Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Niamey Diori Hamani un matin de décembre, 6 h 45, l'air sec et chaud m'a frappée immédiatement – genre 28 °C avant le café. Dehors, c'était le chaos. Pas de files d'attente au contrôle des passeports, juste une vingtaine de personnes qui se pressaient d'une façon très peu organisée. J'ai attendu quarante minutes là-dedans, moite dans mes vêtements de voyage. L'hôtel Gaweye que j'avais réservé par Booking se trouvait corniche sud, avec vue sur le fleuve Niger. Chambre correcte, clim qui ronronnait, lit décent. Les femmes de ménage arrivaient à 7 h tapantes. Le petit-déjeuner (environ 5 000 francs CFA, soit 7,50 euros) était servi à 6 h 30 dans la terrasse : café au lait assez clair, pain rassis, confiture, œufs brouillés. Pas mémorable, mais remplissait l'estomac. Niamey en marchantLe premier jour, j'ai voulu explorer à pied. Erreur. La route entre l'hôtel et le centre-ville (Kennedy avenue) était une succession de nids-de-poule, de vendeurs à la sauvette, de motos qui me frôlaient. L'odeur des gaz d'échappement mélangée à celle des brochettes de viande grillée (l'agneau notamment) me donnait des vertiges. Vers 10 h, j'ai abandonnée et pris un taxi jaune de la compagnie locale (pas de compteur, négociation 2 500 francs pour trois kilomètres). Le chauffeur m'a expliqué qu'il fallait éviter de marcher seule – pas par danger immédiat, mais parce que « ça fait étrange pour les gens ». Le marché de Niamey, près de la mosquée de Niamey, était dense et surpeuplé. J'ai essayé d'acheter des tissus wax au Marché Central (vers 12 h 30), mais les vendeurs étaient agressifs dans leurs propositions. Un type m'a suivie pendant quinze minutes en répétant « cadeau pour moi ? ». Pas une arnaque, juste une version très insistante de la dragaille. J'ai acheté quand même un pagne bleu à 8 000 francs (12 euros) à une femme assise par terre près des poissons séchés – l'odeur, là, était presque insupportable, acre et salée. Sur le fleuve NigerLe moment marquant du séjour, c'était la sortie en pirogue sur le Niger, organisée par mon hôtel. 6 h du matin, levée de bonne heure, trajet jusqu'au débarcadère de Niamey en Jeep avec un guide nommé Abdoul. La pirogue était une barque en bois peinte en bleu, longue d'environ six mètres, avec un moteur hors-bord récalcitrant. Abdoul a dû tirer dessus trois fois avant qu'il démarre. On a glissé sur l'eau pendant deux heures. Le soleil se levait, les pêcheurs jetaient leurs filets, les enfants nous criaient des salutations depuis les berges. C'était sans artifice. Pas de Photoshop, pas de musique de film. Juste le bruit du moteur, l'odeur du gazole brûlé, et la lumière très jaune du matin qui traversait la brume du fleuve. Coût : 35 euros par personne. Déjeuner à midi au restaurant de la Corniche, un établissement sympa tenu par un couple franco-nigérien. Riz au sauce tomate avec poulet (4 500 francs), Fanta à l'orange trop sucré. Le propriétaire, Marc, m'a parlé des tensions entre habitants suite à la fermeture de la frontière avec le Mali quelques mois avant. Pas de panique, mais une inquiétude audible dans les rues. Musée et vie quotidienneLe Musée National du Niger (entrée 2 000 francs) était petit, un peu poussiéreux, avec des collections de poteries et d'outils préhistoriques intéressants sans être spectaculaires. Vitrines poussiéreuses, aucun climatisation, j'ai sué à grosse gouttes. Une salle entière consacrée aux dinosaures fossilisés trouvés dans la région de Ténéré – c'était le point culminant, franchement. Quarante minutes dedans et c'était déjà beaucoup. Les nuits à Niamey, j'ai dormi tard à cause du bruit des générateurs électriques des hôtels alentour. Le système électrique de la ville est instable ; les coupures durent parfois trois heures. La nuit, vers 22 h, c'était étrange de se retrouver dans le noir complet, sauf les points de lumière des étudiants avec leurs téléphones. J'ai pris un bus de la SNTCN (Société Nationale des Transports Collectifs du Niger) pour aller visiter le village de Tillabéri, à cinquante kilomètres. Bus décrépit, fenêtres sans vitres, trajet de deux heures sur une route poussiéreuse. Température intérieure : 35 °C estimés. Le minibus s'est arrêté trois fois pour des raisons qui n'ont jamais été claires – technique, contrôle, pause café. Pas une galère majeure, mais fatigant. Tillabéri lui-même était endormi, peu d'intérêt touristique concret.
Les bons plans repérés sur place.
Pirogue sur le Niger au lever du soleil avec le guide Abdoul – le seul moment vraiment sans ego touristique
Restaurant de la Corniche, tenu par Marc et sa femme – cuisine franco-nigérienne honnête, 4 500 francs le plat
Musée National du Niger, salle des fossiles de dinosaures – peu visité, intéressant mais petit
Marché Central de Niamey – chaos odorant, pagne wax à 8 000 francs, à faire tôt le matin
Débarcadère de Niamey pour l'observation des pêcheurs traditionnels – gratuit, à première heure
Et au final.
Niamey m'a laissé mitigée. Pas l'aventure spectaculaire que j'avais imaginée, mais une ville réelle, avec ses difficultés infrastructurelles (routes, électricité) et ses contradictions (accueil généreux et commerce agressif). À refaire ? Peut-être, mais pour d'autres régions du Niger (Agadez, le désert du Ténéré). Niamey elle-même, c'est l'infrastructure plutôt que la destination.







