Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport international de Jacksons à Port Moresby un matin de juillet, après une nuit d'avion avec Air Niugini. Le vol avait du retard : trois heures. Dès la sortie, l'humidité m'a frappé au visage comme un coup, épaisse et collante. La température affichait 28 °C mais ressentait 35. Le chauffeur de taxi qu'on avait réservé via l'hôtel n'était pas là. J'ai dû négocier ferme avec un autre pour éviter de payer le triple du tarif affiché. On s'est installés au Crowne Plaza Port Moresby, face à la baie. Vue correcte, mais les murs étaient minces. J'ai entendu toute la nuit un groupe de musiciens répéter dans le bar de l'établissement. Ça m'a énervé sur le moment, mais en y repensant, c'était le son authentique de la ville. Les trois premiers jours, on a exploré le centre-ville. J'ai mangé du sago avec du poisson fumé au marché de Koki pour environ 12 kina (4 euros). L'odeur était très prenante, presque insoutenable, mais délicieux une fois passée cette première impression. Le marché lui-même était chaotique : vendeurs qui crien, enfants qui courent entre les étals, poules qui s'échappent. Mon femme a eu son téléphone fauchardé dans sa poche. Heureusement, un vendeur ambulant l'a vu faire et nous l'a restitué contre 50 kina. On a eu de la chance. Nous avons visité le Musée national de Papouasie-Nouvelle-Guinée, ouvert de 9 h 30 à 16 h 30. L'entrée coûte 15 kina. Les collections de masques de la vallée de la Sepik m'ont fasciné. Un conservateur nous a expliqué leurs usage dans les rituels initiatiques. Le bâtiment sentait l'humidité permanente et la moisissure, mais c'était parti du charme. Le quatrième jour, on a pris un vol domestique vers Wewak avec Air Niugini (45 minutes, environ 180 euros par personne). De là, nous avons navigué trois jours en amont du fleuve Sepik en petit bateau motorisé avec un guide local nommé Kian. Les villages que nous avons traversés, comme Karawari et Palimbai, nous ont montré une vie très éloignée de Port Moresby. Les hommes façonnaient encore les pirogues à la main. Les femmes transformaient le sago en pâte blanchâtre. Une nuit, notre guide nous a invités à un repas communautaire. On a mangé du poulet bouilli avec des patates douces, servi sur des feuilles. Pas assaisonné, assez fade, mais le moment était chargé d'émotions. Une mère nous présentait ses trois enfants. Elle nous demandait si elle aurait des nouvelles. Ça m'a serré le cœur de savoir que nous partirions et que probablement nous ne nous reverrions jamais. Le retour fut plus ardu que prévu. Notre vol de Wewak à Port Moresby a été annulé (panne du moteur). On a dormi à l'aéroport sur des chaises en plastique. Douze heures d'attente. J'ai mangé un sandwich au jambon rassis à la cafétéria pour 18 kina. C'était difficile à avaler, littéralement et figurativement. Nous avons finalement décollé le lendemain matin. Les deux derniers jours, on a repris nos marques à Port Moresby. On a dîné au restaurant australien Thirty Papaya pour goûter leur barramundi grillé. Le plat coûtait 52 kina, cher pour le pays. Le poisson était excellent. L'établissement avait la climatisation et était situé dans un secteur sécurisé de la ville, ce qui changeait du chaos des rues. Papouasie-Nouvelle-Guinée n'est pas une destination facile. Port Moresby demande de la vigilance. Les transports sont imprévisibles. Mais la Sepik reste une région où le temps semble suspendu. Les rencontres y sont brutes et authentiques, sans filtre touristique.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de Koki, Port Moresby : y aller tôt (vers 6 h 30), avant la chaleur maximale, avec une personne locale de confiance
Fleuve Sepik en bateau motorisé (départ de Wewak) : prévoir 7 jours minimum pour vraiment respirer le rythme des villages
Musée national de Papouasie-Nouvelle-Guinée : les masques Sepik sont la raison principale d'y aller, compter 2 heures
Restaurant Thirty Papaya : réservation conseillée, barramundi grillé à absolument tester
Lever de soleil depuis le balcon du Crowne Plaza : se lever à 5 h 15 pour voir les bateaux de pêche partir
Photos — Port Moresby / Vallée de la Sepik
Et au final.
Ce voyage m'a marqué par ses contrastes brutaux. Port Moresby frustre autant qu'elle fascine. La vallée de la Sepik dépasse les attentes si on accepte l'inconfort logistique. Je referais cette expérience, mais je ne la recommande pas à tous. Il faut aimer l'imprévu et accepter un certain niveau de risque et d'inconfort.
