Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Oaxaca le 31 octobre, vol Iberia depuis Madrid, arrivée 14 h 30 à l'aéroport Xoxocotlán. Première bouffée d'air chaud et humide en descendant l'escalier de l'avion — on sentait déjà les fleurs de cempasúchil, ces soucis orange qu'on croise partout pendant Día de Muertos. L'hôtel Casa Crespo, rue Crespo 68 dans le centre historique, était une bonne base : 45 euros la nuit, patio avec bougainvillées, proprio mexicaine qui parlait français. Pas de clim, mais des ventilateurs suffisaient. Jour 2, on s'est perdus en cherchant le marché 20 de Noviembre. Une femme nous a montré le chemin à pied, on a découvert ce chaos merveilleux : étals de mole noir, de chapulines grillés (10 pesos la poignée), des tortillas chaudes qui sortaient d'une machine vapeur. L'odeur était écrasante — un mélange de coriandre, de piment séché et de graisse de porc qu'on respirait à pleine capacité pulmonaire. On a acheté du queso Oaxaca à une vendeuse qui refusait les cartes ; heureusement, un guichet ATM BBVA était trois rues plus loin. Les chiles rellenos chez Flor y Canto (petit resto routier, 80 pesos) restaient vrais, pas touristico. Le 1er novembre a été un moment qu'on n'avait pas prévu émotionnellement. On a suivi une procession depuis l'église Santo Domingo jusqu'au cimetière San Felipe. Des familles entières portaient des couronnes de fleurs, certains enfants chantaient, d'autres pleuraient. Une grand-mère nous a regardés, nord-américains de passage, et on s'est senti minuscules. Pas intrusive l'atmosphère, juste vraie. La plupart des morts qu'on célébrait n'avaient pas accès à Instagram ni à TikTok — c'était brut. Mercredi, excursion ratée. On voulait prendre le bus vers Hierve el Agua, ces cascades pétrifiées. Gare Cristóbal Colón, une vraie pagaille — le horaire affiché (7 h 30) ne correspondait pas au départ réel (8 h 45). Quarante minutes à chauffer dans un bus Autobuses Loxicha sans clim. Une femme vomissait dans un sac plastique, autre passager dormait la tête contre la fenêtre. Quand on a enfin vu les formations minérales, c'était pas mal mais déjà très touristique : des groupes d'espagnols en tongs, selfie sticks partout. On a nagé dans les bassins naturels quand même — l'eau était tiède, presque fade au goût (minérale). La vraie déception : le mezcal. On s'attendait à une révélation, style artisanal et transcendant. Au restaurant El Pochote (100 pesos le verre), le proprio nous a resservi trois fois du même mezcal de résine plastique — jus blanc, goût de savon. Ensuite au bar Candela, le barman a haussé les épaules quand on a demandé quelque chose de plus authentique. Il nous a versé un truc qui sentait les chaussettes mouillées. On a laissé 50 pesos et on est partis. Les points positifs : le musée Textil de Oaxaca (entrée 80 pesos) avec ses tissus zapotèques usés par les siècles, pas glamourisé. La cathédrale Metropolitana, construite en 1702 selon la plaque, ses murs jaunes qui écrasent vraiment à midday. Une session de danse avec une prof locale à Casa Xitla (60 pesos, une heure), où on s'est ridiculisés sur de la salsa mais où les autres étudiants riaient avec nous, pas contre nous. Dernier jour, on a marché vers les petits villages proches. En arroyo sec, on a croisé une femme qui vendait des tacos au carbón depuis sa cuisine familiale — deux pesos pièce, servis dans une feuille de maïs. C'était ça, Oaxaca : pas les monuments, pas les photos parfaites, mais les micro-transactions, les retards, les coudes dans le marché, la langue qui pique quand on parle mal l'espagnol.
Les bons plans repérés sur place.
Marché 20 de Noviembre : arriver tôt le matin pour les chapulines grillés à 10 pesos et les murs couverts de piments séchés
Cimetière San Felipe pendant Día de Muertos : spectacle funéraire vrai, pas folklorique (visite gratuite, respecter les familles)
El Pochote restaurant pour les chiles rellenos (100 pesos, rue Macedonio Alcalá), resto de quartier sans touristes
Hierve el Agua : bus depuis la gare Cristóbal Colón (8 h 45, oublier l'horaire affiché), baignade dans les bassins naturels
Casa Xitla pour danser la salsa avec des habitants (60 pesos l'heure), rue Murguía près du centro
Photos — Oaxaca
Et au final.
Oaxaca c'est pas la destination spa ou cosmétique qu'on vend sur Instagram. C'est bruyant, parfois frustrant (retards de bus, arnaque au mezcal), et tu dois vouloir vraiment interagir avec les gens. On reviendrait, mais pas pour le spectacle du Día de Muertos — plutôt pour les jours lambda, quand la ville oublie qu'elle plaît aux touristes.








