Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Split le 3 juin vers 14h30. Température déjà écrasante : 28°C avec cette humidité méditerranéenne qui colle à la peau. J'ai pris le bus n°37 direction centre-ville pour 15 dinars. Le chauffeur parlait français, ce qui m'a étonnée. Le palais de Dioclétien se dresse littéralement au milieu de la ville moderne – on y entre par des petites ruelles où les habitants étendent leur linge entre les colonnes romaines du IVe siècle. Surréaliste. Les premiers jours, j'ai logé à l'hôtel Adriana (chambre double 3500 dinars la nuit, petit-déj inclus). Juste en face, le marché Ribarnica : l'odeur du poisson frais et des citrons le matin, des vendeurs qui criaient les prix. Un calamar grillé à la terrasse du Konoba Varos m'a coûté 280 dinars. C'est bon, simple, salé juste comme il faut. Les tomates avaient un vrai goût. Dubrovnik : l'arnaque des taxis et les remparts à l'aubeJ'ai pris un minibus privé (Autobusni kolodvor d'Autotrans) pour Dubrovnik : 6 heures, départ 7h15. Assis serré, pas climatisé vraiment, mais la route côtière était spectaculaire. Arrivée vers 13h30. Le chauffeur de taxi de l'agence m'a surfacturé pour aller à mon gîte (400 dinars au lieu des 150 habituels) – j'ai compris trop tard que je venais de me faire avoir. Énervant. J'ai dormi à la Guest House Angelina, rue Antuninska (petit ruelle pavée). 2800 dinars. De là, je pouvais accéder aux remparts par l'entrée ouest. Me lever à 5h15 pour le lever de soleil sur la mer Adriatique depuis le bastion Bokar : la lumière rasante sur le calcaire blanc, le silence juste brisé par les mouettes. C'était intime, pas touristique encore. C'était ce moment-là. Café du matin chez Medusa (rue Placa) : cappuccino 85 dinars, burek au fromage 120 dinars, sucré et cassantRestaurant Nuit au cœur de la vieille ville : poisson du jour (sole locale) 450 dinars, vin blanc croate 200 dinars, servi dans des verres épaisMarché local (Gunduliceva Poljana) : raisin blanc à 3 dinars les 100g, miel artisanal, fromage de brebis de PeljesacLes îles : Hvar et Korcula en bateauFerry Jadrolinija depuis le port de Dubrovnik. J'ai acheté mon ticket 240 dinars (catégorie pont, tarif local). La traversée vers Korcula dure 1h45. Odeur du carburant diesel mélangée à l'écume salée. Le vent avait un goût métallique. Sur le pont, des retraités allemands et quelques familles locales. Je me suis sentie vraiment voyageuse, pas en circuit touristique. À Korcula, j'ai grimpé jusqu'aux ruelles vénitiennes. Restaurant Morski Zalogajcic en bord de mer : palourdes grillées (buzara) 380 dinars, pain blanc chaud sortant du four du voisin. Le propriétaire m'a donné le numéro de bus n°3 pour accéder à la plage de Lombarda (très moins connue que les spots Instagram). Prix : gratuit. Hvar : plus touristique, tarif gonflé. Nuit à l'hôtel Riva (vieux, mais propre, 3200 dinars). Bar Gariful sur la place principale : rakija locale (eau-de-vie 50 cl pour 180 dinars), brûlante et herbacée, qui monte directement à la tête. J'ai parlé avec une serveuse qui m'a expliqué les tensions locales. La Yougoslavie, c'est compliqué. Les guerres des années 90, c'est encore frais ici. Retour et bilanDernier jour à Split : visite du Musée archéologique (billet 30 dinars). Objets romains, mosaïques, quelques explications en anglais. J'ai raté le bus retour et dû payer un taxi 280 dinars pour l'aéroport. Petit retard au vol, rien de grave.
Les bons plans repérés sur place.
Palais de Dioclétien (Split) : entrez tôt, 6h30, avant la cohue, entrez par la Peristyle nord
Marché Ribarnica à Split : samedi matin, calamars frits à la Konoba Varos, tester le vrai vin blanc de Peljesac
Remparts de Dubrovnik au lever du soleil : bastion Bokar, accès par l'est, apportez une bouteille d'eau
Ferry Jadrolinija pour Korcula : tarif local 240 dinars, plage Lombarda accessible par bus n°3, quasi déserte
Rue Antuninska à Dubrovnik : gîtes sans touristes, accès direct aux remparts, marchands de cerises fraîches (juin)
Et au final.
Douze jours intenses. Split et Dubrovnik, c'est réel, c'est beau, mais l'infrastructure touristique est parfois improvisée (pas mal d'arnaqueurs de taxi, horaires de bus fantaisistes). Yougoslavie, c'est un pays où les coutures du passé sont encore visibles dans les regards des gens. Pas de destination bling-bling, mais quelque chose qui colle à la peau.