Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Riande Continental pour attraper le premier bus vers les écluses de Gatun. La chaleur m'a frappé immédiatement en sortant de l'air conditionné : 28 °C à peine 6 heures du matin, avec une humidité qui colle la chemise au dos. J'ai pris le bus local numéro 1 depuis la Cinta Costera (50 centimes de balboa) jusqu'au Centre des visiteurs du Canal de Panama. Arrivé vers 7 h, j'ai attendu une heure avec trois groupes de touristes. Le moment où j'ai vu un cargo de 300 mètres traverser les trois écluses a justifié l'attente : ça remonte à la surface lentement, l'eau monte à côté du bateau. Fascinant, mais aussi étrange de penser à combien de navires font ce trajet quotidiennement sans que personne ne le voit vraiment. J'ai déjeuné au restaurant Café Poisson juste à la sortie du centre : un ceviche de mahi-mahi à 14 dollars, frais mais très citronné. L'acidité m'a écorché un peu la bouche. Ensuite, j'ai pris un Uber jusqu'à Casco Viejo (9 dollars, trajet de 25 minutes depuis Gatun). Le vieux quartier colonial empeste le tuyau d'échappement dès les premières rues, malgré les façades pastel restaurées. J'ai visité l'église de San José aux murs jaunes vifs, puis grimpé les escaliers étroits du Plaza Mayor. Vue sur la baie depuis les toits adjacents : cargo, grues, amas de conteneurs. Pas très photogénique, mais honnêtement moderne. Le soir, dîner au restaurant Mercado de Mariscos (marché aux fruits de mer), dans le quartier de San Felipe. Moules au vin blanc pour 12 dollars. L'ambiance : bruit de chaînes de cuisine, fumée de gril, conversations en espagnol qui s'entrecroisent. Un type à la table d'à côté s'est disputé avec le serveur sur l'addition. Je me suis sentis mal à l'aise, mais personne n'a vraiment porté attention. Dormi à l'Hôtel Las Vegas (60 dollars), chambre spartiate mais propre. Jour 2 : visite de la Zona Libre de Colón en train. Mon erreur. J'ai lu que c'était un « paradis commercial » mais en réalité c'est une zone de transit mercantile sans charme. Les boutiques vendent des électroniques à peine moins cher qu'en Europe. Le train qui relie Panama City à Colón (15 dollars l'aller-retour) est tombé en panne 20 minutes après le départ. Arrêt complet, climatisation coupée, 40 minutes d'attente sous 32 °C. Évidemment, pas d'explication. Un passager belge à côté de moi a pesté. J'ai lu mon téléphone. Colón lui-même m'a déçu. Quartiers délabérés, pas de tourisme structuré. J'ai pris un taxi jusqu'au Fort Sherman (un fort américain abandonné datant de la Seconde Guerre mondiale), mais on m'a dit que c'était fermé depuis 2019. Retour à Panama City découragé. Repas à l'aéroport terminal : sandwich à 8 dollars, pain rassis, jamais commandé ça ailleurs. Le trajet retour en train était plus calme, avec une femme âgée qui vendait des empanadas à 1,50 dollar en passant entre les sièges. Je n'en ai pas acheté. Jours 3-4 : exploration de San Blas avec un tour opérateur local (Kuna Adventures, 90 dollars par personne, deux jours). Départ à 6 h du matin depuis le port de Carti. Le bateau à moteur nauséabond, essence qui empeste. Trois heures de navigation vers les îles. Arrivée à Isla Perro : plage de sable blanc, eau turquoise, une cabane de chaume, peut-être 50 touristes pour une île de 200 mètres carrés. J'étais clairement venu trop tard dans la saison touristique. Snorkeling acceptable, poissons de taille moyenne, un bout de corail vivant. Nuit en bungalow sans eau chaude (30 dollars avec le repas). Riz, haricots noirs, poisson grillé. Goût salé, nourriture honnête. Dortement écouté les vagues et les moustiques pendant quatre heures avant de m'endormir. Jour 5 : retour à Panama City. Visite du musée Interoceánico du Canal (10 dollars). Très didactique, murs beiges, panneaux explicatifs en trois langues. J'ai appris que le canal avait été construit entre 1904 et 1914 par les Américains, et qu'il réduit le voyage entre océans Atlantique et Pacifique de deux semaines. Pas mal comme contexte. Mais le musée lui-même était vide, un peu déprimant. Ensuite, déambulation le long de l'Amador Causeway, une digue touristique avec boutiques et restaurants chaînes. Panamaiens jouaient au baseball dans le parc. Pas mal pour une balade à pied. Dernier repas important à Restaurante Martinis (Casco Viejo) : picadillo (bœuf haché sauce tomate, 11 dollars), plantains frits. Bon, vraiment. Garçon souriant qui parlait français. J'aurais aimé rester plus longtemps dans ce quartier, mais le temps pressait.
Les bons plans repérés sur place.
Centre des visiteurs du Canal de Panama : arriver tôt (ouverture à 8 h) pour voir un vrai passage de cargo. Le bruit des moteurs d'écluse remonte dans la poitrine.
Casco Viejo, rue Octavia Méndez : café El Trapiche pour un café con leche à 2 dollars, balcon avec vue sur les toits jaunes.
Marché de San Blas à Carti : artisanat kuna authentique (molas textiles 15-25 dollars) directement auprès des femmes locales, pas en boutique touristique.
Mercado de Mariscos (San Felipe) : commandez le poulpe à la plancha, cuisiné 10 minutes devant vous. Goût iodé, texture ferme.
Promenade du Cinta Costera au coucher du soleil (gratuit) : vue sur la baie, skyline de Panama City, moins touristique que l'Amador.
Photos — Panama City
Et au final.
Panama City m'a donné une impression mitigée. Le canal est impressionnant techniquement, pas émotionnellement. San Blas était bondé et commercialisé, pas le paradis que j'avais envisagé. Les gens sont accueillants, les prix raisonnables. Mais il y a une fragmentation urbaine gênante : gratte-ciels ultramodernes à côté de quartiers oubliés, tourisme de passages, peu de vie locale pour le voyageur. J'y retournerais, mais avec moins de grandes attentes.








