Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à 14 h 30 à l'aéroport international de Djibouti-Ambouli avec une température écrasante : 38°C à l'ombre. L'odeur de fuel et de sable chaud nous a saisi dès la sortie de l'avion. Le taxi depuis l'aéroport (environ 800 FJD, soit 4 euros) nous a menés au centre-ville en 20 minutes, à travers des rues poussiéreuses où circulent surtout des Toyota Corolla des années 90. Nous avons dormi trois nuits à l'hôtel Sheraton Djibouti, chambre 412, avec vue sur le port du golfe d'Aden. Petit-déjeuner buffet à 35 euros, correct mais répétitif. Le premier matin, levé à 5 h pour voir le lever du soleil depuis la corniche : le ciel est passé du violet au rose en 15 minutes, et on entendait les appels à la prière de la mosquée Hamoudi à peine audibles sous le vent qui montait du détroit. C'était un de ces moments où on comprend pourquoi les gens s'arrêtent pour regarder. Le marché de Djibouti-Ville, près de la Place Hassan Gouled, nous a frappés par son bruit et ses odeurs de poisson fumé. Malgré notre intérêt touristique manifeste, un vendeur nous a demandé le double du prix pour un sachet de dattes : 5 euros au lieu de 2. Nous avons refusé poliment. Le même marché proposait des oignons rouges à 300 FJD le kilo et des mangues à 400 FJD, mais aucune indication d'horaires. Nous y sommes retournés deux jours de suite avant de trouver la section textile. Le lac d'Aden (Lac Assal)Excursion organisée par l'hôtel le jour 3. Départ à 8 h 30 dans un minibus Hyundai conduit par Ali, chauffeur depuis 12 ans. Route côtière vers le sud pendant 90 minutes, avec des arrêts photos réguliers que nous aurions préférés plus courts. Le lac Assal est le point le plus bas de la Terre (153 mètres sous le niveau des mers), et c'est vrai qu'on flotte comme du liège dans son eau ultra-salée. Nous avons senti la croûte de sel sous nos pieds, très fine mais inconfortable en sandales. L'odeur du soufre était prenante, pas désagréable mais insistante. Repas au restaurant La Plage (seule option à proximité), crevettes grillées pour 45 euros avec du riz blanc et citron frais. Le goût était excellent, poisson juste cuit. Baie de Tadjourah et flamants rosesJour 4, départ pour le village de Tadjourah à 7 h. Bus local numéro 14 depuis la gare routière de Djibouti-Ville (tarif 600 FJD, 3 euros, trajet 3 heures). L'autobus sentait le diesel et l'eau de Cologne bon marché. Un homme assis à côté de nous a mangé des œufs durs puants qui ont parfumé tout le véhicule pendant 45 minutes. La baie elle-même nous a offert ce qu'on cherchait : des centaines de flamants roses en train de se nourrir dans les eaux peu profondes. Nous les avons observés depuis la plage du village, vers 16 h 00, quand la lumière commence à baisser. Pas d'infrastructure touristique à Tadjourah, juste quelques pêcheurs et une petite épicerie tenant lieu de café. Thé à la menthe (200 FJD) servi dans un verre chaud, sucre en morceaux à tremper dedans. Nous avons dormi à Tadjourah au gîte Chez Mama Aïcha, chambre très basique mais propre (30 euros la nuit), et l'eau chaude était inexistante. Une galère mémorable : le jour 5, notre réservation pour l'excursion à l'île de Moucha a été annulée sans préavis (tempête locale). Le guide s'est excusé en français cassé mais sincère. Nous avons changé de plan et visité le marché de poisson à 6 h 30 le matin suivant. L'odeur était à la limite du supportable, mais l'énergie des vendeurs avant le lever du soleil valait le détour. Les thons entiers se vendaient 3000 FJD (15 euros) pièce. Restaurant le plus mémorable : « Le Vieux Port », rue Harar, Djibouti-Ville. Plat de poulpe à la plancha pour 32 euros, portions généreuses. Le propriétaire, Laurent, parle français et nous a raconté 30 ans de vie à Djibouti sans qu'on demande. C'était agréable en tant que pause.
Les bons plans repérés sur place.
Lac Assal à 153 m sous le niveau des mers : flottez dans l'eau hypersalée et observez les minéraux cristallisés au bord
Marché de Djibouti-Ville près de Place Hassan Gouled : marchandez avant d'acheter, les prix affichés ne sont jamais définitifs
Baie de Tadjourah en fin d'après-midi (vers 16 h) : flamants roses en masse et absence totale de touristes
Aéroport Djibouti-Ambouli : arrivée rapide, sortie facile, pas de corruption notée
Restaurant Le Vieux Port rue Harar : poulpe frais et propriétaire accueillant qui accepte paiement en euros ou FJD
Et au final.
Djibouti a été moins grandiose que prévu mais plus authentique. La chaleur et l'absence de tourisme de masse créent un vrai contraste avec le reste de l'Afrique de l'Est. Cela dit, les infrastructures touristiques restent limitées, et deux jours auraient probablement suffi.