Comment ça s'est passé.
Levé à 4 h 30 à l'hôtel Silk Road Camp d'Amman pour attraper le bus 500 direction Pétra. Quatre heures de route cahoteuse, mais les paysages changent vraiment une fois passée Madaba. Les collines deviennent rougeâtres. J'ai commandé un café au lait à la gare routière de Wadi Musa avant d'arriver : amer, trop sucré, 1,5 dinars jordaniens (soit 2 euros). Première impression en entrant dans Pétra par le Siq, ce passage étroit de 1,2 km taillé dans la roche : l'air devient frais, les murs se referment, on entend juste nos pas et ceux des chevaux des guides. La température a chuté de 10 degrés. Le Khazneh surgit au bout et franchement, même si tu l'as vu en mille photos, voir cette façade rose de 40 mètres de haut en personne, c'est autre chose. Nous avons logé trois nuits à la Petra Moon Hotel (chambre vue sur la vallée, 65 dinars la nuit). Le personnel était sympa mais lent pour les commandes room service. Le matin du deuxième jour, nous nous sommes levés à 5 h pour le trek vers le Monastère (ad-Deir). Trois heures de montée raide, des escaliers taillés à même la roche, les genoux qui chauffent. L'odeur du désert : sec, légèrement minéral. Arrivés là-haut, une cinquantaine de touristes déjà postés. On s'est assis sur une pierre et on a mangé les mandarines achetées au marché de Wadi Musa la veille. Le moment où le soleil a vraiment tapé fort et qu'on a réalisé qu'on était à 1 500 mètres d'altitude, entourés de gorges rouges qui semblaient infinies... c'est ce genre de instant qui justifie les 15 heures d'avion depuis Paris. Petit problème le troisième jour : notre guide prévu pour le trek de Pétra Back a cancelé au dernier moment (son fils malade). On a dû en trouver un autre à la dernière minute, 50 dinars, et ce mec avait une haleine d'ail incroyable. Mais honnêtement il connaissait bien son affaire, il nous a montré des gravures nabatéennes qu'on aurait jamais trouvées seuls. Direction Wadi Rum le jour 4. Trajet en van privé avec un chauffeur de Wadi Musa (arrangé par l'hôtel, 70 dinars). En arrivant, le soleil baissait et les dunes prenaient des teintes orange-rouge folie. Nous avons passé trois nuits aux Bedouin Nights Camps. Nos tentes avaient des matelas décents et des chauffages (indispensable, les nuits sont froides). Le deuxième soir, nous avons fait un tour en jeep 4x4 avec Abu, notre chauffeur bédouin, qui nous a raconté des histoires en anglais moyen mais attachant. Il a arrêté la jeep près de Jebel Rum et on a eu droit à un coucher de soleil sans aucun touriste à proximité. Abu a préparé du café bédouin (café noir, léger, avec la cardamome) sur un brasero improvisé. Goût sec, sucré, pas mal après une journée de rando. Nous avons fait deux treks majeurs dans le Wadi : la vallée de Jebel Khazali (où il y a une source souterraine) et la montée vers Um Fruth Rock Bridge. Les deux matins, levés à 6 h, départ à 6 h 30, retour vers 14 h. Pendant le trek du Um Fruth, j'ai glissé sur une dalle lisse et me suis fait mal au genou. Pas grave finalement, mais pendant une heure j'ai cru m'être pété quelque chose. Au restaurant du camp, j'ai mangé un zarb (agneau cuit sous les braises, arrivé avec des légumes et du riz) pour 25 dinars. Bon, mais l'agneau était un peu trop cuit à mon goût. Retour à Amman le jour 10 par une minibus partagée (25 dinars par personne, départ 7 h 15 de Wadi Rum, arrivée 11 h 45 gare routelle d'Amman). Nous avons passé les quatre derniers jours en explorant Amman : le Musée archéologique national (entrée 3 dinars, collections de mosaïques impressionnantes mais les explications étaient surtout en arabe), le souk de Downtown (dingue d'odeurs et de bruit, falafel 0,80 dinars l'assiette au café Habiba), la Citadelle. Même après deux semaines, les ruelles étroites et les escaliers nous ont épuisés. Honnêtement, les deux derniers jours à Amman ont traîné en longueur. La ville est chaotique, bruyante, les gens d'Amman ont l'air pressés. Après la sérénité du désert et la magie des canyons rouges, les klaxons d'Amman faisaient mal aux oreilles.
Les bons plans repérés sur place.
Pétra – Siq et Khazneh au lever du soleil (arriver avant 7 h, seuls les chevaux et toi)
Monastère ad-Deir – trek de 3 h, vue imprenable, gourde obligatoire
Wadi Rum, jeep avec coucher de soleil et café bédouin près de Jebel Rum
Um Fruth Rock Bridge – randonnée facile, pont rocheux surréaliste en fin de parcours
Souk de Downtown Amman – chaos délicieux, falafel et hummus à prix local (Habiba café)
Photos — Pétra / Wadi Rum
Et au final.
Deux semaines bien remplies, mais je n'irais pas dire que tout était parfait. Pétra mérite sa réputation, le Wadi Rum offre une pause vraie loin du tourisme de masse (enfin, pour qui y va hors juillet-août). Amman reste une ville moyenne si tu cherches de la détente : aller-retour pour l'aéroport et c'est bon. Un bilan : 4/5 surtout grâce aux trois jours de désert et à Pétra.
