Port Moresby et la Vallée de l'Asaro : entre chaos urbain et rencontre mud men
CarnetPapouasie-Nouvelle-Guinée202612 jours

Port Moresby et la Vallée de l'Asaro : entre chaos urbain et rencontre mud men

Levé à 5 h 30 à l'hôtel Crowne Plaza Port Moresby pour attraper mon vol Air Niugini vers Goroka. La Papouasie-Nouvelle-Guinée, c'est un pays qui ne sourit pas aux touristes pressés. À Port Moresby, j'ai compris dès…

JE
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Le récit

Comment ça s'est passé.

Levé à 5 h 30 à l'hôtel Crowne Plaza Port Moresby pour attraper mon vol Air Niugini vers Goroka. La Papouasie-Nouvelle-Guinée, c'est un pays qui ne sourit pas aux touristes pressés. À Port Moresby, j'ai compris dès l'arrivée à l'aéroport Jackson que rien ne serait facile. Le chauffeur de taxi – Kavi – m'a surcharger de 40 % sur le trajet vers le centre-ville, prétendant que la route était « dangereuse » après 18 h. Il avait raison sur un point : je n'aurais pas dû sortir seul du quartier de Waigani après le coucher du soleil. Les trois premiers jours à Port Moresby ont été une leçon d'humilité. L'hôtel manquait d'eau chaude deux jours sur trois. Le restaurant de l'établissement servait une brochette de poisson à 45 kina (environ 13 euros), correcte mais sans enthousiasme. J'ai préféré manger au marché de Koki, où une femme vendait des kokam (petites noix noires) et du taro bouilli : 3 kina le paquet, saveur terreuse, chaleur tropicale écrasante de 32 °C à midi. L'odeur du poisson fumé à Koki persiste encore dans mes vêtements. La rencontre aux Goroka Show GroundsGoroka, c'était plus respirable. Le vrai choc émotionnel s'est produit aux Goroka Show Grounds, où je me suis retrouvé face aux mud men des villages de l'Asaro. Ces guerriers traditionnels, couverts de boue blanche, dansaient encore en août – hors festival – pour des touristes occasionnels comme moi. L'un d'eux, Peter, m'a expliqué en pidgin-english que c'était un revenu secondaire pour financer l'école de son fils. J'ai senti une malaise : c'était folklore, oui, mais aussi une réalité économique crue. Peter gagnait 50 kina par représentation. J'ai payé 100 kina pour une demi-heure de photos et explications. J'ai grimpé jusqu'au village d'Asaro (2 heures de 4x4 sur une piste boueuse depuis Goroka). La route s'est effondrée partiellement : nous avons dû reculer, contourner, perdre une heure. Le chauffeur n'a rien dit, comme si c'était normal. Et c'était normal. Les maisons du village : très simples, en bois et herbe. Les femmes préparaient du sago à la vapeur. Goût neutre, texture spongieuse. La toilette publique, c'était un trou dans la forêt. Pas de réseau téléphonique. Un moment étrange de déconnexion forcée. Ravitaillement et galères pratiquesÀ Goroka, j'ai dormi à l'hôtel Bird of Paradise – chambres correctes, petit-déjeuner à 25 kina (œuf, pain, café soluble). La compagnie d'autocars Morobe Express m'a promis un bus pour Lae. Le bus est arrivé 4 heures en retard, surchargé, sans climatisation. Douze heures de trajet pour 80 kina. Des poules partageaient l'espace du coffre. Mon voisin, un pasteur qui parlait bon français, m'a expliqué la structure clanique du pays : en Papouasie-Nouvelle-Guinée, on est d'abord membre d'une tribu, puis citoyen. Cela change tout. À Lae, j'ai visité le marché central : mangues, papaye, poisson frais du port. Acheté une mangue pour 2 kina, juteus,e avec une fibre râpeuse qui restera coincée entre les dents. Le restaurant Niugini Café, près du port, servait un curry de poisson local, saveur pimentée, presque trop salé (35 kina). J'ai évité de boire l'eau du robinet partout : bouteilles d'eau minérale Aqua à 8 kina le litre. Petite arnaque locale : un vendeur de souvenirs m'a vendu un « vrai » artéfact asaro pour 150 kina. Même le vendeur a souri quand je l'ai inspecté : c'était du plastique teinté. Les vraies rencontresLes Papouasiens que j'ai croisés – au-delà des guides touristiques – étaient généreux et curieux, mais aussi directs. Une famille m'a invité à dîner chez elle à Goroka : riz, poisson bouilli, feuilles de taro. Ils vivaient dans une maison en béton non finie, électricité instable. Pas de cuisine : un foyer au charbon dehors. Leur fils faisait des études d'ingénieur. L'accueil était sincère. J'ai compris que j'étais un divertissement, mais pas un divertissement « exotique ». Juste un étranger curieux. Les sons : le bruit obsédant du générateur électrique à l'hôtel. Les cris des oiseaux du paradis au lever du soleil, presque agressifs. Les chants des églises protestantes le dimanche, depuis 6 h du matin. Une ambiance religieuse omniprésente.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Goroka Show Grounds et les mud men de l'Asaro Valley – représentations improvisées de guerriers traditionnels couverts de boue blanche, explications en pidgin-english

2

Marché central de Lae – poisson frais du port, mangues sans filet, odeur salée caractéristique

3

Hôtel Bird of Paradise à Goroka – confortable, petit-déjeuner simple mais correct, staff parlant anglais

4

Asaro village trek – randonnée 2h en 4x4 depuis Goroka, maisons d'herbe, sago traditionnel

5

Niugini Café à Lae – curry de poisson local, près du port, curry pimenté, environ 35 kina

Album · 9 photos

Photos — Port Moresby & Goroka

Port Moresby et la Vallée de l'Asaro : entre chaos urbain et rencontre mud men
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Conclusion

Et au final.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée ne se laisse pas apprivoiser en deux semaines. C'est un pays fragmenté, exigeant, où le tourisme reste limité pour de bonnes raisons. Port Moresby reste dangereuse et peu accueillante. Goroka et la vallée de l'Asaro offrent plus de rencontres authentiques, mais l'infrastructure – routes, restaurants, hôtels – reste très basique. Je ne suis pas tombé amoureux, mais j'ai appris. À revenir ? Oui, mais mieux préparé.

