Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Las Américas un dimanche matin à 6 h 30, après un vol Air Caraïbes qui avait 45 minutes de retard. L'humidité a frappé d'un coup en sortant de l'avion—comme si on ouvrait un four tropical. Les chauffeurs de taxi se sont jetés sur nous à la sortie des bagages, mais on avait lu les avis : on a pris un Uber depuis l'app, 35 USD jusqu'à notre hôtel Sofitel Legend Zona Colonial à Santo Domingo. La Zona Colonial, c'est le vieux cœur de la ville. Les rues pavées, les façades colorées en bleu pastel et rose saumon, ça existe vraiment. On a passé nos deux premiers jours là, à pied. La première impression en marchant vers la Catedral Primada (l'une des plus vieilles églises des Amériques) : des odeurs de friture et de viande grillée qui sortaient des petits restaurants, mélangées à des gaz d'échappement des motos—pas glamour, mais vivant. Dans la calle El Conde, des vendeurs de jus frais pressaient des oranges et des goyaves devant nous. Un verre de jugo natural coûtait 30 pesos (environ 0,50 €), et c'était sincèrement bon. On a mangé au restaurant Cofradia de la Flor une soirée : mangú (purée de plantain avec fromage frais), longaniza (saucisse locale grillée), et pour ma femme, un ceviche aux crevettes pour 280 pesos (5 €). C'était correct, pas transcendant. On a eu un problème avec le service—le serveur a « oublié » notre commande de boisson 20 minutes, puis il nous a proposé de mettre ça discrètement sur l'addition sans qu'on paye. Petit malaise. On a payé quand même, mais c'est le genre de moment où tu réalises qu'il faut être vigilant. Mercredi, on a pris un bus avec la compagnie Caribe Tours (départ à 7 h 15 du terminal à 4 pesos la course locale pour y aller) vers Puerto Plata, à 3 heures de route au nord. Le bus était climatisé, moderne, avec des vidéos de reggaeton louées sur écrans—un chauffeur qui roulait un peu vite. On s'est arrêtés à un restaurant routier vers 9 h, et j'ai commandé un pastel en hojaldre (pâte feuilletée fourrée à la viande) pour 60 pesos : gras, mais ça calmait la faim. Puerto Plata nous a déçus au premier abord. La plage d'Orientation Beach, qu'on voyait comme notre repos, était envahie de vendeurs insistants. En 10 minutes sur le sable, trois personnes m'ont proposé des nattes, des boissons, des « massages spéciaux »—avec un ton qui suggérait clairement autre chose. On a plié bagage. On a trouvé mieux à Cofresi Beach (payant, 5 USD à l'entrée), plus calme, avec des chaises longues et un bar. La température de l'eau était de 28 °C, parfait pour flotter sans effort. On a visité la Fortaleza San Felipe, une vieille fortification espagnole perchée sur la côte. Les murs en pierre grise, les canons pointés vers l'horizon : ça fait son effet quand tu montes les escaliers étroits. L'entrée était 100 pesos. Pas bondé, contrairement à ce qu'on s'attendait. Un guide local, José, nous a expliqué quelques anecdotes en espagnol/anglais mixé—honnêtement, on a capté 60 % du discours. Jeudi soir, on a fait un tour en quad avec une agence touristique. Ça coûtait 65 USD par personne. On a roulé à travers des chemins boueux près des plantations de cacao, puis le long d'une petite rivière. Il a plu—d'un coup, sans prévenir—et le boue a éclaboussé nos vêtements. Le truc mémorable : s'arrêter sous un abri de fortune en tôle, en écoutant le bruit de la pluie tropicale qui criait sur le toit, avec l'odeur de terre mouillée et de végétation pourrissante—moment étrange, pas mauvais, juste brut. Samedi, on a pris un ferry (Balearia) vers l'île de Saona depuis Punta Cana (on s'était décalés vers le sud-est pour cette journée). Le ferry partait à 8 h 30, 90 USD par tête, 2 h de traversée. L'eau était turquoise, calme, presque trop parfaite pour être vraie. Playa Palmilla sur Saona : du sable blanc fin, peu de touristes ce jour-là. On a croisé des étoiles de mer en snorkeling. Déjeuner de fruits de mer grillés sur la plage (queue de langouste, poisson blanc) : 250 pesos pour deux, local et bon marché. Nos deux derniers jours ont été plus tranquilles. On a traîné dans les rues de Santo Domingo, on a trouvé un petit café (Republica Cafe) où on prenait un café avec « tostada de queso » (pain grillé au fromage) le matin pour 80 pesos. L'endroit n'était pas sur les guides touristiques—juste une place locale, avec des travailleurs et des retraités qui lisaient les journaux. Au final, la République dominicaine, c'est un pays où la beauté naturelle (les plages, l'eau) cohabite avec un peu de chaos urbain (vendeurs, infrastructure routière aléatoire, arnaqueurs). Rien de « magique », mais viscéral. On s'est senties vivantes, parfois mal à l'aise, souvent ravies.
Les bons plans repérés sur place.
Catedral Primada (Santo Domingo) : église du XVIe siècle, les vitraux bleus filtrent une lumière étrange, entrée gratuite
Playa Palmilla sur l'île de Saona : accès par ferry Balearia, snorkeling direct depuis la plage, étoiles de mer visibles
Fortaleza San Felipe (Puerto Plata) : fortification coloniale avec vue sur la côte, 100 pesos, peu de touristes en semaine
Restaurant Cofradia de la Flor (Zona Colonial) : mangu et longaniza authentiques, attention aux arnaquettes de service
Caribe Tours bus vers Puerto Plata : confortable et climatisé, départ tôt (7 h 15), tarif compétitif
Photos — Santo Domingo et Puerto Plata
Et au final.
On reviendrait, mais on n'irait pas pendant la saison des pluies. Le seul vrai reproche : les prix affichés ne correspondent jamais aux prix payés (conflit discret au restaurant, majorations à la plage). Mais la nourriture locale, l'eau tiède, et les ruines coloniales valaient le coup.
