Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à 14h30 à l'aéroport international de Siem Reap après 2h30 de vol depuis Bangkok avec Thai Smile Airways. Le chauffeur Sokha de l'hôtel n'était pas là. Quinze minutes d'attente sous 32°C d'humidité écrasante, puis apparition d'un moto-taxi aléatoire qui m'a demandé 15 dollars au lieu des 8 convenus. Première galère digérée au resto de l'hôtel Vasata Boutique (rue 26) avec un verre de jus de calamansi frais qui m'a sauvé la vie. Les deux premiers jours se sont construits autour des temples. Levé à 4h45 pour rejoindre Angkor Wat par tuk-tuk (le numéro 4837, conducteur Visal). On arrive à 5h15 juste pour le lever du soleil, il fait encore frais, presque froid. Vers 5h45, quand le ciel passe du noir au bleu pâle, la silhouette du temple apparaît vraiment, pierre par pierre. L'odeur de l'encens des moines qui prient à côté se mélange avec l'humidité des douves. C'est simple mais ça marque. Journée complète au Bayon ensuite : trois heures à grimper les escaliers, à passer la tête par les sourires en pierre des 216 visages géants. La chaleur devient écrasante vers 11h, la transpiration colle au pantalon et aux pieds. Arrêt au Ta Prohm l'après-midi (le temple des racines, celui du film Lara Croft). Moins fou qu'on ne l'imagine, avec la horde habituelle de touristes, mais les arbres qui poussent sur les murs, c'est mécaniquement impressionnant. Visite du marché de Siem Reap (marché central, Psar Thmei) le 5 novembre. Odeur de poisson fermenté qui prend à la gorge, bruits constants des vendeurs qui crient les prix en khmer et anglais. Les grenouilles vivantes dans les bacs en plastic, les fruits du dragon rose vif à 0,50 dollar le kilo, les cuisses de poulet qui pendent du plafond. J'ai goûté le num pang (sandwich vietnamien revisité en khmer) d'une dame avec sauce tomate, œuf et concombre pour 1,50 dollar. Simple, huileux, oubliable. Dîner au resto Viroth's (rue 9, près du quai) avec un curry vert khmer (amok) pour 5 dollars et une bière Anchor à 1,50 dollar. Viroth cuisait lui-même dans la minuscule cuisine, les murs jaunes crème tachés de sauce brune. La soirée s'est prolongée jusqu'à 22h. Retour en tuk-tuk, le chauffeur avait la radio qui passait de la musique khmer sans fin. Le 6 novembre, excursion en bateau sur le lac Tonlé Sap. Départ à 7h depuis le port de Kompong Khleang (à 30 km, route vers Pursat). Visite des villages flottants : pêcheurs qui vivent sur l'eau depuis des générations, maisons construites sur des barques, enfants qui crient « hello mister » depuis leurs planches. Le bateau s'est arrêté auprès d'un crocodile captif dans un enclos. L'eau est opaque, couleur chocolat. Une vraie arnaque : le guide « nature » m'a fait acheter des poissons pour les donner aux crocodiles (5 dollars, inutile et triste). Passage par Artisans Angkor le 7 novembre, association qui forme des jeunes au travail de la soie. Visite de l'atelier, apprentissage sur les teintes naturelles qui viennent du sol rouge. J'ai acheté un foulard en soie pour 12 dollars, bien travaillé. Le gérant, un français installé là depuis 15 ans, parlait trop vite mais avec sincérité du projet. Dernier soir au resto The Yellow Sub (rue Sivutha, nom bizarre pour Siem Reap). Burrito khmer et salade de papaye verte pour 4 dollars chacun. Bière Khmer à 1 dollar. Ambiance décontractée, on croise des backpackers, des couples français, deux Cambodgiens qui regardaient la télé muette. Départ le 13 novembre à 10h45 en bus Mekong Express vers Phnom Penh (5 heures, 12 dollars). L'air clim était trop fort, les toilettes du bus puaient. Route plate, villages de paille, et à l'arrivée, Phnom Penh d'un coup, chaotique.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central Psar Thmei – goûter le num pang à 1,50 dollar, la vraie nourriture locale
Bayon, les 216 visages de pierre, grimper jusqu'au sommet vers 7h30 avant les groupes
Lac Tonlé Sap, village flottant de Kompong Khleang (route vers Pursat, 30 km) – vrais pêcheurs, pas de mise en scène
Restaurant Viroth's rue 9 – curry vert khmer amok à 5 dollars, gérant qui fait lui-même la cuisine
Photos — Siem Reap
Et au final.
Siem Reap, c'est les temples qui valent franchement le coup (Angkor vaut le détour), mais il ne faut pas s'attendre à une ville calme. Le tourisme de masse a phagocyté le centre, les prix augmentent chaque année, et la chaleur collante demande une vraie acclimatation. J'y retournerais juste pour Angkor et le lac, pas pour le reste.








