Comment ça s'est passé.
Arrivé à l'aéroport de Ljubljana Jože Pučnik un mercredi matin après un vol Ryanair retardé de 45 minutes, j'ai pris le bus 28 (2,40 euros, tarif urbain) jusqu'à la gare centrale. Le chauffeur conduisait comme un dingue, slalomant entre les tramways. Première impression : une capitale européenne oubliée, pas envahie par les hordes de selfies qu'on trouve à Prague ou Budapest. L'hôtel Prešeren, rue Prešernova 25, n'était pas spectaculaire mais correct pour 65 euros la nuit. La chambre sentait un peu le renfermé, le type à la réception parlait mal anglais. Pas grave. Je suis descendu à pied vers la vieille ville vers 11 h 30, encore semi-endormi. Les premiers jours à Ljubljana : cafés et malentenduCe qui m'a frappé d'emblée : le son des vélos partout. Ljubljana est une ville à vélos. Des centaines. Le silence relative du centre, aucune voiture n'y roulait. J'ai mangé mes premiers Čevapčiči (petites brochettes de viande) au restaurant Hiša Pensi, rue Slovenska 40, pour 8,50 euros. Goût honnête, pas transcendant. Le serveur m'a facturé 12 euros sans raison apparente. Quand j'ai protesté, il a plissé les yeux et finalement remboursé sans mot dire. Moment awkward. Les ponts verts de la ville, notamment le pont triple de Tromostovje, offraient une ambiance tranquille même avec du monde. J'ai lu dans un café près de la cathédrale (Kavarna Prešeren, petite place anonyme) un cappuccino à 2,10 euros. L'odeur du café fraîchement moulu du bar à côté restait présente toute la journée. Les Slovènes prenaient leur café debout, en 30 secondes. J'y suis passé trois matins de suite, toujours entre 7 h 15 et 7 h 45. Bled et le lac turquoise : déception relativeQuatrième jour. Bus 4100 depuis la gare de Ljubljana vers Bled (4,50 euros, 1 h 15 de trajet). J'ai réservé une chambre à la guesthouse Bled Paradise, rue Grajska 4, pour deux nuits (70 euros chacune, petit-déj inclus). Le propriétaire était une retraitée slovène parlant quatre langues. Elle m'a prévenu : « Le lac est beau mais trop de touristes maintenant, surtout Allemands et Américains. » Elle avait raison. Le lac Bled, avec son église sur l'île, c'est effectivement un paysage de carte postale, mais j'ai dû me battre pour trouver un recoin sans selfie-sticks. La température de l'eau était glaciale, environ 16 degrés. Même en juillet. J'ai nagé 5 minutes et c'était fini. Une Allemande à côté de moi criait de froid à chaque immersion. Le tour du lac à pied (6 km) a pris deux heures avec des pauses photo obligatoires. Peu intéressant honnêtement. J'ai mangé une part de Bled Cream Cake (Blejska Potica) dans un café près du château, 4,50 euros. C'est une génoise à la crème de vanille et chocolat. Sucré à mort, exactement comme prévu, pas mauvais mais lourd. Bohinj : le vrai lac, moins touristiqueJ'ai entendu parler de Bohinj, le deuxième grand lac slovène, par un couple français au petit-déj. Moins connu, plus sauvage. Je suis allé au Bohinj Jezero le sixième jour via bus 40 depuis Bled (2 euros, 30 minutes). Correct. Le lac est vraiment moins saturé. L'eau y était un peu moins froide, les montagnes autour inspiraient un respect tranquille. Pas d'églises flottantes, juste de l'eau verte et des pins. Dîner à l'auberge Gostilna Sovdat à Radovljica (petite ville entre les deux lacs), où le patron m'a servi une soupe à l'orge avec agneau. Potage riche, chaud, qui résonnait bien après quatre jours de boulettes et de lacs froids. 6,80 euros. Un aîné du village jouait de l'harmonica à la table d'à côté en buvant du vin blanc local. Moment sincère, pas pour la photo. Retour à Ljubljana et caves de PostojnaDernier jour avant le départ. J'ai pris le train depuis la gare de Ljubljana (Glavni Kolodvor) jusqu'à Postojna, destination des grottes calcaires (12 euros, 45 min de trajet). Les grottes de Postojna sont gigantesques, visites en petit train souterrain inclus (14,50 euros l'entrée). Frais et humides à 8 degrés. Les stalactites ressemblaient à n'importe quelles grottes, sauf qu'il y avait des étiquettes en six langues expliquant des trucs géologiques. J'ai surtout pensé à mes pieds mouillés et à mes genoux qui criaient grâce dans l'escalier de sortie. Retour à Ljubljana, dernier dîner rue Gosposvetska. Poisson-chat avec pommes de terre, sauce à la crème aigre. 9,20 euros. Pas mauvais. Lendemain : vol Ryanair à 6 h 45, arrivée à Paris vers midi.
Les bons plans repérés sur place.
Gare de Ljubljana Glavni Kolodvor : point de départ parfait, architecture austro-hongroise conservée, café acceptable à la sortie
Marché central (Centralna Tržnica) près de la cathédrale : étals de fruits frais, fromages locaux, mardi 6 h à 14 h c'est complet
Restaurant Hiša Pensi, rue Slovenska 40 : Čevapčiči corrects mais restez vigilants sur l'addition
Lac de Bohinj plutôt que Bled : moins touristique, route en bus 40 plus intéressante que l'église de Bled
Grottes de Postojna avec train souterrain : mécaniquement fascinant mais long à parcourir, arriver avant 10 h pour éviter les groupes
Photos — Ljubljana et région des Lacs
Et au final.
La Slovénie n'est pas le pays « caché » qu'on prétend. C'est juste un endroit tranquille, pas ruiné touristiquement, avec de bons restaurants et des lacs froids. Ljubljana vaut le détour pour son architecture et son ambiance cycliste. Bled déçoit un peu par la foule. Les prix sont en hausse. À refaire, mais sans attentes excessives.
