Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Keflavik un mardi 6 h du matin après un vol Wizz Air de 4 h 30 depuis Lyon. La température était 3°C, le ciel gris acier. Pas de traînée d'excitation hollywoodienne, juste de la fatigue et une file d'attente aux douanes. Nous avons loué une Hyundai i30 chez Hertz pour 420 EUR la semaine et pris la route 1 direction Reykjavik. Première halte : le Blue Lagoon. Oui, on sait, c'est le piège touristique classique. Mais nous voulions tester. Entrée 65 EUR par personne à 10 h 30. L'eau chaude (39°C) était effectivement agréable, le contraste avec l'air glacé sur le visage était frappant. Ce qu'on ne dit pas : c'est blindé de Chinois avec des selfie-sticks, l'eau sent le soufre à vous dessécher les muqueuses, et la bière au bar coûte 14 EUR. Nous avons quitté après 2 heures. Reykjavik et ses petites découvertesLa capitale nous a surpris. Nous avons logé à la guesthouse Hótel Borg près de la Laugavegur (rue principale), chambre double 140 EUR la nuit. Petit déjeuner inclus : pain de seigle noir, fromage blanche, harengs marinés. Coûteux mais supportable. Le soir, nous avons mangé chez Solon Islandus : soupe de poisson 18 EUR, agneau rôti 35 EUR. Le restaurant empestait la friture, mais la nourriture était bien cuite, les portions généreuses. Moment marquant négatif : tentative de sortie en bus pour l'aurora hunt à 21 h. Nous avons acheté les billets 89 EUR à deux auprès d'une agence de Laugavegur. Le bus est arrivé 45 minutes en retard. Le guide (Jón, assez grognon) nous a emmenés vers la réserve de Þingvellir, mais les aurores ont refusé de se montrer. Nous avons attendu 2 h 30 dans le froid à -8°C. Pas de remboursement, évidemment. Le Golden Circle : geysers et cascadesJour 4, nous avons loué un minibus et un driver local (Gunnar, 70 EUR/jour) via AirBnB. Direction Geysir. Le Strokkur lance son eau bouillante tous les 7 minutes environ à 60 mètres de hauteur. Nous étions là à 11 h 45, c'était encore raisonnable en termes de monde. La vapeur brûlante (87°C) nous a givré les lunettes en secondes. L'odeur ? Soufre pur, acide, qui pique le nez. Puis Gullfoss. Cascade massive, eau glacée qui se jette dans un canyon. Gunnar nous a expliqué que l'eau vient du glacier Langajökull. Nous avons payé un parking au café Gullfoss Café : 5 EUR pour 3 heures. Kebab islandais là-bas : 16 EUR, réchauffé, pas terrible. Þingvellir était notre troisième étape. Parc national impressionnant, on marche entre deux plaques tectoniques. Entrée gratuite. Nous sommes descendus dans une fissure volcanique humide, les roches sentaient le minéral et l'humidité. Très beau, mais très touristique aussi. La côte sud et sa galère logistiqueNous avons tenté une journée sur la Route 1 vers Vik. Arrêt à la cascade de Seljalandsfoss : gratuit, mais stationnement 5 EUR. Nous avons marché jusqu'à la grotte derrière. L'eau qui tombe projette un froid humide qui traverse les vêtements. Pantalons trempés. Pas agréable. Vik : nous avions réservé une chambre à Hótel Laki pour 125 EUR. À notre arrivée, ils nous ont dit qu'il n'y avait pas de place, overbooking. Nous avons dû nous rabattre sur une petite maison de vacances sur Airbnb trouvée in extremis : 155 EUR, moins confortable, mais nous avons dormi. C'était une galère de 2 heures pour contacter quelqu'un. La plage de sable noir de Reynisfjara valait le coup. Sable volcanique fine, vagues agressives. Nous n'avons pas osé y entrer. Le café voisin vendait un très bon café (4,50 EUR) et des petits gâteaux islandais. Retour vers Reykjavik et bilanNous avons roulé jusqu'à Stykkishólmur sur la presqu'île de Snæfellsnes le jour 8. Route 54, sinueuse. Petit village tranquille, très peu de touristes. Nous avons mangé au restaurant Hið Kleina : soupe de fruits de mer 22 EUR, délicieux, viande tendre. L'hôtel Hótel Stykkishólmur : 110 EUR/nuit, vue sur la baie. Jour 9 et 10, nous avons exploré à pied les alentours, pris des photos de la montagne Kirkjufell (tout le monde le fait, le point est évidemment saturé de touristes). Nous avons loué des kayaks de mer pour 2 heures : 55 EUR chacun. Cela valait vraiment le coup : seuls sur l'eau, silence, froid de -2°C, vue sur les montagnes. Retour à Reykjavik. Dernier repas au café Breiðablík : hamburger islandais 17 EUR, plutôt bon. Vol retour Wizz Air décalé de 1 h 15 (pas de compensation, compagnie budget).
Les bons plans repérés sur place.
Strokkur à Geysir : arriver avant 12 h pour éviter la queue, apporter serviettes (eau brûlante projette partout)
Gullfoss : gratuit si vous marchez depuis le bas du canyon ; café sur place avec parking 5 EUR
Kayak de mer à Stykkishólmur : 55 EUR/pers, 2 h, moins saturé que le reste
Hótel Borg à Reykjavik : bon rapport qualité-prix à 140 EUR, petit-déj incluant hareng mariné
Plage Reynisfjara : sable noir volcanique impressionnant, ne pas y entrer (courants dangereux)
Photos — Reykjavik et région du Golden Circle
Et au final.
L'Islande, c'est vrai, ça vaut le détour. Les paysages sont durs, minéraux, mémorisables. Mais le tourisme de masse dénature les sites majeurs, et les prix (surtout restauration, hébergement) font mal au portefeuille. Nous avons préféré les zones moins connues (Stykkishólmur, kayak de mer) aux pièges (Blue Lagoon, Aurora tours non garanties).
