Dix jours à Split et la côte dalmate : entre ruines romaines et chaos routier
CarnetYougoslavie202610 jours

Dix jours à Split et la côte dalmate : entre ruines romaines et chaos routier

Nous sommes arrivés à Split un mardi matin vers 9 h 30, après un vol Air France qui avait deux heures de retard. Le taxi depuis l'aéroport international Resnik nous a coûté 180 dinars (environ 35 euros à l'époque). Le…

MA
Publié le · mis à jour le
10 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous sommes arrivés à Split un mardi matin vers 9 h 30, après un vol Air France qui avait deux heures de retard. Le taxi depuis l'aéroport international Resnik nous a coûté 180 dinars (environ 35 euros à l'époque). Le chauffeur parlait à peine anglais et nous a fait tourner dix minutes de trop dans les petites rues du centre avant de trouver notre hôtel, l'Adriana, une pension de famille rue Sperun avec trois étoiles sur les vitres poussiéreuses. Dès le premier jour, nous avons grimpé les marches du Palais de Dioclétien. C'est fou, ce machin : construit au 3e siècle, vraiment construit dedans, dans la vieille ville. Des murs en pierre grise, tellement massifs, tellement vieux. On sentait l'humidité et la mousse, presque une odeur de cave même en plein soleil. Les ruelles autour du palais étaient étouffantes à midi. On y croisait des touristes allemands qui prenaient des selfies devant chaque coin de mur, et des habitants qui, eux, allaient simplement chercher leur pain chez Nadalin, la boulangerie historique, où on avait une burek salée pour 25 dinars. Les premiers vrais ennuis Le mercredi, on a pris un bus local (ligne 12, opéré par Prominho) pour Trogir, une ville côtière à 30 km. Le billet coûtait 10 dinars. Sauf qu'à la gare routière, personne ne savait vraiment quel quai, il y avait du chaos, des gens qui criaient en serbe-croate, des bus sans numéros apparents. Un type à côté de nous a prétandu parler français mais nous a dirigés vers le mauvais bus. On s'est rendu compte trop tard, on a dû descendre à Kastel Stari et attendre le suivant une demi-heure. Ça nous a énervés. La température était montée à 34 degrés. On avait chaud, soif. On a bu une eau gazeuse à la station, un demi-litre de Radenska pour 8 dinars, mais pas assez frais. Trogir, une fois arrivés, a valu le détour malgré tout. La vieille ville, entourée d'eau, ressemble à une île. Les murs de la cathédrale Saint-Laurent sont couverts de sculptures, d'une complexité dingue. On s'est assis à la terrasse du restaurant Konoba Trgacica, face à la mer, et on a mangé du squid grillé (lignje) avec du pain blanc, pour 85 dinars par personne. Le goût du citron frais sur le poisson, c'était bon. Vraiment bon. C'était notre meilleur moment culinaire du voyage. La péninsule de Marjan et les petites plages cachées Le jeudi et vendredi, on a exploré la péninsule de Marjan, à la limite ouest de Split. On y a accédé à pied, 45 minutes depuis l'hôtel en montant par la rue Setalisna. Les pins sentaient fort, presque écrasant sous le soleil. La pinède, c'est dense, c'est chaud, on transpire. On a trouvé deux petites plages : Bohe et Splitska Plaža, quasi vides en comparaison des plages principales. L'eau était froide, 19 degrés environ même en juin. On s'y est baignés une fois, rapidement. Les enfants qui jouaient sur la plage d'à côté nous ont regardés avec une sorte de suspicion amusée. Au marché central de Split (Gradska Pijaca), en bas de la Riva, on achetait fruits et légumes directs. Les vendeurs étaient chahuilleurs, sympathiques, on parlait avec les mains. Des fraises locales à 60 dinars le kg, des cerises rouges foncées.Nous avons mangé au restaurant Konoba Varos, petit établissement sans prétention, rue Tordincsina. La poulpe au four (hobotnica na peci) était tendre, servie avec du riz blanc. 95 dinars.L'Riva, la promenade côtière, était notre chemin de chaque fin d'après-midi. On prenait un café crème (marocain local) à la terrasse du Bar Ghetto pour 12 dinars et on regardait les bateaux de pêche se préparer pour la nuit. Samedi matin, levés à 5 h 30 pour attraper un bateau vers les îles Pakleni depuis le port de Hvar. On avait réservé auprès d'une agence touristique rue Marmontova. Le bateau était bondé, très ancré dans le réel, pas agréable. Il y avait un odeur de diesel et de poisson pourri. Le trajet a duré 90 minutes au lieu de 45 annoncés. Une autre arnaque yougoslave : le prix annoncé au départ (120 dinars) s'était transformé en 150 dinars « pour les taxes portuaires » qu'on nous a réclamées lors du retour. Sur l'île de Pakleni, on a essentiellement dormi sur le sable. C'était correct, mais rien de transcendant. Le snack-bar de la plage proposait des sandwiches au fromage blanc pour 40 dinars, mous et sans saveur. On regrettait les burekas de la veille. Retour et derniers jours Les deux derniers jours, on est restés à Split. On a revisité le Palais, cette fois en fin d'après-midi quand il y avait un peu moins de monde. Les pierres avaient une couleur plus chaude, presque dorée. On a dîné au restaurant Puska, spécialisé dans les grillades, rue Radojcica. Une assiette mixte (pljeskavica, cevapcici, pljeskavica de porc) pour 110 dinars. Riche, lourd, mais bon. Le dernier soir, on a pris un dernier café sur la Riva au coucher du soleil. Les mouettes criaient, les enfants jouaient près de l'eau. On sentait l'air marin, une mix de sel et de fuel des petits bateaux à moteur. C'était moment simple, sans prise de tête. On était content d'avoir été là.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Palais de Dioclétien, Split - entrez tôt (avant 8 h) pour éviter les groupes allemands

