Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Noi Bai le 14 mars à 16 h 30, morts de fatigue après 12 heures de vol avec Vietnam Airlines. Le trajet jusqu'au centre-ville en taxi blanc (environ 350 000 VND, soit 12 euros) nous a plongés directement dans le chaos : klaxons permanents, motos surgissant de nulle part, odeur de charbon grillé mélangée à celle des tuyaux d'échappement. Notre hôtel, le Old Quarter View Hanoi, était minuscule mais central, rue Ta Hien, en plein cœur du quartier ancien. Le lendemain matin, levés à 5 h pour éviter la chaleur. Nous avons marché jusqu'au marché Dong Xuan, ouvert depuis la nuit. L'odeur là-bas était écrasante : poisson frais, herbes fermentées, sauce de poisson (nuoc mam) qui vous prend à la gorge dès les premières secondes. Un vendeur nous a forcé à goûter ses beignets aux cacahuètes maison (15 000 VND) – savoureux, gras, addictifs. Vers 7 h, nous avons mangé du pho chez Pho Thin, la file d'attente enroulée dans la petite ruelle Hang Manh. Le bouillon était fumant, le bœuf cru blanchissait à peine au contact du liquide. Un bol coûtait 40 000 VND (1,30 euro), et c'était le meilleur repas de ce voyage. Ce qui nous a frappés : cette sensation qu'on appelle « moment marquant », ce jour-là vers midi. Nous étions assis dans un café au bord du lac Hoan Kiem, le Hanoi Social Club, quand un jeune couple de motos s'est arrêté devant nous. L'homme a arrêté son scooter, s'est penché, et ils se sont embrassés pendant deux secondes. Simple. Banal. Mais on a compris quelque chose du Vietnam à cet instant – cette vie qui pulse partout, même au feu rouge, même sur une moto. Vers 14 h, nous avons pris le bus de la compagnie Halong Bay Travel depuis la gare routière de Gia Lam (billet 250 000 VND pour deux, trajets numérotés). Trois heures et demi de route chaude, climatisation poussée à mort, avec des arrêts impromptus. Une dame a vomi en même temps que le bus freinait d'un coup. Pas glamour, mais réel. Arrivée à Ha Long vers 18 h. Nous avons réservé une croisière de deux jours avec une jonque classique, l'Indochina Junk. Cabine simple, pas d'eau chaude, mais le coucher de soleil sur le calcaire à 17 h 45 valait les 80 euros par personne. Nous avons dormi sur le pont (les murs étaient trop chauds), écoutant les moteurs d'autres jonques. Le lendemain, baignade à Titi Beach, eau à 22 degrés, étrangement transparente. Le guide nous a montré des grottes. Elles étaient humides, glissantes, avec des stalactites sculptées par des tourbistes qui y avaient écrit leurs prénoms – un peu désenchantant. Une galère : le dernier jour, en revenant vers Hanoi, notre bus avait un pneu crevé à 80 km de la capitale. Nous sommes restés une heure sur le bas-côté. Un autre bus nous a pris en charge, mais on a raté notre vol de connexion (c'était trop juste). Nous avons dû repayer une nuit d'hôtel, le Hanoi Golden Charm, et attendre le vol suivant le matin. Coûte-eux : environ 40 euros de perte, plus la frustration. Avant de partir, nous avons mangé un dernier pho dans une petite échoppe sans nom rue Hang Dieu. Le propriétaire, un homme de 60 ans, ne parlait pas un mot d'anglais. On a pointé du doigt les clients à côté. Il a compris. Le pho était différent du premier – plus riche, avec des os qui mijotaient depuis des heures. La tempérance du bouillon (ni trop chaud, ni tiède, juste right) nous a marquées.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Dong Xuan à 5 h du matin pour le pho et les beignets frais (vendeuses qui se battent pour vos yeux)
Lac Hoan Kiem au coucher du soleil (vers 17 h 30), assis chez Hanoi Social Club avec un café oeuf vietnamien à 35 000 VND
Jonque classique Indochina Junk dans la baie d'Ha Long, dormir sur le pont plutôt qu'en cabine
Rue Ta Hien la nuit (bar beer Hoa Kiem, bière locale à 10 000 VND le verre, ambiance de backpackers internationaux)
Grottes de Sung Sot (stalactites illuminées, aller tôt avant les tours à 10 h)
Photos — Hanoi et Baie d'Ha Long
Et au final.
Le Vietnam nous a secoués. C'est bruyant, serré, parfois désorganisé (ce pneu crevé). Mais les gens, la nourriture, le rythme quotidien capturent quelque chose que peu de destinations réussissent. Nous aurions voulu plus de temps à Sapa ou à Hue, mais Hanoi-Ha Long était une bonne introduction.
