Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Luang Prabang un jeudi matin vers 9h30 après un vol Bangkok Airways depuis Udon Thani. L'aéroport est minuscule, presque attachant. Le taxi collectif (150 000 kips par personne) nous a menés à la vieille ville en 20 minutes. On a posé les sacs à la guesthouse Mekong River View, rue Thanon Sisavangvong, une chambre avec ventilo et vue sur le fleuve : 85 000 kips la nuit. Pas de clim, mais c'était septembre, début de la décrue du Mékong. Le premier choc : l'odeur. Pas mauvaise, juste dense. Mélange de bois humide, d'encens des temples et de poisson fermenté qui traîne sur les marchés. Ça s'installe dans tes narines après deux jours. On s'y fait. Les débuts ont été mouvementés. On a essayé de rejoindre le marché de nuit (Hitsang Night Market) en tuk-tuk le premier soir. Le chauffeur a prétendu qu'il était fermé parce que « fête locale ». Arnaque classique pour nous faire monter à bord d'un atelier de tissage en route. On a refusé, à pied c'était à 10 minutes seulement. Le marché était bien ouvert. Les ritournelles du quotidienOn s'est levé à 5h pour assister à l'aumône des moines. Des centaines de bonzes en robe safran, pieds nus, qui longent les rues au lever du jour avec leurs bols à riz. Silence assourdissant, juste le bruit des pieds nus sur l'asphalte mouillé. Des habitants locaux, agenouillés, qui versaient du riz gluant dans les bols. Les temples : Wat Xieng Thong en premier, avec ses murs en feuille d'or qui brillaient sous le soleil, déjà bondés de touristes. Entrée 30 000 kips. Plus tardive, Wat Aham était quasiment vide, plus imposant, moins épuisant. On a mangé nos best meals à des endroits anonymes. L'herbe à curry au bord du Mékong devant le temple (5 000 kips le bol), dégueulasse de bon. Le poisson grillé au marché du matin avec du papier journal comme assiette (8 000 kips). La galette de riz farcie à la viande au restaurant de la rue Photisarath : Tamarind Café, trop touristique, 45 000 kips. On a préféré Chez Philippe un peu en retrait, moins « white savior décor », leurs nouilles laotiennes se tenaient debout tellement elles étaient épaisses (12 000 kips). La bière Beerlao froide comme janvier au Duckweed Café le soir, on s'y est cramponné après une journée de visite. Les trois jours crevantsOn s'est aventuré à Kuang Si Waterfall via le minibus 8h45 depuis la gare routière (50 000 kips par personne). Route de montagne, virages serrés, une femme avec ses poules sur les genoux. Les cascades étaient magn... bon, elles coulaient fort parce qu'on était en saison des pluies. On n'a pas pu nager partout. Le bassin supérieur bleu turquoise, oui. Bassin inférieur fermé pour sécurité. On a aussi visité le sanctuaire des ours noirs du Laos, un peu déprimant, franchement : les bêtes restaient immobiles dans des enclos bêtonnés. On a donné 100 000 kips par entrée mais on s'en voulait après. La croisière en bateau à longue queue jusqu'aux Pak Ou Caves, on l'a regretté à moitié. 150 000 kips par personne, 3 heures sur l'eau. Les grottes : escalade glissante, odeur d'humidité et de statues de bouddha entassées. Magnifique mais bondé de groupes chinois qui criaient. On est reparti avec des gouttes du fleuve sur le front, température de 30 degrés, vent frais d'en bas : sensation bizarre, presque gelé, pas du tout ce qu'on attendait. Retour vers réalitéDernier jour, on a loué des vélos (25 000 kips la journée) et pédalé vers les villages lao. Arrêt chez un producteur de whisky lao maison : le Lao Khao. Goût infect, pimenté, dégueulasse. On a acheté une bouteille par politesse (60 000 kips). Les rizières en terrasse commençaient à jaunir. Les gamins couraient derrière nous en criant « hello ! ». Pas d'arnaque, juste de la curiosité. Le retour Bangkok Airways samedi matin (classe économie 3 400 pesos) s'est bien passé. Aéroport à nouveau vide.
Les bons plans repérés sur place.
Aumône des moines à 5h du matin rue Sisavangvong, pieds nus sur l'asphalte mouillé
Wat Xieng Thong au lever du soleil avant 8h (murs en feuille d'or, files d'attente moins dingues)
Marché du matin à côté de Tamarind Café, poisson grillé sur brasero ouvert (5-8 000 kips)
Duckweed Café en terrasse pour regarder le Mékong décliner, bière Beerlao à 12 000 kips
Kuang Si Waterfall via minibus 8h45, bassin supérieur bleu turquoise accessible (éviter après 10h)
Photos — Luang Prabang
Et au final.
Luang Prabang respire une certaine indolence, pas vraiment du repos mais plutôt une lenteur imposée. On a adoré être loin des autoroutes, voir les rituels sans forcer. Moins apprécié : l'afflux de touristes qui avaient d'ailleurs dopé les prix depuis quatre ans selon les locaux au Duckweed. Ça vaut le détour, mais faut venir en saison creuse si tu veux l'endroit à soi.








