Comment ça s'est passé.
Arrivée à 14 h 30 à l'aéroport Cristiano Ronaldo de Porto via une Ryanair qui avait deux heures de retard. Le stress des correspondances effacé d'un coup en posant les pieds dans le hall flambant neuf. Taxi Uber jusqu'à l'hôtel Teatro, une petite adresse à 85 euros la nuit rue do Carmo, au cœur de la Ribeira. La proprio parlait trois mots d'anglais, zéro français. On s'est débrouillé avec des gestes et Google Traduction. Première sortie vers 17 h, directement plongé dans le brouillard du Douro. La brume montait du fleuve, collait à la peau, apportait cette odeur iodée mélangée à celle des bois humides du vieux port. Les pavés de la Ribeira étaient mouillés par la pluie du matin. J'ai glissé deux fois, ce qui a fait rire ma compagne. On a trouvé la librairie Livraria Bertrand (la plus vieille d'Europe, 1732), un escalier étroit en colimaçon où on pouvait à peine se croiser. Le choc des pastéis de nataMardi matin, réveil à 5 h pour voir le lever du soleil sur le pont Dom Luís. Raté : ciel gris, pluie fine. Mais on a eu faim vers 6 h 30 et on s'est arrêtés à la pâtisserie Manteigaria, en bas de la rua das Flores. Les pastéis de nata tout juste sortis du four à 7 h 15 : encore chauds, la pâte feuilletée craquait sous la dent, la crème à l'intérieur était presque liquide. Prix : 1,10 euro l'unité. On en a pris six sans hésiter. Le sucre, la cannelle, c'était violent mais honnêtement c'était mérité. Transport principal : le bus urbain STCP. On a acheté un carnet de dix voyages pour 10 euros. Le trajet vers Livraria Lello (ligne 49, 25 minutes) était bondé, collés aux autres voyageurs, odeur de café et manteau mouillé partout. L'ambiance n'était pas festive mais très réelle : on voyait des gens aller bosser, pas des touristes. Cette ligne passe devant la Livraria Lello justement, une autre librairie réputée, plus touristique celle-là. Ils demandaient 5 euros pour y entrer. On a décidé de ne pas payer, on n'avait pas envie. Le restaurant où on s'est fait avoirMercredi soir, on a craqué pour un restaurant sur la place Ribeira : O Ribeirinho. La serveuse parlait français avec un accent du sud, on a cru que c'était bon signe. Deux plats de morue à brás (morue effilochée, pommes paille) à 18 euros chacun, une bottle de vinho verde à 12 euros. L'addition a grimpé à 65 euros avec un couvert de 3 euros par personne qu'on n'avait pas prévu. Gouté le plat : bien exécuté techniquement, mais pas grand chose d'extraordinaire. On aurait pu manger dans une petite tascinha locale pour 8 euros et avoir la même portion. Leçon retenue. On a compensé le lendemain à la Livraria do Galo, un petit bar à vins minuscule rue Chã, propriétaire grincheux mais honnête. Deux verres de rouge local (quinta do noval) à 3 euros chacun, ambiance de vraie clientèle locale, zéro touristes. Il y avait une odeur de raisin fermenté et de fût en bois. L'homme derrière le comptoir ne souriait jamais mais versait les verres avec concentration. Ça m'a plu, cette absence de théâtre. Les sorties plus loinJeudi, on a pris le train de la gare São Bento (gare historique splendide avec ses azulejos bleu et blanc) ligne Douro pour Pinhão. Trajet 2 h 30 sur la CP (Comboios de Portugal), compartiment à sièges rembourrés, paysage de vignobles en terrasse qui descendaient jusqu'au fleuve. On avait apporté du fromage de chèvre de la fromagerie Queijaria Santo António. Arrivés à Pinhão vers 11 h 30, le village était quasi désert. On s'est assis en terrasse face au fleuve, température 14 °C, lumière blanc-gris. Retour vers Porto en fin d'après-midi. La nuit tombait vite. On aurait peut-être dû rester dormir là-bas, mais on n'avait pas vraiment de place réservée. Avant le départ, deux découvertes : le musée d'art religieux dans l'église Clérigos (3 euros l'entrée, escalier de 225 marches pour monter à la tour, on l'a regretté), et les bancs de la Livraria Lello aperçus de l'extérieur (rouge foncé, très massifs). Dernier dîner à la Francesinha, cette spécialité locale : pain de mie, jambon, tranche de fromage, sauce à base de bière. Gras, copieux. À 8 euros au restaurant Casa Guedes, rue Santa Catarina. On a traîné les pieds en revenant à l'hôtel, les pavés mouillés qui brillaient sous les réverbères.
Les bons plans repérés sur place.
Pont Dom Luís, lever du soleil côté nord (très tôt, moins de touristes)
Librairie Bertrand, rue das Flores, spirale en bois du XVIIIe siècle
Pastéis de nata chauds à la Manteigaria (1,10 euro), partir avant 7 h 45
Trajet en train Douro Porto–Pinhão, ligne Douro, 2 h 30, vignobles en terrasse
Bar à vins Livraria do Galo, rouge local à 3 euros, sans décorum







