Comment ça s'est passé.
Arrivée le 15 octobre à 14 h à l'aéroport de Malte International avec Ryanair. Pas de catastrophe cette fois, juste un retard de 40 minutes. J'ai pris le bus numéro 2 depuis le terminal jusqu'à Valletta pour 2 euros, assis à côté d'une femme maltaise qui parlait au téléphone en sollèmi — un mélange de maltais et d'italien qui m'a fait sourire. Les trois premiers jours, base à l'hôtel Castille, rue Merchants Street. Chambre standard à 85 euros la nuit, petit-déj inclus mais limité : toasts rassis, café tiède, confiture en dosettes. La réception parlait français, ce qui a sauvé ma première matinée quand j'ai confondu les horaires du musée de l'Inquisition (fermé le lundi, je suis arrivé lundi à 9 h 30, bien sûr). Valletta : entre magnificence et overdose touristiqueLes rues de Valletta sont étroites, pavées, et dégoulinent d'humidité dès 8 h du matin — on sent le sel marin mélangé à l'odeur des restaurants qui mettent les tables dehors. J'ai petit-déjeuné au café Cordina, une institution depuis 1922, pour un cappuccino à 2,50 euros et un pastizz (pâte feuilletée aux pois chiches) encore chaud à 1,20 euros. C'était bon. Vraiment bon. Mais vers 10 h, le flot de croisiéristes — au moins 2 000 — a transformé la rue en marché à ciel ouvert. Le palais du Grand Maître mérite le détour. Billets à 10 euros, comptez 1 h 30. Les armures dorées, les plafonds peints, les tapisseries du 17e siècle sont impressionnants, mais surtout l'audio-guide en français fonctionne et vous permet de fuir les groupes de 40 personnes menés par un guide parlant fort. Moment de galère : j'ai tenté de visiter la Cathédrale Saint-Jean un jeudi à 13 h. Fermée pour « maintenance »... jusqu'à 15 h. J'ai perdu deux heures précieuses à traîner dans le Lower Barrakka Garden, assis sur un banc en pierre, à regarder des couples allemands se prendre en photo devant la même arche de pierre. L'odeur de jasmin était presque cloying, écrasante. Trois jours aux îles : Comino et GozoFerry à 9 h depuis le port de Valletta (billets Gozo Channel à 15 euros l'aller-retour). Le trajet dure 55 minutes. À Gozo, j'ai loué une voiture (45 euros/jour) — grosse erreur. Les routes sont étroites, les panneaux absents, et j'ai failli rentrer dans un scooter maltais qui dépassait sur une ligne blanche. Repli tactique : à pied à Xlendi, un petit village côtier avec des falaises blanches qui plongent droit dans l'eau. Déjeuner au restaurant It-Tmun (poulet maltais rôti, frites locales, vin blanc local à 3 euros le verre) — environ 18 euros. Bon, simple, pas de fioriture. L'île de Comino : j'avais des appréhensions sur la Blue Lagoon (trop touristique, j'avais lu les avis). Mais je suis allé un mercredi matin à 7 h avec un bateau-taxi privé (30 euros aller-retour, négocié depuis Valletta). À cette heure, l'eau était juste glaciale — peut-être 19 °C — et l'odeur chlorée des bateaux à moteur ne prenait pas encore le dessus. J'étais presque seul. Trois heures plus tard, arrivaient les groupes touristiques. Pauses, déceptions et petits bonheursVisite du temple de Gigantija à Gozo : 6 euros, édifice néolithique datant de 3600 ans. Les murs sont massifs, les pierres brutes. Aucune barrière, on peut les toucher. Un moment étrange, presque solitaire — sauf quand un autocar a débarqué ses 50 passagers en 10 minutes. Points faibles : les petites galères s'accumulent. Pas d'eau fraîche disponible dans certains sites (à amener soi-même). Les toilettes des musées souvent sales. Les restaurants touristiques de Valletta surfacturent honteusement : un plat de poisson à 28 euros dans une ruelle de la rue Republic Street, alors que le même à Gozo coûtait 14 euros. Les minibus locaux (numérotés, 2 euros le trajet) sont fiables mais bondés le matin. Un chauffeur a refusé de s'arrêter à mon arrêt, disant que je devais payer 5 euros pour une courte distance — petit bras-de-fer résolu quand j'ai refusé. Nuit du jour 8 : coucher du soleil depuis la pointe de Dingli Cliffs, à 253 mètres au-dessus de la mer. J'ai trainé un Tupperware de ftira (pain maltais) achetée au marché de Valletta (1,50 euros) et regardé le ciel passer du rose au violet en 20 minutes. Seul. Pas de bruit touristique, juste le vent et quelques mouettes. Seul moment où j'ai vraiment respiré.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale Saint-Jean à Valletta (rue Merchants Street) — vitraux en trompe-l'œil absolus, mais arriver à l'ouverture (9 h 30) pour éviter les groupes
Blue Lagoon à Comino en bateau-taxi dès 7 h — eau transparente, 30 euros négociés, trois heures avant les masses
Ftira maltaise au marché de Valletta — pain fourré à la ricotta ou aux anchois, 1,50 euros, goût salé mémorable
Temple de Gigantija à Gozo — pierres préhistoriques à toucher directement, 6 euros, presque aucune protection moderne
Dingli Cliffs au coucher du soleil — falaises à 253 m, pain local, 20 minutes de tranquillité absolue après des jours touristiques
Photos — Valletta et îles
Et au final.
Malte, c'est dense, compact, et ça se savoure plutôt qu'on ne le « fait ». Dix jours c'est bien pour absorber Valletta, Gozo et Comino sans stress. Le moins : la saturation touristique des sites, les prix gonflés en haute saison, et l'absence de « vraie » nature préservée. Le plus : les gens sont accueillants, la nourriture locale est sincère, et il y a des moments de calme si on cherche bien.
