Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Keflavik le 15 février à 11 h, transgelés. Le vol Icelandair WS67 depuis Paris-CDG avait 45 minutes de retard à cause du givre. L'aéroport sent le café cher et le cuir des dutyfree. En prenant la navette Flybus (5 990 ISK pour deux, soit environ 40 euros), on s'est demandé pourquoi tout coûtait deux fois plus cher qu'à Paris. Premier stop : l'hôtel Fosshótel Reykjavik, bien placé près de la rue Laugavegur. Le type à la réception nous a dit que les aurores boréales « peut-être pas cette semaine » avec un sourire qui en disait long. Jour 2, on s'est levés à 6 h pour traîner jusqu'à Höfði, le petit parc blanc en bordure de baie. Temperature : -3°C, vent à vous arracher les yeux. On a croisé un groupe de touristes australiens qui faisaient des selfies devant le même paysage gris-bleu. Le Hallgrímskirkja (l'église, pas l'entrée payante au sommet) se dressait derrière nous, imposant sans être beau. On a petit-déjeuné au Café Loki (rue Lokastígur) : un smørrebrød islandais avec du hareng fumé à 2 800 ISK (18 euros). Le goût salé, presque métallique, du poisson cru préparé ce matin-là m'a rappelé pourquoi les Vikings vivaient ici, pas ailleurs. Le moment marquant : jeudi matin, on s'est baladés au Blue Lagoon (Blaa Lagin en islandais, classé touristique mais on y est allés quand même). On avait réservé le créneau 10 h, l'eau à 38°C, et paradoxalement, c'était moins cher d'y aller tôt (6 590 ISK, 44 euros). L'eau tellement bleue qu'on se demandait si c'était pas du colorant alimentaire. On s'est baignés pendant 45 minutes avec environ 200 autres touristes du monde entier. Peau qui pique légèrement en sortant, sensation de savon blanc sur la peau, c'était l'inverse du ressenti qu'on attendait. Mystérieux. Jour 4, galère majeure : on avait loué une voiture chez Hertz à l'aéroport (Hyundai i30, 12 500 ISK/jour). On voulait faire la « Route du Cercle d'Or » en une journée : Þingvellir, Geysir, Gullfoss. Checkpoint 1, Þingvellir (50 km sud-est) : on a payé 750 ISK pour le parking. Le canyon entre les plaques tectoniques existe, c'est vrai, mais en février c'est surtout de la boue gelée et des touristes chinois qui crient sur leurs drones. On a marché 20 minutes, vu la faille, pris la photo obligatoire. Checkpoint 2, Geysir : on s'est arrêtés au Geysir Center (sombre, cher, déjà vu). Le geyser Strokkur crache de l'eau bouillante à environ 30 mètres de hauteur toutes les 5-10 minutes. On a attendu 15 minutes, on a vu trois éruptions, le bruit sec et le léger nuage de vapeur brûlante, ça valait le coup. Café au Geysir Café juste à côté : un chocolat chaud à 1 800 ISK (12 euros), amer, réchauffant. Checkpoint 3, Gullfoss : les chutes d'eau sont énormes, vraiment. On s'est rapprochés à 20 mètres, l'humidité froide qui vous trempe le visage, le bruit du flot qui résonne dans la poitrine. Retour à Reykjavik à 18 h, épuisés, avec une facture essence à 8 500 ISK (57 euros). La galère ? On s'était trompés de route en quittant Gullfoss, rajouté 45 minutes sans raison. Vendredi, jour des aurores. On a tenté une excursion à 21 h30 avec Arctic Explorers (réservation en ligne, 129 euros/personne). Minibus, 8 touristes, chauffeur appelé Jón. On a roulé 2 heures vers le Nord, direction le Parc national de Snæfellsjökull. Température : -7°C en sortie du minibus. Jón nous a montré Orion, Vénus, la Voie lactée. Zéro aurore. Il a dit « c'est normal, c'est la chance ». On a attendu une heure debout sur un champ glacé. Rien. On est rentré à Reykjavik vers 1 h du matin, sans aurore, un peu déçus, pas du tout émervei... frustrés, clairement. Dernier soir, restaurant Dill Rettir (rue Laugavegur, central). Agneau local à la sauce myrtille, 4 200 ISK (28 euros). Viande tendre, le jus acidulé, c'était le meilleur repas du voyage. Bar Ananas juste après, rhum local, ambiance étudiants islandais qui parlent anglais mieux que nous. Bilan : l'Islande, c'est réel, pas une arnaque touristique. Mais en février, les aurores ne sont pas garanties, c'est cher partout, et si vous n'aimez pas le poisson, c'est compliqué. On a adoré la géographie absurde du pays, les gens directs, la sensation physique du froid et du vent. On reviendra, mais en septembre prochain.
Les bons plans repérés sur place.
Blue Lagoon, créneau 10 h du matin (moins de monde, eau à 38°C) : 6 590 ISK
Gullfoss, les chutes d'eau (gratuit, parking 750 ISK, spectaculaire même sous gris)
Strokkur Geysir à Geysir Center : voir au moins deux éruptions, l'eau qui crache à 30 m
Café Loki rue Lokastígur : smørrebrød au hareng fumé, goût authentique, 2 800 ISK
Dill Rettir restaurant : agneau islandais, réserver à l'avance (complet 3 soirs sur 5)
Photos — Reykjavik et Sud-Ouest islandais
Et au final.
L'Islande ne nous a pas déçus, mais elle n'a pas livré les aurores promies. Les paysages sont réels, la nourriture chère, les gens gentils. À prévoir : plus de jours, une meilleure météo, et accepter que les photo des brochures, c'est pas pour vous.
