Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Djibouti-Ambouli vers 14h30, chaleur écrasante d'emblée : 42°C affichés à la sortie. L'air était sec, presque désertique, avec cette odeur particulière du tarmac chauffé mélangée à l'essence. On a pris un taxi blanc (Peugeot 504, inévitable) pour rejoindre l'Hôtel Kempinski Djibouti, situé en front de mer : tarif 1 500 DJF aller simple (environ 8 euros). Le réceptionniste parlait français impeccablement, ce qui m'a surpris positivement. Premier jour : exploration du centre-ville. On s'est perdu en cherchant le Marché Hamar, finalement trouvé rue de Marseille après trois demandes. L'odeur des épices (curcuma, coriandre, clous de girofle) nous a frappés en pleine face à l'entrée. Les vendeurs criaient leurs prix en arabe et français. Nous avons goûté des samossas pour 300 DJF (1,70 euro) : pas mauvaises, mais graisseuses. On a acheté un foulard bleu auprès d'une vendeuse qui nous a d'abord demandé 2 000 DJF, puis accepté 800 DJF après négociation. Une galère classique du tourisme. La Grande Mosquée et le Boulevard de la RépubliqueLe 3e jour, levés à 5h30 pour voir le lever du soleil depuis la corniche près de la Grande Mosquée. L'eau du Golfe d'Aden était d'un bleu-gris presque métallique, froide au toucher (nous nous y sommes trempé les mains). La Grande Mosquée elle-même, avec ses dômes blancs et ses minarets élancés, se découpait contre l'aube orange. Impossible de la visiter (réservée aux fidèles), mais la vue de l'extérieur valait le coup. Petit-déjeuner au Café de Djibouti, établissement colonnial situé Place Lagarde, avec les noms des propriétaires français peints sur la façade. Café au lait à 400 DJF (2,30 euros), pain perdu djiboutien légèrement sucré : saveur singulière, presque agréable. Le garçon qui nous servait regardait constamment dehors, d'un air ennuyé. Îles et déserts alentourExcursion vers l'île de Moucha le 5e jour : nous avons pris un bateau de pêcheurs depuis le Port de Djibouti à 7h du matin (2 500 DJF par personne pour la journée). Le capitaine, ancien marin de guerre érythréen, parlait peu mais conduisait avec assurance. L'eau était turquoise, presque transparente. On a croisé des bancs de poissons-perroquets et des coraux jaunes. Baignade à 10h : température de l'eau environ 28°C, très salée, sensation visqueuse désagréable qui restait sur la peau. Déjeuner sur l'île : riz cuit à la vapeur avec poisson braisé (environ 1 200 DJF, 7 euros). Le poisson était sec, honnêtement. Moment marquant : alors que nous quittions l'île en fin d'après-midi, le moteur du bateau a calé. Panne de 40 minutes, silence pesant, soleil qui cognait. On regardait les autres îles au loin sans pouvoir s'en rapprocher. Finalement redémarrage, tout le monde applaudissait (sauf moi, qui stressais). Lac Abbé et terres volcaniquesLe 6e jour, excursion terrestre vers le Lac Abbé, situé à 80 km au sud-ouest de Djibouti-Ville (visite organisée via l'hôtel, 3 500 DJF par personne avec minibus). Paysage lunaire absolu : colonnes géothermales de calcaire gris qui surgissaient du sol comme des cheminées abandonnées. L'odeur de soufre était omniprésente, légèrement nauséabonde. Température : 47°C à midi. Le guide nous a expliqué que le lac était aussi une zone frontalière éthiopienne, raison pour laquelle les checkpoints militaires ponctuaient la route. Au Restaurant Chez Ali, petit établissement non loin du lac (table en plastic, électricité intermittente), nous avons mangé une salade djiboutienne à base de tomate, oignon et coriandre fraîche : 600 DJF (3,50 euros). C'était le plat le plus frais du voyage. Ali lui-même, cuisinier octogénaire avec un accent érythréen prononcé, nous a raconté qu'il tient ce resto depuis 1994. Retour et derniers repèresLes derniers jours ont été consacrés à flâner sur l'Avenue Georges Clemenceau, où nous avons trouvé un petit bar, le Sunset Club, avec vue sur le golfe. Bière Castel djiboutienne à 1 500 DJF (8,50 euros), tarif touristique assumé. Un musicien jouait de l'oud aux alentours de 18h. Son instruments produisait des sons mélancoliques, presque éraillés, qui collaient bien à l'atmosphère du coucher de soleil. Vol retour le 8e jour à 10h15 via Ethiopian Airlines (à l'heure, contrairement aux rumeurs). Nous avons acheté des articles à l'aéroport : poivre de Djibouti (sachet de 100g à 1 800 DJF), herbes aromatiques locales.
Les bons plans repérés sur place.
Île de Moucha : baignade et coraux colorés, départ à 7h du Port de Djibouti
Lac Abbé : colonnes géothermales lunaires, à 80 km au sud-ouest (paysage hallucinant)
Marché Hamar : rue de Marseille, odeur des épices, samossas à 300 DJF
Grande Mosquée au lever du soleil (5h30) : vue depuis la corniche
Café de Djibouti sur Place Lagarde : pain perdu djiboutien et atmosphère coloniale
Et au final.
Djibouti reste une destination peu fréquentée, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. Les paysages désertiques et volcaniques valent vraiment le détour, la chaleur est coriace mais gérable en buvant énormément. En revanche, l'offre touristique est limitée, les transports peu fiables, et les prix élevés par rapport au contexte local. On ne regrette pas d'y être allés, mais on ne reviendrait probablement pas.