Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Vienne le 15 janvier en fin d'après-midi, après un vol ÖBB Austrian Airlines de trois heures depuis Lyon. Le terminal 3 de l'aéroport était bondé, nous avons dû attendre 45 minutes à la douane. Mauvais signe pour débuter, mais nous avons pris le bus 20 pour rejoindre le centre-ville en 25 minutes pour 3,60 euros. Les premiers jours : Stephansdom et ses détours L'hôtel Wandl, petite maison de trois étages cachée Petersplatz, sentait le bois ciré et le café moulu du hall d'entrée. Nous y avons déposé les bagages et quitté aussitôt pour la cathédrale Saint-Étienne. Levés à 6h30 le lendemain pour éviter la foule, nous nous sommes retrouvés presque seuls sous les voûtes gothiques — l'air était glacial, environ 2°C. Le sol en marbre résonnait sous nos pas. Entrée à 6 euros, montée à la tour nord : 218 marches pour atteindre 56 mètres de hauteur. Cruelle découverte : la majorité du chemin était fermée pour rénovation. Déception légitime, mais la vue depuis le clocher partiel restait convenable. Nous avons pris le tram D (ligne historique depuis 1865) pour rejoindre Schönbrunn. Billet 2,40 euros pris aux distributeurs Wiener Linien. Le palais lui-même coûtait 18,50 euros l'entrée simple. Nous avons traversé les salons Rococo, l'odeur de cire à meubles nous a suivis pendant deux heures. Le moment marquant : dans la chambre de Marie-Antoinette, une guide autrichienne expliquait en allemand à ses touristes comment la reine enfant y avait pratiqué le clavecin. Quelque chose dans cette accumulation de détails minuscules — les traces des pieds de la table, la fenêtre donnant sur les jardins — a rendu soudain ce passé très concret. Les galères et les découvertes Samedi matin, grosse déception : nous avons tenté l'entrée du Hofburg, résidence d'hiver des Habsbourg. Le musée d'Histoire naturelle était en travaux jusqu'en avril. Nous avons dû nous contenter des appartements impériaux, 15 euros, plutôt décevants — beaucoup de velours fané et d'explications en mauvais anglais. Moment moins glorieux de nos vacances. Les cafés, eux, ont été notre refuge. Au Kleines Café (Franziskanerplatz), une tasse de Wiener Melange (café au lait autrichien) coûtait 3,80 euros. Le goût était riche, savonneux presque, avec une mousse épaisse. Nous y avons passé quatre heures sur trois jours à observer les Viennois — personne ne parlait fort, beaucoup lisaient le journal. Le serveur avait le même costume noir depuis 1987, probablement. Au Hawelka (Naglergasse), plus ancien café de la ville (depuis 1952), nous avons mangé leurs fameux Buchteln aux prunes, des petits pains fourrés légèrement sucrés, 4,50 euros. L'endroit sentait la vanille et la fumée de cigarettes — oui, les Autrichiens fument encore tranquillement au café, c'est déconcertant. Pour les repas principaux, nous avons testé Plachutta (Wollzeile) pour le Tafelspitz, le pot-au-feu autrichien. 28 euros le plat avec bouillon et légumes. Texture du bœuf parfaite, tendre après trois heures de cuisson. Mais le restaurant était devenu un piège à touristes — musique légère programmée, tables collées les unes aux autres, serveuses qui faisaient le tour de table toutes les trois minutes avec un sourire plastifié. Marché et art Le Naschmarkt, marché couvert depuis 1905, était vraiment bondé le jeudi. Nous avons navigué entre les étals de paprika hongrois, les fromages, les herbes. Nous avons acheté des Melange-Kipferl (petits pains aux amandes) chez Gerstl pour 1,80 euros chacun. L'acoustique du marché était surréaliste — criailleries des vendeurs, choc des caisses enregistreuses, musique turque en arrière-fond. La Secession, musée dédié au mouvement Jugendstil, méritait son entrée 10 euros. Nous avons vu la fameuse frise de Klimt, le Beethovenfries. Mais honnêtement, les photographies reproduisaient déjà 90% de l'expérience. Le bâtiment jaune à façade dorée restait impressionnant vue de l'extérieur. Dernier jour, visite au Kunsthistorisches Museum. Trop grand, trop d'oeuvres, trop de monde. Nous avons craqué après deux heures. Entrée 16 euros, sortis frustrés.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Stephansdom (Stephansplatz) — arrivez avant 7h, avant les groupes de tourisme organisés
Café Hawelka (Naglergasse 13) — Buchteln aux prunes, pas d'électricité jusqu'aux années 1960, odeur de vanille immanquable
Palais de Schönbrunn — moins de monde en fin d'après-midi (après 16h), tram D direct depuis Karlsplatz
Naschmarkt — vendeurs d'herbes et paprika hongrois, jeudi moins chaotique que le samedi matin
Musée de la Secession — 10 euros, le Beethovenfries de Klimt et l'architecture Jugendstil dorée de la façade
Photos — Vienne
Et au final.
Vienne vaut le détour pour ses cafés et Schönbrunn, mais c'est surtout une ville de passage qu'on visite par obligation. L'hiver rend tout gris et étouffant. Les musées sont trop prisés, les restaurants touristiques gonflent les prix. Nous y retournerions, mais pas en janvier.








