Comment ça s'est passé.
Arrivé le 14 mars à 7h du matin à l'aéroport de Dublin après un vol Ryanair depuis Paris Beauvais (5h40 de trajet, légèrement retardé). J'ai pris le bus 747 direct vers le centre-ville pour 7 euros, un trajet de 45 minutes où j'ai vu les premiers pâturages verts et des nuages bas qui ne nous quitteraient pas de la semaine. J'ai logé à The Brazen Head, un hôtel situé au-dessus du pub du même nom en Temple Bar. La chambre donnait directement sur la rue : à 23h, impossible de dormir avec le bruit des beuglements des touristes à 3 euros la pinte de Guinness. C'est devenu une galère les deux premières nuits. Le personnel de réception m'a conseillé des boules Quies avec un sourire fatigué, comme si c'était la centième fois qu'on lui posait la question. Les premiers jours : Dublin bruyant et littéraireLevé à 6h30 de frustration, j'ai traversé le Liffey vers la Cathédrale Christ Church (ouverture à 9h, 8 euros l'entrée). L'odeur de pierre humide et de cire d'abeille m'a frappé dès le porche. Les caves souterraines datent du XIIe siècle ; j'y ai croisé un groupe de visiteurs belges qui commentaient tout en melon. Ensuite, petit-déjeuner à Brewed Coffee (Drury Street) : un excellent latte à 5,50 euros et un pain aux raisins encore chaud. Le barista avait l'accent de Cork. Après deux jours de musées un peu plats (la Guinness Storehouse est davantage un parc d'attractions qu'un musée, avec 20 euros le ticket), j'ai déviré vers la Trinity College Library. C'est ici qu'on conserve le Livre de Kells. La fila fait 2 heures minimum, mais voir ce manuscrit du VIIe siècle en personne, même derrière du verre épais, provoque une sensation bizarre – un moment marquant de calme dans Dublin qui court partout. Les pages brillent d'une encre qui a mille trois cents ans. Après la visite, un fish and chips classique au Beshoff Bros (Westmoreland Street) : 14 euros pour une portion généreuse, le poisson juteux, la pâte croustillante et légère. Vers la côte du WicklowLe quatrième jour, j'ai loué une voiture chez Budget Ireland (27 euros/jour, essence comprise) pour explorer les hauteurs du Wicklow. Erreur : je n'avais pas conduit à gauche depuis 10 ans. Les 40 premiers kilomètres sur la N11 ont été stressants. Dépassements effrayants, un poids lourd anglais qui me collait au pare-chocs. Au bout d'une heure et demie, détente. Première halte : Glendalough, une vallée monastique du VIe siècle. J'ai garé la voiture à 10h et marché vers la tour ronde et les églises en ruine. Le silence ici contraste étrangement avec Dublin. Pas de file d'attente, juste 15 randonneurs disséminés. L'air sent l'humidité des fougères après la pluie, la terre battue. Les lacs reflètent un ciel gris, presque blanc. J'ai déjeuné dans un café minuscule adjacent, un sandwich au poulet-pesto fait maison (9 euros), les mains froides, la vitre embrasée de condensation. Le propriétaire, une femme d'une soixantaine d'années, m'a parlé du tourisme de masse qui a doublé en cinq ans. Wicklow Head et retour contraintLe jour suivant, j'ai poussé jusqu'aux Wicklow Head Cliffs, falaises abruptes donnant sur la mer d'Irlande. Tempête locale : pluie mélée de vent à 60 km/h. Pendant 20 minutes, j'ai été seul sur le sentier côtier, les vagues frappant les rochers en contrebas. Pas de balustrade. Vertige mêlé de plénitude. Un moment cru, pas formaté pour Instagram. Puis un groupe de scolaires irlandais a débarqué, criant, et l'instant a disparu. Retour à Dublin dimanche matin. Les routes étaient encombrées par un match de rugby à Lansdowne Road (stade du centre-ville). J'ai dû laisser la voiture en bordure sud et prendre un taxi (15 euros pour 4 km). Irritant. Derniers jours en pubsDernier soir, j'ai enfin découvert The Long Hall (South Great George's Street), un pub sans touristes, rempli de travailleurs de bureau. Pinte de Smithwick's à 5,20 euros, un vieil homme qui jouait de l'accordéon sans vraiment jouer, juste les yeux fermés. C'est là qu'on comprend pourquoi les Irlandais aiment les pubs : ce n'est pas pour la bière, c'est pour l'absence de prétention. Dublin : bruyant, centré tourisme, chaotiqueWicklow : silencieux, vallées vertes, moments d'isolement réelPopulation : accueillante mais directe, pas de politesse excessiveMétéo : imprévisible, pluie 6 jours sur 10
Les bons plans repérés sur place.
Glendalough : vallée monastique VIe siècle, 2 lacs, silence complet avant 10h du matin
The Long Hall, South Great George's Street : pub sans touristes, accordéoniste fatigué mais vrai
Wicklow Head Cliffs : falaises 120m, vent violent, 20 minutes seul face à la mer
Guinness au Brewed Coffee (Drury Street) : latte 5,50€, loin des pintes touristiques
Trinity College Library : Livre de Kells visible (2h de queue inévitable)
Photos — Dublin
Et au final.
L'Irlande, c'est moins le cliché vert qu'une ambiance mélange de bruit urbain et de calme côtier. Dublin m'a épuisé plus qu'enchanté ; Wicklow m'a soulagé. Le rapport qualité-prix est moyen (bien plus cher qu'il y a 5 ans selon les locaux). Je reviendrai, mais sans logement en Temple Bar.








