Comment ça s'est passé.
Arrivée le 14 novembre à 6 h 45 à l'aéroport Tocumén après un vol Copa Airlines. L'air chaud et humide m'a frappée dès la sortie de l'avion – une moiteur collante typique du tropique, 28 °C à cette heure matinale. J'ai pris un taxi officiel (6 dollars) jusqu'à mon hôtel, le Waldorf Astoria Panama, situé dans le quartier de Punta Pacifica avec vue directe sur le gratte-ciel America's Tower. Le chauffeur m'a averti : « Ne traîne pas seule le soir dans El Chorrillo ou Curundu », ce que j'ai pris au sérieux. Le premier jour, j'ai visité le Centre d'accueil du Canal de Panama (Miraflores). Levée à 5 h 30 pour y arriver avant la cohue, j'ai pu observer le passage d'un porte-conteneurs géant à travers les écluses. Le bruit des pompes hydrauliques était assourdissant – un rugissement mécanique qu'on sent dans la poitrine. L'entrée coûte 15 dollars USD. Les guides expliquent qu'un transit complet prend environ 8 à 10 heures. C'est scientifique, impressionnant, mais sans émotions particulières une fois qu'on a compris le mécanisme. Le 15 novembre, excursion dans la jungle du Parc Métropolitain avec un guide local, Alberto. Trajet en minibus depuis Cinta Costera jusqu'à l'entrée (5 dollars). La végétation était dense, l'odeur de terre et de feuilles pourries – un parfum humide et presque sucré – dominait les sentiers. On a croisé des paresseux à trois doigts accrochés aux branches. Alberto nous a montré le Sommet de la Croix : une vue sur Panama City d'un côté, la forêt vierge de l'autre. Magnifique contraste, mais le sentier était glissant et boueux, ma chaussure gauche s'est enlisée. Moment galère : en redescendant, Alberto s'est tordu la cheville. On a dû appeler un 4x4 de secours qui a mis 45 minutes. Ça m'a rappelé que l'aventure a un prix. J'ai déjeuné au restaurant Manolo Caracol (rue 5 Juillet, Casco Viejo). Ceviche de vivaneau frais (18 dollars), jus de goyave pressé (3 dollars). Le ceviche était acidulé, les oignons rouges bien piquants. L'établissement était bondé de touristes et d'hommes d'affaires – pas vraiment local, mais la qualité était là. Le serveur parlait français, plutôt pratique. Le 16 novembre, balade dans le quartier historique de Casco Viejo. Rues pavées du XVIIe siècle, bâtiments coloniaux restaurés, quelques églises (Iglesia de San Felipe, entrée libre). J'ai flâné à la Feria Artesanal du Palais Législatif : molas traditionelles (tissus perlés autochtones) à 40-80 dollars, artisanat de fèves de cacao. Le marché était peu achalandé, c'était un mercredi. Une femme indígène m'a proposé un « mola special pour toi » – le ton était cordial, pas agressif. J'en ai acheté une pour 55 dollars. Elle m'a indiqué que sa communauté venait de l'archipel de San Blas. Visite du Musée du Canal Interoceánico (coût 15 dollars). Exposition sur les vieilles écluses Gatun, photos d'archives des années 1920. C'est documenté, utile, mais plutôt académique. Le guide femme parlait avec fierté du rôle du Panama, on sentait une certaine nostalgie pour la récente reprise de souveraineté du canal en 1999. Le 17 novembre, j'ai pris le bus rouge n° 1A depuis Cinta Costera en direction de Colón. Trajet 2 heures, environ 2 dollars. Colón est une ville portuaire, moins sûre que Panama City. J'ai visité le Fort San Lorenzo – ruines d'une forteresse espagnole du XVIe siècle au-dessus de l'Atlantique. Le site était presque désert, juste moi et le gardien qui dort dans un petit cabanon. Odeur saumâtre du littoral, bruit des vagues, sensation de solitude un peu sinistre. Dîner le 18 novembre au restaurant Tantalo (avenida central, Casco Viejo), specialité « congrejo guisado » (crabe en sauce) pour 22 dollars. Rooftop avec vue sur la baie. L'ambiance était conviviale, musique son en fond. Croisement accidentel avec un groupe de salsa live. Une danseuse m'a invitée à danser – pas mon fort, j'ai refusé avec un sourire gêné. Moment amusant et un peu embarrassant. Penultième jour : je suis restée plus tranquille. Plage Coronado à 40 km de la capitale (bus n° 40 depuis Centro, 1,50 dollar). Sable noir, eau tiède, assez peu touristique. Un vendeur ambulant m'a proposé des beignets à 1 dollar. Fruits de mer frits – saveur salée et huileuse, croustillant. J'ai lu un livre l'après-midi, pas d'excitation, juste du repos. Départ le 24 novembre. En résumé : Panama m'a offert du spectaculaire au sens technique (le canal), de la nature brute et parfois brouillonne, des habitants généralement accueillants. Mais ce n'est pas une destination féérique. Il y a de la vraie pauvreté, des quartiers à éviter, une organisation touristique parfois improviste. Pas déçue, mais pas non plus surexcitée.
Les bons plans repérés sur place.
Centre d'accueil des écluses de Miraflores à l'aube (5 h 30) pour éviter la foule et voir un transit complet
Marché Feria Artesanal du Palais Législatif pour les molas authentiques et rencontrer les artisanes
Sentier du Sommet de la Croix au Parc Métropolitain malgré les risques (prévoir chaussures renforcées)
Casco Viejo au mercredi après-midi pour moins de touristes, particulièrement la plaza autour de l'Iglesia de San Felipe
Restaurant Manolo Caracol pour le ceviche frais et la vue sur la baie depuis Cinto Costera
Photos — Panama City
Et au final.
Un voyage instructif. Le canal était effectivement remarquable à voir fonctionner, et Casco Viejo a du charme. Mais le pays manque de polish touristique et les galères logistiques (guide blessé, transports imprévisibles) ont tempéré l'expérience. Je recommande pour 10-12 jours, pas pour rester un mois.








