Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Siem Reap vers 14 h 30, après un vol Bangkok Airways de 1 h depuis la Thaïlande. Le taxi Grab jusqu'à l'hôtel Viroth's coûte 6 dollars, mais le chauffeur a tenté de nous en facturer 15. Discussion tendue mais éducée, il a cédé. La chambre sent l'encens bon marché et l'humidité — on ouvre les fenêtres immédiatement. Température : 34 °C, on transpire avant même de poser nos sacs. Le lendemain, réveil à 4 h 45 pour Angkor Wat. Guide local trouvé par l'hôtel, Samrith, 40 dollars pour la journée. Le lever de soleil sur le temple est banal — des centaines de touristes debout côte à côte, flash partout, rien de recueilli. Mais à 6 h 30, quand on se retrouve seuls dans la galerie sud, face aux bas-reliefs des Devatas, c'est physique : on entend juste l'eau qui s'écoule, on sent l'odeur de pierre mouillée et de terre. Samrith explique les gravures avec précision, pas de poudre aux yeux. C'est là qu'on mesure vraiment l'âge du bâtiment. Jour 3 : marché central de Siem Reap, appelé Psar Thmei en khmer. On s'y perd volontairement. Les vendeurs de fruits tropicaux crient « Hello, hello », les enfants nous photographient avec leurs téléphones. On achète du num banh chok (nouilles traditionnelles au curry de poisson) à un vendeur ambulant, 0,80 dollar le bol. C'est piquant, acide, et c'est délicieux, mais on se demande si l'eau est vraiment potable. Pas de problème d'estomac, heureusement. Le restaurant Malee, rue Sivatha, devient notre repère. Tom yum aux crevettes à 3,50 dollars, déjà cuit, donc sûr. Le serveur, souriant mais muet, nous sert toujours 30 secondes trop tard — pas de montre. On s'y habitue. C'est ici qu'on rate un coucher de soleil sur le Tonlé Sap : on arrive à 17 h 45 chez Bamboo Indochine, le lieu était fermé (infos de blog non à jour). Déception légitime. On se rabat sur Osmose Bar & Café, moins touristy, moins cher. Jour 5 : visite à Banteay Srei, temple rose en grès, à 30 km nord. Le minibus de Tara Boat part à 7 h 30 de la gare routière près de l'aéroport (10 dollars par personne). Trajet bancal, route défoncée, mais on croise des villages réels — pas de touristes, juste des enfants qui reviennent de l'école en uniforme bleu et blanc. Banteay Srei ferme à 17 h. Les bas-reliefs de apsaras (danseuses) sont si détaillés qu'on voit chaque doigt. Moment de silence solo en fin d'après-midi : on s'assoit sur les marches, les Japonais repartis, les Français aussi. Juste nous, une pierre millénaire et l'absence de climatisation qui fait transpirer. Jour 7 : Phnom Penh, bus Mekong Express de 6 h, départ 6 h 30 de la gare routière centrale (5,50 dollars, bus climatisé). Arrivée 13 h. Le Palais Royal ressemble à un décor de cinéma, c'est un peu artificiel vu du touriste. Mais le Musée du Génocide, site Tuol Sleng, ça frappe fort. Les photos aux murs, les cellules, les marques de torture encore visibles. Pas de commentaires ici. On sort vidé, envahi par une culpabilité d'occidental sans raison précise. La vie nocturne à Phnom Penh est ce qu'on redoutait : Riverside Pub accueille trop de routards en débâcle, mélange alcool pas cher (0,50 dollar la Angkor beer) et naïveté. Une fille nous propose ses « services » à la table. Échange gênant. On quitte après un verre, c'est pas notre place. Cuisine locale testée : amok (curry en feuille de bananier) au marché de Kbal Chhroy, 1,50 dollar. Saveur de noix de coco, de curcuma, de galanga — c'est chaud, parfumé, on suait avant, on transpire après. Mangue verte avec piments et sel à côté du musée, vendeur qui rigole de nous voir pleurer. Jour 10 : retour à Siem Reap, préparation du départ. On regrette de ne pas avoir pris plus de temps dans les petits temples (Ta Prohm est un zoo touristique, vraiment). On aurait aimé une jour entier au Banteay Kdei ou faire un temple stay (nuit dans un monastère). Pas eu le temps.
Les bons plans repérés sur place.
Angkor Wat au lever du soleil (arriver à 5 h, entrée 37 dollars pour 3 jours) — éviter la foule en explorant les galeries sud vers 6 h 30
Banteay Srei, temple rose en grès rose : moins touristique, bas-reliefs de qualité exceptionnelle, distance vaut l'effort (minibus 7 h 30 gare aéroport)
Marché Psar Thmei : num banh chok le matin (0,80 dollar), odeur de curry de poisson, aucun faux semblant
Restaurant Malee rue Sivatha : tom yum 3,50 dollars, local, pas formaté pour touristes, serveur lent mais authentique
Tuol Sleng à Phnom Penh : difficile mais nécessaire, pas de spectacle, juste la réalité à même les murs (accès 3 dollars)
Et au final.
Le Cambodge débarasse les fausses attentes rapidement. C'est vivant, pas filmé, parfois inconfortable, souvent étonnant. Les temples valent le coup si on se lève tôt et qu'on fuit les heures de visite de groupe. La gastronomie est plus acidulée qu'on ne l'imagine. En revanche, la tension touristique est croissante, les prix montrent, et l'arnaque au taxi existe bel et bien. Revenir dans 10 ans avant que ce ne soit totalement bétonné.







