Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Vienne-Schwechat un mercredi matin vers 9 h 30, complètement groggy après 2 h 30 de vol Austrian Airlines depuis Lyon. Le taxi jusqu'à notre hôtel (l'Urania proche de la Ringstrasse) coûtait 16 euros, ce qu'on trouvait raisonnable avant de découvrir qu'un Uber aurait coûté presque moitié moins. Première galère d'une semaine. Dès le jeudi, on s'est lancés dans les marchés de Noël. On a pris le U-Bahn ligne U2 depuis notre station Schottenring (un ticket jour à 8 euros) jusqu'à Stephansplatz. La cathédrale Saint-Étienne surplombait le marché Weihnachtsmarkt Stephansplatz. L'odeur des châtaignes grillées et du vin chaud épicé (le Glühwein à 5 euros le verre) me reste collée aux vêtements. On a mangé des Krapfen aux prunes pour 3 euros chacun — des sortes de beignets potelés qui dégoulinent de confiture. C'était sucré à mort et absolument délicieux. Le samedi, on visait le Schönbrunn. On avait lu que c'était monumental, mais voir 1 441 pièces en une matinée (tarif : 15 euros pour le Grand Tour) laisse beaucoup de brouille dans la tête. Ce qui m'a vraiment marquée, c'est le moment où on s'est perdus dans la Galerie des Miroirs — une petite fille d'une douzaine d'années nous a montré le chemin sans qu'on lui demande, simplement parce qu'on avait l'air désorientés. Un geste banal mais qui fait du bien quand on est étrangers. Décembre en Autriche, c'est froid. Vraiment froid. Levés à 5 h 45 le dimanche pour voir le lever de soleil sur le Danube depuis le pont Reichsbrücke — une idée stupide qui s'est avérée semi-concrétisée. Il faisait moins 2 degrés, les doigts gourds, pas d'aurore spectaculaire mais une lumière gris pâle qui se diffusait sur l'eau gelée. Pas transcendant, mais on y était. Concernant les restaurants : on n'a pas fait de gastronomie haut de gamme. On a préféré les Würstelstand (petits kiosques à saucisses) et un repas au Café Central le lundi midi. Ce dernier (sur la Herrengasse) servait un Wiener Schnitzel pour 18 euros — une escalope de veau panée monstrueusement grande. Le café était servi dans un verre d'eau minérale glacée sans demander (c'est la coutume autrichienne). Moins bon que prévu, honnêtement. Mardi, on a raté notre visite à la Hofburg à cause d'une grève partielle du U-Bahn : les lignes U4 et U5 n'étaient pas en service ce jour-là (on l'a su en arrivant à la station). On a dû prendre le tramway 1 et marcher 20 minutes supplémentaires. C'était agaçant et on n'avait pas le temps d'y aller correctement après. L'info n'était pas affichée nulle part la veille. Le jeudi, dernière tentative : on a visité l'opéra d'État (Staatsoper). L'extérieur en Renaissance néo-italienne était net et doré sous le soleil blanc de décembre. On n'a pas pu assister à un spectacle (places saturées et tarifs au-delà du budget — 40 euros minimum pour les places debout), mais la visite guidée (15 euros) valait le coup rien que pour les dorures du grand foyer et les rouge velours des balcons. La guide nous a fait sentir le parfum des boiseries centenaires — une odeur de miel et de cirage qui collait à la peau. On a loué un appartement Airbnb pour les trois dernières nuits (85 euros la nuit avec nettoyage), ce qui était meilleur marché que l'hôtel et plus authentique. Le quartier Wieden n'était pas central mais on y trouvait des petits restos sans touristes excessifs. Dernière soirée au Café Sperl (depuis 1880) — un endroit où les tables en marbre blanc n'avaient pas changé depuis probablement 70 ans. Billard, lecture, silence relatif. Un Melange (espresso avec lait mousseux servi en verre) à 4,20 euros. C'est ça que j'aurais voulu faire chaque jour.
Les bons plans repérés sur place.
Marchés de Noël Stephansplatz : châtaignes grillées et Glühwein à 5 euros
Palais Schönbrunn, Grand Tour : 1 441 pièces, 15 euros, prévoir 3-4 heures sans burnout
Café Central (Herrengasse) : Wiener Schnitzel monumental, verre d'eau glacée inclus
Ponts sur le Danube (Reichsbrücke) : levé à 5 h 45 pour la lumière grise de l'aube
Café Sperl (Wieden) : billard depuis 1880, Melange à 4,20 euros, patineur sur place
Et au final.
Vienne en hiver, c'est bien — les marchés de Noël valent vraiment le détour et les cafés historiques vous font sentir le poids des années. Mais c'est aussi une ville touristique chère avec ses galères de transports en commun et ses musées surpeuplés. On reviendrait en avril-mai pour contourner la foule de décembre.







