Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à Split un mardi matin vers 9 h 30, après un vol Air France qui avait deux heures de retard. Le taxi depuis l'aéroport international Resnik nous a coûté 180 dinars (environ 35 euros à l'époque). Le chauffeur parlait à peine anglais et nous a fait tourner dix minutes de trop dans les petites rues du centre avant de trouver notre hôtel, l'Adriana, une pension de famille rue Sperun avec trois étoiles sur les vitres poussiéreuses. Dès le premier jour, nous avons grimpé les marches du Palais de Dioclétien. C'est fou, ce machin : construit au 3e siècle, vraiment construit dedans, dans la vieille ville. Des murs en pierre grise, tellement massifs, tellement vieux. On sentait l'humidité et la mousse, presque une odeur de cave même en plein soleil. Les ruelles autour du palais étaient étouffantes à midi. On y croisait des touristes allemands qui prenaient des selfies devant chaque coin de mur, et des habitants qui, eux, allaient simplement chercher leur pain chez Nadalin, la boulangerie historique, où on avait une burek salée pour 25 dinars. Les premiers vrais ennuis Le mercredi, on a pris un bus local (ligne 12, opéré par Prominho) pour Trogir, une ville côtière à 30 km. Le billet coûtait 10 dinars. Sauf qu'à la gare routière, personne ne savait vraiment quel quai, il y avait du chaos, des gens qui criaient en serbe-croate, des bus sans numéros apparents. Un type à côté de nous a prétandu parler français mais nous a dirigés vers le mauvais bus. On s'est rendu compte trop tard, on a dû descendre à Kastel Stari et attendre le suivant une demi-heure. Ça nous a énervés. La température était montée à 34 degrés. On avait chaud, soif. On a bu une eau gazeuse à la station, un demi-litre de Radenska pour 8 dinars, mais pas assez frais. Trogir, une fois arrivés, a valu le détour malgré tout. La vieille ville, entourée d'eau, ressemble à une île. Les murs de la cathédrale Saint-Laurent sont couverts de sculptures, d'une complexité dingue. On s'est assis à la terrasse du restaurant Konoba Trgacica, face à la mer, et on a mangé du squid grillé (lignje) avec du pain blanc, pour 85 dinars par personne. Le goût du citron frais sur le poisson, c'était bon. Vraiment bon. C'était notre meilleur moment culinaire du voyage. La péninsule de Marjan et les petites plages cachées Le jeudi et vendredi, on a exploré la péninsule de Marjan, à la limite ouest de Split. On y a accédé à pied, 45 minutes depuis l'hôtel en montant par la rue Setalisna. Les pins sentaient fort, presque écrasant sous le soleil. La pinède, c'est dense, c'est chaud, on transpire. On a trouvé deux petites plages : Bohe et Splitska Plaža, quasi vides en comparaison des plages principales. L'eau était froide, 19 degrés environ même en juin. On s'y est baignés une fois, rapidement. Les enfants qui jouaient sur la plage d'à côté nous ont regardés avec une sorte de suspicion amusée. Au marché central de Split (Gradska Pijaca), en bas de la Riva, on achetait fruits et légumes directs. Les vendeurs étaient chahuilleurs, sympathiques, on parlait avec les mains. Des fraises locales à 60 dinars le kg, des cerises rouges foncées.Nous avons mangé au restaurant Konoba Varos, petit établissement sans prétention, rue Tordincsina. La poulpe au four (hobotnica na peci) était tendre, servie avec du riz blanc. 95 dinars.L'Riva, la promenade côtière, était notre chemin de chaque fin d'après-midi. On prenait un café crème (marocain local) à la terrasse du Bar Ghetto pour 12 dinars et on regardait les bateaux de pêche se préparer pour la nuit. Samedi matin, levés à 5 h 30 pour attraper un bateau vers les îles Pakleni depuis le port de Hvar. On avait réservé auprès d'une agence touristique rue Marmontova. Le bateau était bondé, très ancré dans le réel, pas agréable. Il y avait un odeur de diesel et de poisson pourri. Le trajet a duré 90 minutes au lieu de 45 annoncés. Une autre arnaque yougoslave : le prix annoncé au départ (120 dinars) s'était transformé en 150 dinars « pour les taxes portuaires » qu'on nous a réclamées lors du retour. Sur l'île de Pakleni, on a essentiellement dormi sur le sable. C'était correct, mais rien de transcendant. Le snack-bar de la plage proposait des sandwiches au fromage blanc pour 40 dinars, mous et sans saveur. On regrettait les burekas de la veille. Retour et derniers jours Les deux derniers jours, on est restés à Split. On a revisité le Palais, cette fois en fin d'après-midi quand il y avait un peu moins de monde. Les pierres avaient une couleur plus chaude, presque dorée. On a dîné au restaurant Puska, spécialisé dans les grillades, rue Radojcica. Une assiette mixte (pljeskavica, cevapcici, pljeskavica de porc) pour 110 dinars. Riche, lourd, mais bon. Le dernier soir, on a pris un dernier café sur la Riva au coucher du soleil. Les mouettes criaient, les enfants jouaient près de l'eau. On sentait l'air marin, une mix de sel et de fuel des petits bateaux à moteur. C'était moment simple, sans prise de tête. On était content d'avoir été là.
Les bons plans repérés sur place.
Palais de Dioclétien, Split - entrez tôt (avant 8 h) pour éviter les groupes allemands
Marché central (Gradska Pijaca), Split - fruits frais, vendeurs directs, ambiance vraie
Restaurant Konoba Trogacica, Trogir - squid grillé face à la mer, 85 dinars
Péninsule de Marjan, petites plages Bohe et Splitska Plaža - quasi vides, eau froide
Café crème (marocain) à Bar Ghetto, Split - 12 dinars, terrasse sur la Riva en fin d'après-midi
Et au final.
Split et la côte dalmate m'ont plu, c'est une région avec de vraies choses à voir : le Palais antique, la mer, les petits villages. Les gens sont directs, pas franchement accueillants mais honnêtes. Par contre, le tourisme commence à être mal géré, les prix grimpent, et l'infrastructure routière/transports reste chaotique. Je déconseille les excursions en bateau organisées : cher, bondé, peu fiable. Revenir, oui, mais différemment.