Comment ça s'est passé.
Nous avons débarqué à l'aéroport de Fiumicino un mardi à 14h30, complètement crevés après un vol de trois heures avec Alitalia. Le trajet jusqu'à l'hôtel (Navona Rooms, via del Salvatore 79, le Colosseum était visible depuis notre fenêtre au 4e étage) a coûté 48 euros en taxi blanc officiel. La chambre sentait un mélange d'humidité et de cirage à chaussures, typique des vieux bâtiments romains. Les trois premiers jours, nous avons fait l'erreur de suivre les circuits touristiques standards. Le Colosseum le matin, on a attendu deux heures quarante dans la file d'attente Entrances Visiteurs (ticket 18 euros, pris directement sur place). L'odeur de transpiration humaine et de pisse dans les escaliers souterrains était insoutenable. Une fille nous a vendu des bracelets en disant que c'était pour financer son école — arnaque classique, on a appris après qu'aucune école ne demande ça. Première vraie découverte : le marché TestaccioLe dimanche matin, on a pris le bus 75 depuis la Piazza Venezia (deux euros le ticket) jusqu'au quartier sud. Le Mercato Testaccio, c'est des étals en plein air, des vendeurs qui crient les prix, des fromages pecorino romano à 4,50 euros les 100 grammes, des tomates qui sentent vraiment la tomate (pas comme chez nous). On a mangé des suppli al telefono — des boules de risotto frit avec du mozzarella filant — chez une petite boutique sans enseigne. Le mec nous a facturé 1,20 euro pièce. On n'avait jamais goûté quelque chose d'aussi gras et savoireux à la fois. Ensuite, direction Naples par le train Trenitalia IC 501, départ 10h05, arrivée 12h47, ticket 28 euros en deuxième classe. On a loué un aparthotel via Airbnb près de la Piazza San Domenico Maggiore. Naples, c'est le choc : plus bruyant, plus violent visuellement que Rome. Les ruelles sont étroites, le linge sèche partout, les scooters arrivent de nulle part en ronronnant. La galeère de NaplesOn a voulu aller au Musée Archéologique National en métro (ligne 1, direction Piscinola). Résultat : le train n'est jamais arrivé. On a attendu quinze minutes puis un responsable a crié quelque chose en italien trop vite pour qu'on comprenne. On a dû prendre un taxi pour 12 euros. Le musée fermait ses portes dans quarante minutes. On a couru voir les fresques de Pompéi en version accélérée — la grande mosaïque des Quatre Cavaliers, c'était bluffant malgré la ruée. Mais Naples, ça nous a grandit. On s'est assis à une petite table chez L'Antica Pizzeria da Michele (via Cesare Sersale 1) vers 19h30. La pizza margherita coûtait 2,50 euros. Le gars devant nous a commandé en dialecte napolitain, le pizzaiolo a plié la pâte comme s'il dansait. La sauce tomate était vivante, on sentait les graines, l'origan frais, c'était simple et ça expliquait pourquoi les Napolitains font la pizza comme ça depuis des siècles. Côte amalfitaine : l'arnaque touristique légaleOn a pris un autobus SITA depuis Naples jusqu'à Positano le jeudi. Quatre euros le ticket. La route escalade la montagne, vous êtes assis à côté d'une falaise qui tombe à pic. Les courbes ne finissent jamais. À Positano, tout coûte le triple : une Aperol Spritz à 8 euros au bar face à la plage (Le Tre Sorelle), un vrai piège. Mais Positano a ses rochers, ses escaliers qui descendent jusqu'à la Spiaggia Grande. L'eau était froide en février, genre 13 degrés, mais on y a quand même gonflé nos corps. Une sensation bizarre, entre régénérant et masochiste. On a grimpé jusqu'à Praiano, un village qui existe à peine, juste des maisons accrochées au flanc. Une femme qui vendait des citrons verts (limoncello maison, 12 euros la petite bouteille) nous a dit qu'elle vivait là depuis 68 ans. Elle s'appelait Rosa. Elle nous a servi un verre directement, nous a présenté sa fille, nous a parlé pendant une demi-heure en italiano très lent en pensant sincèrement qu'on comprenait. Le dernier jour, on est revenus à Rome en train (13h22 départ, 15h40 arrivée, 35 euros). On a trainé à la Piazza Navona, payé 5 euros un espresso assis à une terrasse, regardé les fontaines. Le soleil était juste correct, une température de 12 degrés, pas de magie particulière.
Les bons plans repérés sur place.
Mercato Testaccio le dimanche matin — acheter les suppli al telefono directement au vendeur sans enseigne, moins cher et plus frais
Da Michele pour la pizza 2,50 euros — arriver après 20h pour éviter les files
Bus SITA jusqu'à Positano au coucher du soleil — window seat à droite pour la vue sur la falaise
Musée Archéologique National de Naples — les mosaïques de Pompéi méritent 2h30 sans stress (vérifier les horaires avant, ça ferme à 19h30)
Ruelle vers la Piazza San Domenico Maggiore à Naples — acheter du sfogliatelle (chausson feuilleté) en boulangerie pour 1,80 euros, mangé en marchant
Et au final.
L'Italie, ce n'est pas l'Italie des cartes postales pour nous. C'est une succession de moments vrais : l'attente, le bruit, la merde, puis soudain une pizza qui fait sense, une vieille dame qui partage son alcool maison, une odeur d'eau salée qui vous réveille. On a moins aimé les arnaques de petit niveau à Rome et les surcharges touristiques. Mais on repartirait.