Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Shanghai Pudong à 14h30, vol Air France AF380. Le choc thermique (34°C, hygrométrie à 78%) a frappé dès la sortie de la climatisation de l'aéroport. Le trajet vers l'hôtel en Maglev (train à sustentation magnétique) a pris 8 minutes jusqu'à Longyang Road Station : 50 yuans par personne, vitesse stabilisée à 430 km/h, même si je n'ai pas eu l'impression de bouger. Bizarre. Notre hôtel, le Jing'an Metropole, rue Wanhangdu, chambre 1207, offrait une vue directe sur la Huangpu River. Petit-déjeuner à 7h : œufs de caille, youtiao (bâtonnet frit salé/sucré), café américain sans goût. J'ai préféré découvrir le Starbucks du rez-de-chaussée les jours suivants. Shanghai : le Bund et ses contradictionsLe Bund en fin d'après-midi : foule compacte de touristes selfie-sticks levés. J'ai entendu plus de mandarin, d'anglais cassé et de rires nerveux que de vraie conversation. Nous avons marché jusqu'au Old Town, marché Yu Garden (fermé le mardi... nous l'avons découvert sur place), puis détour par les anciennes venelles où une grand-mère vendait des raviolis faits maison, 8 yuans les 4 pièces. Humidité écrasante, odeur mélangée de friture, d'urine et de jasmin provenant d'une boutique de thé voisine. Le musée de Shanghai (Museum of Shanghai, 201 Renmin Ave) méritait vraiment le coup : 60 yuans, deux étages, exposition sur la Concession française. J'ai appris que mon hôtel se trouvait exactement sur l'ancien secteur français. Moments marquant : une photo en noir et blanc de 1932 montrant la même rue, avec un pousse-pousse et un Européen en costume clair. Nous étions exactement au même endroit, 92 ans plus tard. Xi'an : l'armée de terre et la galère des billetsTrain de nuit D660, Shanghai Station à 19h47, arrivée Xi'an à 9h33 lendemain matin. Lit dur, voisin qui ronfle, café fade à 3 yuans. Le trajet en lui-même : 12 heures sur 1 300 km, mais l'économie sur l'hôtel a compté. Grosse erreur : ne pas réserver les billets en ligne. À la gare, file d'attente de deux heures, guichet 17, employée qui parlait zéro anglais. J'ai fini par montrer sur Google Translate « Xi'an demain ». Elle a compris. Billet : 330 yuans par personne, couchette dure. Xi'an, musée de l'Armée de terre (Terracotta Army). Bus 306 depuis la gare centrale, descendre à Lintong, puis minibus local (15 yuans, chauffeur fumant cigarette sur cigarette, fenêtre fermée). Le site lui-même : 150 yuans d'entrée, foule monstre même en septembre. Mais entrer dans le hall n°1 vers 10h30, quand les milliers de statues en terre cuite se sont soudain matérialisées devant nous : impossible de rester de marbre. Chaque visage différent, chaque uniforme du 3ème siècle avant notre ère. J'ai eu chaud aux yeux. Ma femme a juste dit « oh » et s'est tue pendant cinq minutes. Déjeuner au restaurant Shaanxi Noodle House (rue Jiefang Lu, près du musée). Biangbiang mian (nouilles plates et larges) au bouillon épicé : 24 yuans. Goût violent de Sichuan pepper, sensation de micro-brûlure sur la langue pendant dix minutes. C'était intentionnel, c'était bon, même si j'ai bu trois bols d'eau. Retour à Shanghai : le temple LonghuaVol retour depuis Xi'an vers Shanghai : China Southern, avion vieux mais ponctuel. Derniers jours au temple Longhua (rue Longhua Lu, gratuit, mais don suggéré 10 yuans). Encens lourd qui pique les narines, son grave des cloches à 6h du matin (nous n'avions pas prévu de nous lever, mais l'hôtel était à 300 mètres). Calme étrange, malgré Shanghai qui grondait juste à côté. J'ai vu des retraités faire du tai-chi, vraiment lent, vraiment silencieux. Repas d'adieu au Din Tai Fung (Nanjing Xi Lu, raviolis xiaolongbao célèbres). Attente : 45 minutes, malgré la réservation en ligne. Ravioli à la soupe (xiaolongbao) : 48 yuans les 8 pièces. Bouillon chaud à l'intérieur, peau délicate : c'était techniquement parfait, mais finalement moins mémorable qu'on nous l'avait vendu. Peut-être que les attentes tuent la magie.
Les bons plans repérés sur place.
Musée de Shanghai (201 Renmin Ave) : photo ancienne de la rue où vous êtes, prise en 1932
Armée de terre à Xi'an : hall n°1, arriver avant 10h30, guetter le moment où les milliers de statues apparaissent
Trajet en Maglev depuis l'aéroport Pudong : 50 yuans, 8 minutes, vitesse absurde, sensation zéro
Biangbiang mian au Shaanxi Noodle House : nouilles larges, bouillon Sichuan, 24 yuans, goût agressif volontaire
Temple Longhua à l'aube : encens lourd, tai-chi silencieux, 10 minutes de paix vraie en pleine mégalopole
Photos — Shanghai et Xi'an
Et au final.
La Chine, c'est l'extrême : densité humaine écrasante, monuments de beauté calme, nourriture qui brûle ou ravit, bureaucratie sans expression et générosité soudaine. Xi'an nous a plus marqués que Shanghai, simplement parce que l'armée de terre existe vraiment. Déception mineure : le tourisme de masse étouffant à Shanghaï, où chaque spot Instagram était un marché à selfies. Mais reviendrions-nous ? Oui, mais avec moins d'attentes.
