Comment ça s'est passé.
Arrivée le 3 novembre à l'aéroport de Xoxocotlán vers 14h, après un vol Lufthansa depuis Paris avec correspondance à Francfort. Un chaos organisé : deux heures pour louer une voiture chez Hertz, les files de migration étaient longues. J'ai pris un taxi blanc avec numéro de licence au lieu de risquer la route seul — 280 pesos jusqu'au centre-ville. Première nuit à l'hôtel Casa Crespo (Calle Aldama 401), une petite maison coloniale avec patio intérieur. La chambre sentait l'encens et le bois ancien. Douche glaciale à 6h du matin — j'ai compris trop tard que l'eau chaude n'arrive qu'en fin de journée. 900 pesos la nuit, petit-déjeuner inclus. Le marché Central : chaos délicieux et premier arnaqueLe 4 novembre, levé à 5h30 pour explorer le Mercado Central de Oaxaca avant la foule. Les parfums des chiles frais, du cacao torréfié et des fleurs de nopal se mélangeaient — une densité olfactive écrasante. J'ai commandé un tlayuda (crêpe épaisse aux haricots et viande) chez une vendeuse assise au comptoir : 45 pesos. C'était bon, gras, authentique. Les cordes de piments rouges et jaunes pendaient partout, touchant nos têtes. Premier piège : j'ai acheté du chocolat « artisanal » à 120 pesos le kilo à un vendeur qui m'avait repéré de loin. Trois jours plus tard, découvert que c'était du chocolat industriel repackagé. Leçon apprise : les vraies chocolaterías sont à l'écart du passage touristique. Églises, escaliers et fatigueLe centre historique d'Oaxaca s'explore à pied — Zócalo, Catedral Metropolitana, églises de Santo Domingo et San Felipe Neri. À midi, une chaleur humide de 31°C, pas de vent dans les ruelles étroites. Les façades jaune ocre et roses des bâtiments coloniaux restaient cohérentes. Déjeuner au restaurant Doña Ricarda (une petite salle sans prétention sur la Calle García Vigil) : mole negro, riz blanc, tortillas. 120 pesos. Le mole était riche, presque sucré, avec au moins 20 ingrédients différents — c'est réputé. Moment difficile : j'ai essayé de monter à l'église de San Jerónimo. Les escaliers en pierre usée, sans rampe, grimpaient à 45 degrés. À mi-parcours, vertiges. J'ai dû redescendre lentement. Pas dramatique, mais ça m'a rappelé que je ne suis pas en si bonne condition physique. Tlacolula et les bodegas de mezcalLe 6 novembre, bus de collectivo (minibus partagé) depuis la Central Camionera : ligne directe pour Tlacolula, trajet 1 heure 15, 35 pesos. Chauffeur qui appuyait sur le klaxon à chaque virage — bruit incessant. L'autobus sentait l'eau de Cologne bon marché mélangée à l'essence. Visite guidée de la Bodega Amador (une petite bodega familiale) : le propriétaire, Don Luis, nous a montré les alambics de cuivre où le mezcal fermente. Température intérieure : 28°C malgré le ventilateur. Dégustation : mezcal 5 ans d'âge, 250 pesos la bouteille 750ml. Acidité franche, légère note de fumée. Plage de Puerto Escondido : déception relativeTrajet Oaxaca-Puerto Escondido en bus ADO (compagnie gouvernementale) : 5h30 de route, départ 7h du matin, 150 pesos. Route montagneuse, deux arrêts dans des villages sans intérêt. Arrivée vers midi à Puerto Escondido, station balnéaire touristique trop développée à mon goût. Hôtel Binniguenda : 1100 pesos la nuit en basse saison, vue sur la baie mais chambre sentant l'humidité. La plage Playa Marinero était envahie de surfeurs et de vendeurs de bière. Baignade impossible — vagues de 2 mètres, courant fort. Dîner au restaurant Sibu Café (bord de mer) : ceviche de poisson blanc, 185 pesos. Frais, citron intense, oignon rouge croquant. Terrasse avec vue sur l'océan au coucher du soleil, mais musique de boîte de nuit en arrière-plan déjà à 20h — ambiance gâchée. Retour à Oaxaca : réflexionsBus retour le 8 novembre, plus direct, moins de touristes. Retour aux marchés, aux églises, aux petits restaurants où les serveurs parlent peu anglais. Une vieille femme sur le Zócalo vendait des fleurs orange vif : tagètes de toussaint. Elle m'a dit que c'était pour les morts, que le Día de Muertos approchait. Ambiance particulière, mélancolique. Dernière nuit à Oaxaca, balade en fin d'après-midi rue Xica (petite rue piétonne avec artisans). Achat de textiles tissés à la main : un foulard bleu marine à 280 pesos auprès d'un artisan qui n'avait qu'un petit atelier étriqué. Il tissait depuis deux heures sur son métier quand on est entré.
Les bons plans repérés sur place.
Mercado Central de Oaxaca : arriver avant 7h, commander un tlayuda chez les vendeurs en fond de marché (pas les premiers vendeurs visibles)
Bodega Amador à Tlacolula : mezcal fermenté sur place, don Luis raconte tout, 30 km de Oaxaca en collectivo
Casa Crespo pour dormir : petit patio avec fleurs d'oranger, douche froide à 6h mais charme authentique, 900 pesos
Iglesia de Santo Domingo : façade baroque jaune, retables intérieurs complexes, gratuit, ouvert 9h-19h
Restaurant Doña Ricarda : mole negro de référence, foule locale le midi, pas de touristes, réservation inutile
Photos — Oaxaca
Et au final.
Oaxaca vaut vraiment le détour, mais c'est moins zen que je l'imaginais. Le tourisme de masse a déjà commencé, même hors saison. J'aurais préféré rester deux jours de plus dans les villages de montagne au lieu d'aller à Puerto Escondido. Retour prévu en octobre prochain, avant novembre.








