Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Malte (MLA) un mardi matin à 6 h 45, après un vol Ryanair de Marseille terriblement bruyant. L'air chaud et salé nous a frappés dès la sortie de l'avion — ce mélange d'ozone méditerranéen et de carburant qui vous prend à la gorge. Le bus n° 2 de l'aéroport nous a menés à Valletta en 30 minutes pour 2 euros, bondé de touristes fatigués et de Maltais consultant leur téléphone. Nous avons loué un petit appartement Airbnb rue Republic Street (au cœur de Valletta) pour 85 euros la nuit. Le premier choc : les escaliers. Les rues de Valletta sont construites en terrasses abruptes, des marches partout. Nous montions nos valises en suant, et une femme maltaise âgée nous a crié quelque chose en maltais en riant. Notre hôte a expliqué plus tard que c'était une blague sur les « Français qui ne savent pas marcher ». Les trois premiers jours à VallettaValletta est une forteresse sur l'eau. Les édifices sont serrés, en pierre miel, avec des balcons massifs en bois noir. Nous avons visité la Cathédrale Saint-Jean (Co-Cathédrale) dès le mercredi matin, levés à 6 h 30 pour arriver avant les groupes. L'entrée coûte 10 euros. À l'intérieur, l'air était froid, presque glaçant — un contraste brutal avec la chaleur extérieure. Les plafonds peints sont couverts de feuille d'or. Un vieux prêtre nous a regardés suspicieusement parce que mon mari portait des shorts. Pour le déjeuner, nous avons mangé dans un petit restaurant sans nom apparent près du Grand Harbour. Une femme âgée servait depuis sa cuisine. Nous avons pris un ftira (sorte de sandwich maltais garni d'anchois et de tomate) pour 4 euros et un pastizzi au fromage pour 1,20 euro. Le ftira dégoulinait d'huile d'olive, trop salé, mais délicieux. Nous avons regardé les bateaux de pêche jaunes et bleus traverser le port — scène que nous avions vue sur 50 sites touristiques, mais qui était vraiment là. Le jeudi, nous avons pris le bus n° 1 vers la côte sud. Direction : Marsaxlokk. Pendant le trajet d'une heure, une femme a vomi dans un sac plastique. Les fenêtres n'étaient pas ouvertes. C'était... mémorable. À Marsaxlokk, le village entier tourne autour du poisson. Les luzzu (ces petits bateaux colorés) s'alignaient le long de la plage. Un restaurant (Gazebo, 32 euros par personne pour du poisson grillé et du vin blanc) avait la meilleure vue, mais nous avons choisi une gargote plus modeste : 18 euros pour du mérou frais. La chair était blanche, tendre, avec un goût de sel et d'iode prononcé. Gozo et la perte de l'argentVendredi, nous avons pris le ferry de Valletta vers Gozo (10 euros aller-retour pour les piétons, avec Gozo Channel). Trente minutes de traversée. La mer était agitée ; ma femme s'est endormie malgré les vagues. À Gozo, nous avons loué un scooter chez un loueur sans nom officiel (nous n'avons jamais eu de contrat écrit) pour 25 euros la journée. Premier problème : le scooter ne démarrait qu'en le frappant légèrement sur le réservoir. Deuxième problème : nous nous sommes perdus trois fois sur la même route de 15 km. Nous avons trouvé Dwejra à 15 h. La falaise était rose et ocre, les roches rondes comme des galets de pierre. Nous avons marché une heure, pris des photos. Personne ne parlait de la Fenêtre d'Azur (effondrée en 2017). Un local nous l'a simplement dit : « C'est parti. » Voilà tout. Sur le retour, un arnaqueur affirmant être un agent officiel du stationnement nous a demandé 20 euros pour garder le scooter. Nous avons refusé. Il a insisté en mimant l'amende. Nous avons quitté les lieux rapidement, un peu humiliés. Le soir à Gozo City, nous avons dîné à L'Osteria (17 euros pour un risotto au safran). Le restaurant était tenu par un couple : la femme criait ses commandes, l'homme cuisinait, ils se disputaient constamment en italien. L'ambiance était tendue mais vivante — pas du tout comme un restaurant de touristes. Retour à Valletta et derniers joursSamedi, nous sommes revenus à Valletta. Le ferry était surpeuplé. Une femme nous a marché sur le pied sans s'excuser. Nous avons visité les grottes de Popeye Village (enfin, plutôt notre ami qui y est allé ; nous avons trouvé que c'était une attraction trop commerciale à 15 euros par personne). Dimanche matin, nous avons exploré Mdina, l'ancienne capitale, perchée à l'intérieur des terres. Les ruelles sont étroites, sombres, l'odeur de bougainvillée et d'urine de chat omniprésente. Des touristes et des écoliers partout. Moins authentique que prévu, mais les vues sur la vallée étaient vraies. Notre dernier repas : un restaurant végétalien nommé Calendonia (27 euros pour deux plats, bons mais petits portions). Le vol retour était à 19 h. Nous avons dormi un peu à l'aéroport.
Les bons plans repérés sur place.
La Cathédrale Saint-Jean (Co-Cathédrale) de Valletta le matin avant 8 h, quand c'est presque vide et que l'air froid sent l'encens
Marsaxlokk le jeudi pour manger du mérou grillé (18-25 euros) en face des luzzu jaunes et bleus
Dwejra à Gozo : falaise rose, eau turquoise, marche libre d'1 h (apporter de l'eau, aucune ombre)
Bus n° 1 depuis Valletta pour Marsaxlokk (1 euro pour un trajet côtier très beau)
Mdina de nuit (illuminée, moins de touristes, restaurants en terrasse, vue sur la vallée)
Photos — Valletta
Et au final.
Malte nous a plu globalement : la mer est effectivement chaude et bleue, les habitants mélangent amabilité et indifférence, les prix sont corrects pour l'Europe. Mais c'est petit, très touristique, et l'île se visite en 3-4 jours vraiment. Après, on tourne en rond. Nous aurions aimé plus de plages accessibles gratuitement sans parcourir des routes interminables.
