Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à Djerba le 15 mars en fin d'après-midi, après un vol Air Transat depuis Paris-Orly. L'aéroport international de Djerba-Zarzis était quasi désert, ce qui nous a étonnés pour une destination touristique. Taxi blanc jusqu'à l'hôtel Vincci Helios Beach, situé à Midoun : 35 dinars (environ 12 euros), le chauffeur nous a parlé sans pause pendant 20 minutes en français cassé. La température affichait 24°C mais le vent du désert rendait l'air sec, presque âpre. Nous avons grelotté malgré nos pulls. Les trois premiers jours, nous avons loué un scooter auprès d'une petite agence rue Abdelhamid Bourguiba à Midoun. Le loueur, Karim, nous a demandé 45 dinars par jour (15 euros) sans assurance claire, ce qui nous a laissé mal à l'aise. Première sortie vers la plage d'Ezzahra, au nord de l'île. Le sable blanc était effectivement agréable, mais encombré de récifs de corail qui ont déchiré les pneus du scooter. Nous avons dû appeler Karim qui a pris deux heures pour arriver, visiblement irrité. Le souk de Midoun : claustrophobie et tentationsLe marché couvert de Midoun, le samedi matin, nous a écrasés sous la chaleur et les odeurs mélangées de cannelle, poisson frit et poubelles chauffées au soleil. Impossible de respirer normalement. Nous avons acheté des brochettes de merguez chez un vendeur sans nom spécifique (il n'y a que des étals), à 2 dinars la paire (0,65 euro), c'était sec et trop salé. En revanche, le jus d'orange frais pressé, à 1 dinar, nous a sauvés. Un groupe de vendeurs de foulards nous a poursuivis pendant 10 minutes. Nous avons dit non sept fois avant qu'ils nous laissent. Le moment le plus fort : lundi matin, levés à 5 h pour voir le lever du soleil à la Plage de Sidi Youssef. Il n'y avait personne, juste l'appel à la prière qui résonnait des haut-parleurs de la mosquée voisine. L'eau était froide, presque glaciale (probablement 16-17°C), mais le ciel est passé du gris ardoise au rose orangé en 15 minutes. Nous avons pleuré un peu, bêtement. C'était simplement calme. Guellala et la poterie : moins touristique, plus vraiMercredi, nous avons pris le bus 4 depuis Midoun jusqu'à Guellala (40 minutes, 1,5 dinar). Le village de potiers du sud de l'île ne figurait pas dans nos guides. Les ateliers bordent les petites rues : un artisan assis devant son tour a jeté la terre sans regarder, mains sûres. Nous avons acheté une assiette décorée pour 8 dinars (2,60 euros). Aucun « spectacle folklorique », aucun touriste, juste des familles qui regardaient passer les rares voitures. Notre grande galère : mercredi soir, nous avons voulu dîner au restaurant La Grotta, réputément le meilleur de l'île selon TripAdvisor. Réservation impossible par téléphone (le numéro ne répond jamais), nous nous sommes présentés à 19 h 30. Fermé pour événement privé. La serveuse nous a proposé d'attendre une heure sur le trottoir. Nous avons mangé à la pizzeria Napoli en face : pizza moyenne à 12 dinars, serveuse distraite, chat qui volait les olives dans l'assiette du voisin. Derniers jours : Houmt Souk et épuisement touristiqueJeudi et vendredi, nous avons visité la médina de Houmt Souk, capitale administrative de l'île. Le souk principal est un dédale étroit, toits bas, lumière étranglée. Nous nous sommes perdus trois fois. L'odeur de cuir tannin et d'épices était étouffante (en bon, cette fois). Le musée du patrimoine populaire, rue Abdelaziz Bellini, coûtait 5 dinars d'entrée et exposait surtout des meubles poussiéreux et des vêtements anciens sous vitrine. Honnêtement décevant. En revanche, le café Sidi Moulèche, juste avant le port, nous a servi un café turc sucré et un verre de menthe froide qui a sauvé nos dernières heures avant le départ. L'aéroport, samedi à 6 h du matin, chauffeur gentil mais trop lent, et finalement nous nous sommes inquiétés pour rien. Vol de retour Tunisair à 11 h, dans un petit avion où les passagers tunisiens applaudissaient à l'atterrissage.
Les bons plans repérés sur place.
Lever de soleil à la Plage de Sidi Youssef à 5 h : calme total, eau glaciale, appel à la prière en fond sonore
Souk de Midoun samedi matin : merguez à 2 dinars et foule déconcertante, à supporter une seule fois
Ateliers de poterie à Guellala : voir les artisans tourner la terre sans audience, assiette peinte à 8 dinars
Café Sidi Moulèche à Houmt Souk : menthe froide et vraie pause, pas de vendeurs agressifs
Scooter jusqu'à Ezzarah : route côtière vide, paysages plates mais vue apaisante, 15 euros la journée
Photos — Djerba
Et au final.
Djerba nous a offert des moments tranquilles, loin des vraies foules, avec des gens simples et pas toujours accueillants mais honnêtes. Nous avons moins aimé la saleté progressive des plages côté touristique et le contraste flagrant entre l'île « pour carte postale » et la réalité. À refaire, mais avec moins d'attentes.








