Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport de Dublin le 15 mars à 14 h 30, avec un vol Ryanair depuis Paris-Beauvais. Le trajet en bus Aircoach jusqu'au centre (numéro 700, 7 euros) nous a pris 45 minutes, coincés entre des touristes allemands et une femme qui mangeait un sandwich à l'odeur de maquereau fumé. Première impression : Dublin sent le tabac froid, la bière renversée et le ciment mouillé. Nous avons logé trois nuits à l'hôtel Generator Dublin, rue Smithfield, une ancienne prison reconvertie (79 euros la nuit avec petit-dej). La chambre était exiguë, le chauffage fonctionnait à peine, mais l'atmosphère commune était sympathique. Le matin du 16, levés à 6 h 45 pour un petit-déjeuner avec porridge et œufs brouillés. Ensuite, direction le Temple Bar pour voir de quoi il retournait vraiment : c'est devenu un piège à touristes avec des prix gonflés (Guinness à 8 euros), de la musique trop forte, et une densité de portables qui prenaient des selfies insoutenable. Nous avons préféré le bar O'Donoghue's à Merrion Row, plus calme, où un Irlandais âgé nous a parlé du rugby pendant deux heures. Galère et apprentissageLe 17 mars, nous avons tenté de prendre le bus 44 depuis O'Connell Street pour aller à Howth. Le bus n'est jamais venu. Nous avons attendu 35 minutes sous la pluie, trempés, avant de renoncer et de prendre un taxi (22 euros pour 8 km). Howth était bondé ce jour-là : le village côtier était envahi de gens venus célébrer la Saint-Patrick en avance. Nous avons dû nous contenter de fish and chips chez Beshoff Bros (15 euros pour une portion généreuse, le poisson était bon mais friable), assis sur un banc face à la baie avec le vent qui nous fouettait le visage. Le contraste entre la froide hostilité du climat et la chaleur des Irlandais dans les petits restaurants était frappant. Le 18, nous avons loué une voiture chez Enterprise (35 euros par jour) pour explorer le comté de Wicklow. Erreur de notre part : conduire à gauche sur les routes sinueuses côtières nous a causé un stress considérable. Nous avons failli rentrer dans un mur à Glendalough, un site de monothéistère du VIe siècle avec deux lacs encaissés. Les ruines valaient le détour, mais l'accès coûtait 6 euros et nous avons croisé un groupe scolaire bruyant qui a gâché le calme du lieu. Moments qui valaient le coupLe vraiment positif : le vendredi soir au Temple Bar Brewing Company (une microbrasserie moins touristique, cachée derrière le Temple Bar classique), où nous avons parlé avec un brasseur local qui nous a fait goûter une « orange IPA » en cours de fermentation. L'odeur de houblon épicé, le goût légèrement amer mais sucré, la passion du mec pour son métier : ce moment-là valait tous les retards de bus du monde. Nous avons acheté deux bouteilles à 5 euros l'une. Powerscourt Waterfall, près d'Enniskerry (entrée libre), avec une cascade de 130 mètres et des fougères gigantesques, humides sous une brume perpétuelle. Nous avons grimpé une demi-heure sous la pluie battante jusqu'au pied de la cascade. Les jambes étaient lourdes, les vêtements dégoulinants, mais cette sensation d'effort dans un paysage vide nous a vraiment marqués. Notre dernier repas à Dublin : Chez Bégo, petit restaurant français rue Baggot Street (crêpes sarrasin à 12 euros, cidre breton à 4 euros par verre). La proprio, une Bretonne d'origine, parlait le français avec nostalgie. Nous avons parlé jusqu'à 22 h. C'était banal, mais sincère. Nous avons repris notre vol Ryanair le 25 mars à 7 h du matin. L'aéroport à 5 h du matin, c'est déprimant et froid. Sur le vol, en regardant la côte irlandaise disparaître dans les nuages, nous avons senti que nous n'avions raté que 30 % des choses à voir (pas eu le temps d'aller à Galway, de faire la Chaussée des Géants au nord). Dublin, c'est petit mais complexe.
Les bons plans repérés sur place.
O'Donoghue's Bar (Merrion Row, Dublin) : un vrai pub sans touristes allemands, où le Guinness coûte 7,50 euros et où des locaux jouent de la guitare vers 21 h
Glendalough (Comté de Wicklow) : deux lacs entourés de montagnes, ruines monastiques, accès 6 euros, à faire en fin d'après-midi quand les groupes scolaires partent
Powerscourt Waterfall (Enniskerry) : cascade gratuite avec sentier de rando 45 min, allez-y tôt le matin pour éviter le monde
Temple Bar Brewing Company : microbrasserie cachée derrière la rue touristique, où le brasseur en personne parle de ses bières en cours de fermentation
Fish and chips chez Beshoff Bros (Howth) : 15 euros, portions énormes, à manger sur le port avec la baie en face
Photos — Dublin + Comté de Wicklow
Et au final.
L'Irlande nous a séduits par ses bars authentiques, ses paysages humides et changeants, et la vraie gentillesse des gens en dehors des zones touristiques. En revanche, le climat trempant 6 jours sur 10 et les prix qui grimpent vite dans les restaurants touristiques (et même ailleurs) nous ont aussi frustrés. À refaire, mais avec plus de temps et meilleur équipement de pluie.
