Comment ça s'est passé.
J'ai débarqué à l'aéroport de Curaçao un mardi matin vers 9 h 30, après un vol de 9 h avec Insel Air depuis la Guadeloupe. La chaleur m'a saisi d'un coup : 32 °C et une humidité qui colle à la peau. J'ai loué une petite Suzuki Swift chez Avis pour 45 USD la journée (cher, oui, mais les taxis font des prix de fou). Willemstad m'a sauté aux yeux dès les premières rues. Les maisons du centre, autour de l'Handelskade, sont peintes en rose bonbon, jaune vif, bleu océan. Ce n'est pas une décoration de carte postale : c'est du béton des années 1950-1960 repeint chaque année. L'odeur de sel marin se mélange à celle des gaz d'échappement des petits bus rouges qui passent partout. J'ai entendu de la musique salsa sortir d'une ruelle à 10 h du matin, d'un bar qui venait tout juste d'ouvrir. Le premier coup dur : j'ai voulu visiter le musée Kura Hulanda (entrée 10 USD), un ancien bâtiment d'esclaves reconverti. Fermé le mardi. Pas une plaque à la porte, c'est écrit petit sur Google. Perte de temps et de carburant. J'ai décidé de me venger en explorant le reste sans plan précis. J'ai mangé au marché aux fruits et poissons d'Otrobanda (rive ouest), juste à côté du pont Queen Emma qui bascule pour laisser passer les bateaux. Les vendeurs vendent des bananes plantain, des papayes vertes, des poissons que je ne reconnaissais pas. Un morceau de poisson ceviche avec du riz blanc m'a coûté 8 florins (4,50 EUR environ). C'était frais, acide du citron qui pique le nez, du sel partout. Un type m'a essayé une arnaque classique : me proposer un « tour privé » des plages secrètes pour 80 USD. J'ai refusé net. Les arnaqueurs à Curaçao, c'est comme les petits crabes des plages : partout. Les plages ici sont minuscules et coincées entre des zones résidentielles. Pas celle de Rif ou Seaquarium Beach qui coûtent 5 USD l'entrée chacune. J'ai préféré celle de Cas Abao au nord-est, à 30 minutes de voiture. Sable fin, eau turquoise à 28 °C, peu de monde le jeudi matin. J'ai nagé jusqu'à 11 h, les pieds dans le corail. Une seule piqûre d'oursins : douleur rapide, pas grave. Le restaurant à côté (Cas Abao Beachbar) m'a vendu un burger de mahi-mahi pour 16 USD. Bon. Pas exceptionnel. J'ai dormi trois nuits à l'hôtel Kurá Kaliña (dans Otrobanda), 70 USD la chambre avec clim. Propre, wifi moyen, patron sympa. Les deux dernières nuits, j'ai pris un Airbnb à Punda pour 65 USD, mais le propriétaire ne m'a pas dit que ma fenêtre donnait sur une ruelle avec des poubelles vidées à 6 h du matin. C'était bruyant. J'ai mal dormi. La Pontje Brug (petit pont piéton reliant Punda et Otrobanda) m'a permis des balades gratuites. Vue sur les maisons colorées qui se reflètent dans l'eau verte du port. Les bateaux de pêche jaunes et bleus passent à côté. La nuit, les illuminations des maisons donnent une ambiance de film, mais c'est juste du banal touristique à la fin. Les habitants locaux ne prennent même pas de photos ici. J'ai visité la Synagogue Mikve Israel-Emanuel (8 USD), la plus vieille du monde occidental (1732). Petit, intime, vraiment intéressant pour comprendre l'histoire juive des Caraïbes. Le sable du sol n'est pas esthétique : c'est du sable apporté d'Afrique du Nord, censé rappeler l'Égypte antique. Détail qu'on oublie en lisant les guides. Les restaurants à Willemstad sont chers. Un bon resto du port (Biga) demande 25-35 USD le plat principal. J'ai mangé des brochettes de chamois au marché (8 USD, délicieux) et du pain avec du fromage acheté à la supérette. C'était mon régime pour économiser. Les locaux font pareil. J'ai pris un bus de la ligne 1A (rouge et bleu, 2,50 USD) jusqu'à Westpunt pour voir le point nord de l'île. Route sinueuse, chauffeur fou (merci les petits bus sans limite de vitesse), vue sur la mer des deux côtés. Pas grand-chose à faire là-bas : un bar fermé, deux petites maisons. C'était un piège. Au moins, le trajet en lui-même était une expérience.
Les bons plans repérés sur place.
Handelskade, Willemstad : les maisons colorées au lever du soleil (levé à 5 h 45, personne d'autre dans les rues)
Cas Abao Beach au nord-est : sable fin, eau claire, petit restaurant avec bon mahi-mahi à 16 USD
Marché aux fruits d'Otrobanda : ceviche frais à 8 florins, odeur de poisson et citron, vendeurs qui parlent papiamento
Synagogue Mikve Israel-Emanuel : petite mais chargée d'histoire, 8 USD, le sable du sol vaut le détour
Bus rouge de la ligne 1A jusqu'à Westpunt : 2,50 USD, route folle, vue mer des deux côtés, vrai sentiment local
Photos — Willemstad, Curaçao
Et au final.
Curaçao, c'est beau, oui, mais survendu. Les couleurs des maisons, c'est réel. Les gens, accueillants malgré quelques arnaqueurs. Par contre, les plages sont petites, l'île est petite, et on boucle vite. Après 10 jours, j'avais déjà tout vu. Les prix touristiques écorchent. Je reviendrais pour plonger (pas eu le temps), mais en tant que destination « relaxante », c'est moyen : trop de circulation, trop de béton en dehors du centre.