En résumé

Avis Port Moresby & Goroka : carnet de voyage de 12 jours par jeanmarcvoyageur42

Destination
Port Moresby & Goroka
Pays
Papouasie-Nouvelle-Guinée
Durée
12 jours
Période
août · Été
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@jeanmarcvoyageur42
L'essentiel

Port Moresby & Goroka en bref

Pourquoi choisir Port Moresby & Goroka

  • Rencontre directe avec mud men d'Asaro, guerriers traditionnels couverts de boue blanche
  • Authenticité brute loin du tourisme de masse: pas de grandes hôtelleries ni restaurants chains
  • Immersion clanique unique: comprendre la structure tribale et l'hospitalité sincère des villages
  • Budget très bas: nourriture, transport et hébergement 3 à 45 kina par jour
  • Biodiversité exceptionnelle: oiseaux du paradis, marchés tropicaux, jungle dense accessible

Pour qui ?

  • Aventuriers cherchant authenticité et inconfort volontaire
  • Anthropologues et ethnologues intéressés par cultures tribales
  • Voyageurs économes tolérant infrastructure basique
  • Photographes documentaires spécialisés en cultures autochtones
  • Explorateurs refusant sentiers touristiques balisés

À éviter si…

  • Vous cherchez sécurité urbaine et confort occidental standard
  • Vous ne tolérez pas pannes d'électricité, eau chaude instable, routes impraticables
  • Vous avez peur de l'insécurité et des arnaqueurs locaux
  • Vous voulez infrastructure hôtelière et restauration diversifiée
À découvrir aussi
Port MoresbyGorokaVallée de l'AsaroVillage d'AsaroAéroport JacksonGoroka Show GroundsQuartier de WaiganiMarché de KokiMarché central de LaePort de LaeMontagnes de l'AsaroOiseaux du paradis de Papouasie
Questions fréquentes

FAQ — Port Moresby & Goroka

Est-ce que Port Moresby est sûre pour les touristes?

Non, Port Moresby présente des risques de sécurité réels, notamment après le coucher du soleil. L'auteur recommande de ne pas sortir seul du quartier de Waigani après 18h. Les taxis peuvent surcharger les touristes de 40%. Évitez les déplacements nocturnes et restez dans les zones touristiques.

Qui sont les mud men d'Asaro et peut-on les rencontrer?

Les mud men sont des guerriers traditionnels des villages de la vallée de l'Asaro, couverts de boue blanche pour les rituels. Oui, on peut les rencontrer aux Goroka Show Grounds, où ils dansent pour les touristes même hors période de festival. Peter, un mud man rencontré, gagnait 50 kina par représentation pour financer l'école de son fils.

Quel est le meilleur moment pour visiter Goroka et l'Asaro?

Le Goroka Show se tient annuellement en septembre, mais les mud men dansent aussi hors festival. Le climat tropical avec 32°C à midi est étouffant. Les pluies rendent les pistes impraticables, notamment celle du village d'Asaro qui nécessite un 4x4 pour 2 heures de trajet sur route boueuse.

Combien coûte un voyage en Papouasie-Nouvelle-Guinée?

Budget très basique: nuit à l'hôtel 25-45 kina, repas au marché 3 kina, restaurants touristiques 35-45 kina, eau minérale 8 kina/litre, transport local 80 kina pour 12h de bus. Rencontres avec mud men 100 kina pour 30 minutes. Les prix sont bas mais l'infrastructure justifie le coût.

Quelle est l'infrastructure routière et hôtelière?

Très basique. Routes non goudronnées s'effondrant partiellement, nécessitant des 4x4. Hôtels comme Crowne Plaza et Bird of Paradise offrent le confort minimal avec pannes d'eau chaude fréquentes. Pas de restaurants sophistiqués. L'eau du robinet doit être évitée partout.

Faut-il parler le pidgin English pour communiquer?

Le pidgin English est parlé couramment en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L'auteur a communiqué ainsi avec Peter et d'autres locaux. Quelques phrases en pidgin facilitent les échanges, mais l'anglais standard fonctionne aussi auprès des guides et commerçants urbains.

Y a-t-il des attractions en dehors de Goroka et Port Moresby?

Lae est accessible en bus (12 heures, 80 kina) avec marché central vendant mangues, papaye, poisson frais. La structure clanique du pays est omniprésente: les habitants sont d'abord membres d'une tribu avant citoyens. Chaque région offre ses propres rencontres, mais l'infrastructure reste limitée.

Quel est le vrai coût de la vie pour les repas locaux?

Très abordable au marché: kokam 3 kina, mangue 2 kina, brochette de poisson 45 kina en restaurant hôtelier. Au marché de Koki, taro bouilli et noisettes côtent 3 kina. Sago vapeur et poisson bouilli chez l'habitant sont gratuits ou quasi-gratuits, mais eau minérale et curry de poisson restaurant 35 kina.