Comment ça s'est passé.
Arrivée à 14h30 à l'aéroport international de Siem Reap après un vol Thai Airways depuis Bangkok. Taxi officiel jusqu'à l'hôtel Babel Boutique (rue Sivatha) : 12 dollars US, trajet de 20 minutes dans la chaleur moite de 34°C. La ville sent l'encens mélangé aux gaz d'échappement des tuk-tuks. Première nuit dans une chambre climatisée qui semblait sortir de 2005, mais c'était honnête pour 45 euros. Jour 2 : levé à 4h45 pour atteindre Angkor Wat au lever du soleil. Le guide touristique officiel (35 dollars pour deux jours) était une arnaque : il a d'abord essayé de nous vendre des « temples privés » hors circuit, puis nous a perdus 45 minutes près du temple Bayon parce qu'il n'avait pas ses clés. Les hordes de touristes devant le Wat – au moins 500 personnes – rendaient impossible toute immersion. J'ai compris pourquoi les habitants fuient cette région. En revanche, le riz au curry rouge mangé au restaurant Khmer BBQ (rue Sivatha, 4 dollars, portion généreuse) était excellent. Le goût riche des piments et du lait de coco compensait la fatigue de la journée. Les galères du quotidienJour 4 : le tuk-tuk de location (8 dollars pour la journée) a eu une crevaison à 15km de la ville. Attente d'une heure sous 36°C. Le chauffeur a refusé de réduire le prix.Le marché central (Psar Chas) : j'y suis allée pour acheter des souvenirs. Une vendeuse m'a gonflé les prix de 300% en prétendant que c'était « prix d'ami ». Deux bracelets à 2 dollars au lieu de 50 cents ailleurs.Le réseau internet : complètement inexistant à l'hôtel malgré leurs promesses. Obligée d'utiliser le café Internet près du marché (1 dollar l'heure, vitesse lente mais fonctionnel).Jour 5 : excursion en bateau sur le Tonlé Sap à 6h du matin (40 dollars avec le même guide, non négociable). Le lac était presque vide à cette époque (octobre). Odeur de poisson fermenté presque insoutenable quand on s'approchait des villages flottants de Kompong Phluk. J'ai vu des enfants vendre des crocodiles miniatures en peluche (2 dollars pièce) : c'était triste et attachant à la fois. Un moment marquant : une mère khmère nous a montré sa maison construite sur pilotis, une pièce de 4m² pour toute la famille. Elle vendait des sodas pour survivre. Ça m'a déstabilisée. Jour 7 : temple Ta Prohm (celui du film Tomb Raider). Moins de monde que Angkor Wat mais toujours 200+ touristes. Les racines d'arbres sur les murs sont effectivement spectaculaires. Lunch au Soup Dragon (rue Sivatha, 6 dollars pour un amok de poisson) : le plat national servi dans une carapace de noix de coco vidée. C'était riche et différent. Jour 9 : détente au lac artificiel de Siem Reap, le Sra Srang. Vrai moment de calme. Cinq ou six locaux seulement, l'eau cristalline, pas de vendeurs. Bière locale (Angkor, 1 dollar à la petite épicerie du coin) bue en silence à 17h. J'ai compris pourquoi les gens reviennent : c'est quand on fuit les circuits qu'on respire. Jour 10 : dernier jour gâché par un malentendu culturel. Le propriétaire de l'hôtel a cru que nous lui reprochions le petit déjeuner manquant (pain, confiture, café) : il s'est énervé, prétextant que c'était écrit dans le contrat « petit déjeuner non inclus ». Il l'était pourtant. Discussion frustrante sans résolution. Départ à 11h en bus Mekong Express (ticket 12 dollars, classe VIP censée avoir climatisation : elle était cassée). Retour vers Bangkok.
Les bons plans repérés sur place.
Temple Bayon (entrée 37 dollars les 3 jours) : les 216 visages de pierre sont beaucoup moins bondés tôt le matin, vers 6h30
Restaurant Khmer Surin (route de Sivatha) : amok au poisson pour 4 dollars, portions énormes, cuisine sans compromis
Lac Sra Srang en fin d'après-midi : fréquenté par les locaux seulement, bières à 1 dollar, lever de soleil calme
Bus Mekong Express vers Bangkok (station gare routière nord de Siem Reap) : prendre la classe VIP même si la clim ne marche pas, meilleur confort que mini-van
Kompong Phluk villages flottants (sortie 6h, 40 dollars) : malodorant mais mémorable, voir les écoles flottantes
Photos — Siem Reap
Et au final.
Le Cambodge m'a divisée. Angkor Wat existe, c'est vrai, mais c'est devenu un parc à touristes. Ce qui m'a vraiment touchée, c'est le Tonlé Sap et les rencontres inattendues. À revenir, mais hors saison et sans passer par une agence.








