques sans filtre touristique
Lac Assal : baignade flottante improbable, paysage minéral impressionnant (apporter crème solaire SPF 60)
Restaurant El-Arish : brochettes de chameau, goût unique, rue de l'Église, prix honnête
Café de la Paix : café serré fumant, pas climatisé, locals uniquement, immersion linguistique garantie
Route vers Ras Siyan : spectacle routier rude, trois mers depuis un parking poussiéreux, très peu de touristes
Et au final.
Djibouti n'est pas une destination de plage classique, ni vraiment un carrefour culturel palpitant. C'est un endroit nu, minéral, où l'on vient plutôt pour expérimenter l'extrême (chaleur, salinité, solitude géographique). Les gens sont bienveillants, les plats locaux méritent le détour, mais l'infrastructure touristique est sommaire et les activités limitées. Quatre jours auraient suffi. La semaine fut honnête, ni catastrophique ni transformatrice.