2

Marché central (Gradska Pijaca), Split - fruits frais, vendeurs directs, ambiance vraie

3

Restaurant Konoba Trogacica, Trogir - squid grillé face à la mer, 85 dinars

4

Péninsule de Marjan, petites plages Bohe et Splitska Plaža - quasi vides, eau froide

5

Café crème (marocain) à Bar Ghetto, Split - 12 dinars, terrasse sur la Riva en fin d'après-midi

Conclusion

Et au final.

Split et la côte dalmate m'ont plu, c'est une région avec de vraies choses à voir : le Palais antique, la mer, les petits villages. Les gens sont directs, pas franchement accueillants mais honnêtes. Par contre, le tourisme commence à être mal géré, les prix grimpent, et l'infrastructure routière/transports reste chaotique. Je déconseille les excursions en bateau organisées : cher, bondé, peu fiable. Revenir, oui, mais différemment.

En résumé

Avis Split, Dalmatie : carnet de voyage de 10 jours par mariafromlyon

Destination
Split, Dalmatie
Pays
Yougoslavie
Durée
10 jours
Période
juin · Été
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@mariafromlyon
L'essentiel

Split, Dalmatie en bref

Pourquoi choisir Split, Dalmatie

  • Palais de Dioclétien antique, monument incontournable du 3e siècle intégré à la vieille ville
  • Côte adriatique authentique avec petites plages cachées et eaux cristallines
  • Villes côtières médiévales comme Trogir à 30 km, accessibles en bus local
  • Marché central vibrant et gastronomie locale à prix abordables
  • Atmosphère méditerranéenne préservée malgré la croissance touristique

Pour qui ?

  • Passionnés d'archéologie et histoire romaine antique
  • Couples cherchant destinations méditerranéennes hors des sentiers battus
  • Voyageurs à budget limité pour l'Europe du Sud
  • Amateurs de petits villages côtiers et mer Adriatique
  • Explorateurs tolérants face à infrastructures imparfaites mais authentiques

À éviter si…

  • Vous exigez des transports fiables et bien signalisés
  • Vous fuyez les destinations en phase de massification touristique
  • Vous cherchez des excursions organisées de qualité premium
  • Vous ne tolérez pas les barrières linguistiques ou communications défaillantes
À découvrir aussi
Palais de DioclétienTrogirCathédrale Saint-LaurentPéninsule de MarjanPlage BohePlage Splitska PlažaÎles PakleniÎle de HvarGradska Pijaca (marché central)Riva (promenade côtière)Kastel StariAéroport Resnik
Questions fréquentes

FAQ — Split, Dalmatie

Quel est le principal monument à voir à Split?

Le Palais de Dioclétien, édifice du 3e siècle intégré au tissu urbain, est incontournable. L'auteur le décrit comme massif, imposant, avec des murs en pierre grise et une atmosphère de cave. À visiter de préférence en fin d'après-midi quand les pierres deviennent dorées et le flux touristique diminue.

Comment se déplacer entre Split et les villes voisines?

Les bus locaux (ligne 12 vers Trogir, par exemple) coûtent environ 10 dinars mais manquent de clarté à la gare routière. L'auteur recommande de s'informer directement auprès du personnel, car les numéros de quai ne sont pas toujours affichés et les communications en anglais sont limitées.

Quelles sont les meilleures expériences culinaires à Split?

Le squid grillé à Trogir au restaurant Konoba Trgacica (85 dinars) est noté comme le meilleur moment culinaire. À Split, la poulpe au four (hobotnica na peci) à Konoba Varos (95 dinars) est excellente. Le marché central propose fruits et légumes frais; les burek salés coûtent environ 25 dinars.

Les excursions en bateau organisées valent-elles le coup?

Non, selon l'auteur. Les bateaux vers les îles Pakleni sont surpeuplés, malodorants et peu fiables (90 minutes au lieu de 45 annoncées). Le prix annoncé (120 dinars) augmente à 150 dinars pour des frais portuaires imprévisibles. Les plages des îles offrent peu d'intérêt.

Quand visiter Split et à quelle température s'attendre?

En juin, la température atteint 34 degrés et l'eau de mer avoisine 19 degrés. Les ruelles du centre-ville deviennent étouffantes à midi. Les plages moins touristiques comme Bohe et Splitska Plaža offrent plus de tranquillité.

Quel est le prix moyen des transports et repas?

Taxi aéroport: 180 dinars (35 euros). Bus locaux: 10 dinars. Repas en konoba: 85-110 dinars par personne. Café crème: 12 dinars. Eau gazeuse: 8 dinars. Les prix grimpent avec la touristique croissante.

Que faire si on veut éviter la foule à Split?

Visiter le Palais de Dioclétien en fin d'après-midi plutôt qu'en milieu de journée. Explorer la péninsule de Marjan (45 minutes à pied depuis le centre) pour accéder aux plages cachées comme Bohe et Splitska Plaža, moins fréquentées.

Comment sont les habitants de Split?

L'auteur les décrit comme directs et honnêtes, mais pas franchement accueillants. Peu parlent anglais couramment. Les interactions au marché central se font souvent par gestes, mais avec une certaine sympathie.